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27 février 2012

Les conspirateurs du tabac

D'anciens fumeurs ou ceux fumant moins de dix cigarettes par jour n'ont pas paru avoir plus de risques.

D'anciens fumeurs ou ceux fumant moins de dix cigarettes par jour n'ont pas paru avoir plus de risques.REUTERS/© Paul Yeung / Reuters

 

Stanford (Etats-Unis), envoyé spécial - Si vous souhaitez rester convaincu que l'on fume parce que c'est agréable et que c'est ainsi, tournez la page. Vous avez tout à perdre à lire ce qui suit. Mais peut-être avez-vous envie de savoir pourquoi les gens fument et pourquoi il leur est aussi difficile de s'arrêter. De savoir pourquoi autant d'entre eux devraient en mourir. Et de comprendre pourquoi tout cela nous semble aussi normal. Pour cela, il faut entrer dans la salle des machines de la plus vaste entreprise d'ingénierie du consentement jamais menée à bien. C'est un endroit compliqué. C'est un enchevêtrement d'hommes et d'institutions devenus les rouages d'une subtile mécanique, capable d'infiltrer la culture et la science, de subvertir la médecine et de corrompre en masse. Et, pour vous guider dans ce dédale, Robert Proctor est la personne qu'il vous faut.

 

Robert Proctor, 57 ans, n'est ni un conspirationniste ni un hygiéniste acharné. Historien des sciences, professeur à la prestigieuse université Stanford (Californie), il est l'auteur de Golden Holocaust, un livre qui paraît ces jours-ci aux Etats-Unis et qui inquiète sérieusement l'industrie américaine du tabac. Au point qu'elle a eu recours à toutes les voies légales pour tenter de mettre la main sur le manuscrit avant sa publication. Sans succès.

 

Qu'y a-t-il dans ce pavé de 750 pages qui trouble tant des géants comme RJ Reynolds ou Philip Morris ? Il y a leurs propres mots. Leurs petits et grands secrets, puisés dans les mémos et les messages internes, dans les rapports confidentiels, dans les comptes rendus de recherche de leurs propres chimistes, de leurs propres médecins. Le fait est peu connu en France : cette précieuse et explosive documentation – les "tobacco documents" – est publique depuis la fin des années 1990. En 1998, le Master Settlement Agreement, qui clôt les poursuites engagées par 46 Etats américains contre les cigarettiers, ne comprend pas qu'un volet financier (le versement de 250 milliards de dollars – 188 milliards d'euros – échelonnés sur deux décennies), il ordonne aussi la mise dans le domaine public des secrets de l'industrie.

 

INFILTRATION

 

Des millions de documents, recouvrant plus de cinq décennies, ont ainsi été exfiltrés des quartiers généraux des grands cigarettiers et confiés à l'université de Californie à San Francisco, chargée de bâtir la Legacy Tobacco Documents Library, et de mettre sur le Net ce fabuleux corpus. Treize millions de documents, soit plus de 79 millions de pages, sont déjà numérisés. De nouveaux sont ajoutés chaque jour ou presque. C'est au prisme de ces archives que Golden Holocaust tente de raconter une histoire globale de la cigarette. Robert Proctor épluche les "tobacco documents" depuis plus de dix ans. De quoi devenir paranoïaque. Entre mille autres choses, il y a découvert que le professeur qui l'a recruté à Stanford, voilà de nombreuses années, avait secrètement émargé chez les géants du tabac. Il y a aussi compris pourquoi une de ses demandes de financement avait été refusée par la National Science Foundation (principale agence fédérale de financement de la recherche américaine) : celui qui examinait les dossiers touchait de l'argent du tabac...

 

Tous ceux qui ont passé du temps sur les "tobacco documents" sont peu ou prou arrivés aux mêmes conclusions. Les experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en ont tiré un rapport explosif de 260 pages, publié en juillet 2000, montrant comment les cigarettiers avaient infiltré leur organisation grâce à des associations écrans ou à des scientifiques secrètement payés par eux. Le tout, bien sûr, pour entraver la mise en oeuvre de politiques de contrôle du tabac. Et lors des poursuites engagées en 1999 par l'administration Clinton, en partie fondées sur les "documents", les procureurs fédéraux ont plaidé que les manufacturiers américains du tabac ont "préparé et exécuté – et continuent à préparer et exécuter – un vaste complot depuis un demi-siècle pour tromper le public".

 

5,5 MILLIONS DE MORTS PAR AN

 

La cigarette, ce sont d'abord des chiffres. Des chiffres colossaux. Chaque année, la cigarette tue plus que le paludisme, plus que le sida, plus que la guerre, plus que le terrorisme. Et plus que la somme des quatre. Plus de cinq millions et demi de vies emportées prématurément chaque année. Cent millions de morts au XXe siècle ; sans doute un milliard pour le siècle en cours.

 

Réfléchir au tabac donne le vertige et la nausée. Chaque année, il se produit suffisamment de cigarettes pour emplir 24 pyramides de Khéops. Leur combustion déposera quelque 60 000 tonnes de goudron au fond de poumons humains. On peut aussi aborder la question en se demandant ce que l'homme a inventé de plus inutilement dangereux pour lui-même : rien. "La cigarette, résume Robert Proctor, est l'invention la plus meurtrière de l'histoire de l'humanité."

 

Il y a d'autres chiffres, d'autres calculs. "A chaque million de cigarettes fumées au cours d'une année, il y aura un mort prématuré dans les vingt-cinq ans qui suivent. C'est une loi qui est valable à peu près partout ", constate Robert Proctor. Cette macabre règle de trois a des applications inattendues. Comme celle de savoir combien de morts ont causé les mensonges des hauts cadres de "Big Tobacco".

 

"MAINTENIR LA CONTROVERSE VIVANTE"

 

Le 14 décembre 1953, les grands patrons du tabac se retrouvent discrètement à l'hôtel Plaza de New York. Quelques mois auparavant, des expériences menées sur des souris ont montré que le produit qu'ils vendent est cancérigène – ce que les médecins allemands savaient depuis les années 1920 –, et des journaux commencent à évoquer cette possibilité. Au terme de réunions avec le patron de Hill & Knowlton, conseiller en relations publiques, les géants du tabac se lancent dans une entreprise de propagande et d'instrumentalisation du doute scientifique qui retardera la prise de conscience des ravages de la cigarette. Il faut "maintenir la controverse vivante". Un cadre de Brown & Williamson l'écrit dans un célèbre mémo, découvert dans les "tobacco documents " : "Le doute est ce que nous produisons." Avec succès. Ce n'est qu'en 1964 que les autorités sanitaires américaines commenceront à communiquer clairement sur le lien entre tabac et cancer du poumon.

 

Dix ans de retard. "Si on décale les courbes de la consommation du tabac, c'est-à-dire si on place en 1954 le début de fléchissement constaté à partir de 1964, on voit que 8 000 milliards de cigarettes "en trop" ont été consommées aux Etats-Unis. Elles n'auraient pas été fumées si le public avait su la vérité dix ans plus tôt, explique Robert Proctor. Cela représente environ huit millions de morts dans les décennies suivantes." Les mensonges d'une demi-douzaine de capitaines d'industrie provoquant la mort de plusieurs millions de personnes ? Une fiction qui mettrait en scène une conspiration de cette ampleur serait taxée d'irréalisme ou de loufoquerie...

 

Tout ne commence pas en décembre 1953. D'autres manoeuvres sont plus anciennes. Le plan Marshall, par exemple. Le grand programme d'aide à la reconstruction de l'Europe dévastée par la seconde guerre mondiale a également été "mis à profit par les cigarettiers américains pour rendre les populations européennes accros au tabac blond flue-cured, facilement inhalable". Tout est là. Le flue-curing est une technique de séchage des feuilles de tabac qui se répand largement aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, et qui permet de rendre la fumée moins irritante, donc plus profondément inhalable. Or jusque dans la première moitié du XXe siècle, on fume encore, dans une bonne part de l'Europe continentale, du tabac brun, très âcre, beaucoup moins dangereux et addictif. Car plus la fumée peut pénétrer profondément dans les poumons, plus l'afflux de nicotine dans l'organisme est rapide, plus l'addiction qui se développe est forte. Et plus les dégâts occasionnés sur les tissus pulmonaires sont importants. "Au cours de la réunion de Paris (le 12 juillet 1947) qui a mis en mouvement le plan Marshall, il n'y avait aucune demande des Européens spécifique au tabac, raconte Robert Proctor. Cela a été proposé et mis en avant par un sénateur de Virginie. Au total, pour deux dollars de nourriture, un dollar de tabac a été acheminé en Europe."

 

"RENDRE LES FUMEURS LE PLUS ACCRO POSSIBLE"

 

Le succès de la cigarette repose toujours, aujourd'hui, sur le talent des chimistes de "Big Tobacco" pour rendre la fumée plus douce, plus volatile, plus pénétrante. Les fumeurs, qui connaissent cette sensation de piquante fraîcheur aux poumons, tiennent pour naturel et normal de fumer ainsi. "Avaler" la fumée, dit-on. C'est au contraire le résultat d'une chimie pointue et compliquée. Plusieurs centaines de composés - accélérateurs de combustion, ammoniac, adjuvants divers, sucres, etc. - sont ajoutés au tabac. Ils rendent la fumée moins irritante, plus inhalable. "On peut dire que la cigarette est véritablement un produit défectueux en ce sens qu'il est beaucoup plus nocif qu'il ne devrait "normalement" l'être... Il est modifié pour rendre les fumeurs le plus accro possible et cela le rend plus dangereux", explique Robert Proctor.

 

Parfois, ce qu'on retrouve dans les cigarettes n'a pas été ajouté par les chimistes de l'industrie, mais par les caprices de la nature. Ainsi du polonium 210. Pour des raisons non encore éclaircies, la feuille de tabac a une détestable propriété : elle fixe et concentre cet élément radioactif naturellement présent dans l'environnement à des teneurs infimes. Les "tobacco documents" montrent que, dès les années 1950, l'industrie a découvert cette vérité qui dérange. Elle ne divulguera rien. Les premières publications indépendantes sur le sujet n'interviendront qu'au milieu des années 1960...

 

Golden Holocaust raconte par le menu comment les cadres de l'industrie ont réagi à ce "petit souci" de qualité du produit fini. Et le luxe de détails prodigués par les "tobacco documents" fait basculer dans un univers sidérant. Dans un premier temps, les cigarettiers cherchent à se débarrasser de cet élément radioactif. Ils font mener des travaux qu'ils gardent secrets. Car les publier pourrait "réveiller un géant endormi" ("waking a sleeping giant", dans le texte), écrit un cadre de Philip Morris à son patron, en 1978, ajoutant : "Le sujet va faire du bruit et je doute qu'il faille fournir des faits."

 

Plusieurs solutions sont découvertes. Changer d'engrais ? Traiter les feuilles de tabac à l'aide d'un bain d'acide ? Sélectionner les feuilles les moins chargées en polonium ? Aucune de ces solutions ne sera, semble-t-il, retenue. Car résoudre ce problème ne procure pas d'"avantage commercial ", selon l'expression d'un haut cadre de RJ Reynolds, consignée dans les documents. Le passage des feuilles de tabac par un bain acide, par exemple, contraindrait à une "gestion spécifique" d'effluents radioactifs. Cela coûte de l'argent.

 

"UNE FORME D'ESCLAVAGE"

 

Surtout, redoutent les industriels, ce traitement pourrait affecter les propriétés chimiques de la nicotine, la rendant moins efficace à entretenir leur capital le plus précieux : l'addiction. Et puis, mieux vaut ne pas mettre sur la place publique ce problème, même si c'est pour annoncer l'avoir résolu. Dans les années 1980, Philip Morris ferme son laboratoire ad hoc. Surtout, ne pas réveiller le "géant endormi".

 

Quelque trente années plus tard, il dort toujours d'un sommeil de plomb. Combien de fumeurs savent qu'ils ont dans la poche un paquet de 20 tiges légèrement chargées de polonium 210 ? Combien savent qu'un paquet et demi par jour équivaut – selon une évaluation publiée en 1982 dans le New England Journal of Medicine – à s'exposer annuellement à une dose de rayonnement équivalente à 300 radiographies du thorax ? Combien savent que ce polonium 210 est responsable d'une fraction non négligeable des cancers contractés par les fumeurs ? Lorsqu'on sait, il y a quelque chose de tristement effarant à voir des militants antinucléaires griller une cigarette lorsqu'ils attendent, pour les intercepter, les convois d'oxyde d'uranium de l'industrie nucléaire ; eux-mêmes introduisent dans leur organisme un radioélément qui les irradiera de l'intérieur...

 

On mesure le succès d'une entreprise de propagande à l'aune de ce genre de paradoxe. Il y en a d'autres. Par exemple, le plaisir procuré par la cigarette. "C'est une pure fabrication de l'industrie, répond M. Proctor. C'est une différence fondamentale avec d'autres drogues comme l'alcool et le cannabis. La cigarette n'est pas une drogue récréative : elle ne procure aucune ébriété, aucune ivresse." Elle ne fait que soulager celui qui est accoutumé au tabac, elle le rend fonctionnel. "C'est écrit en toutes lettres dans les documents : fumer n'est pas comme "boire de l'alcool", c'est comme "être alcoolique", dit Robert Proctor. Parmi ceux qui aiment la bière ou le vin, seuls 3 % environ sont accros à l'alcool. Alors qu'entre 80 % et 90 % des fumeurs sont dépendants. C'est une forme d'esclavage."

 

PROPAGANDE

 

Pourtant, l'American Civil Liberties Union (ACLU) – l'équivalent de notre Ligue des droits de l'homme – a fait campagne au début des années 1990 pour la "liberté" de fumer sur le lieu de travail. Mais il est vrai que la prestigieuse ACLU venait, elle aussi, de toucher quelques centaines de milliers de dollars de l'industrie du tabac... "Comment peut-on parler de liberté lorsque 90 % des fumeurs interrogés disent vouloir s'arrêter sans y parvenir ?" Le novlangue d'Orwell n'est pas loin. "La guerre, c'est la paix", "l'amour, c'est la haine" professait le Parti omnipotent de 1984. Dans le monde du tabac, "l'esclavage, c'est la liberté".

 

Et ce message fait mouche. Les adolescents voient souvent dans la cigarette une manifestation d'esprit rebelle. Convaincre qu'inféoder ses fonctions biologiques à de grands groupes industriels tient de la rébellion, voilà un tour de force marketing, dont le projet est inscrit en toutes lettres dans les "tobacco documents" : il faut vendre aux jeunes l'idée que fumer procède d'une "rébellion acceptable".

 

Créer de toutes pièces des réflexes mentaux dans la population – qui ne résistent ni à l'analyse critique ni même au simple bon sens – est la part la plus fascinante de cette histoire. C'est le fruit d'investissements lourds. Depuis des décennies, les apparitions des marques de cigarettes dans le cinéma hollywoodien sont millimétrées, à coups de millions de dollars. D'autres millions sont investis par l'industrie dans la recherche biomédicale académique : non pour trouver des remèdes aux maladies du tabac mais, très souvent, pour documenter des prédispositions génétiques à des maladies, attribuées ou non à la cigarette... "Des sommes colossales ont été injectées par le tabac dans la génétique fonctionnelle, au détriment des travaux sur les facteurs de risques environnementaux, dont le tabac, explique Robert Proctor. Cela crée ce que j'appelle un "macrobiais" dans la démarche scientifique. Cela contribue à développer l'idée que les maladies sont programmées en nous et qu'on n'y peut rien."

 

Infiltration de la culture, infiltration de la science. Il restait à Robert Proctor à en découdre avec sa propre discipline. "J'ai aussi cherché les rats dans ma propre maison", déclare-t-il. Une cinquantaine d'historiens – la plupart financés ou secrètement payés par les cigarettiers – ont formulé lors des procès du tabac des témoignages favorables aux industriels. Dans les "tobacco documents", les cigarettiers parlent de développer une "écurie" de savants. Seuls deux historiens américains – dont l'auteur de Golden Holocaust – ont témoigné du côté des malades.

 

L'histoire est un enjeu important, crucial même. "Aborder l'histoire d'une certaine façon, conclut le professeur de Stanford, comme, par exemple, dans cette étude présentant "les origines de la controverse du tabac dans l'Angleterre du XVIIe siècle", permet de normaliser un phénomène qui, regardé autrement, serait simplement intolérable." Il faut inscrire la cigarette comme une variable banale de l'Histoire longue pour occulter le caractère inédit de l'addiction de masse qui s'est développée depuis le milieu du siècle dernier.

 

Peser sur l'histoire et les sciences sociales pour fabriquer le consentement. Philip Morris a formalisé ce projet en 1987 sous le nom de Project Cosmic – un plan destiné à "créer un réseau extensif de scientifiques et d'historiens partout dans le monde", toujours selon les "tobacco documents ". "Il s'agissait de recruter des savants dont les travaux ou les idées pourraient contribuer à forger une "narration" favorable aux industriels", explique Robert Proctor.

 

Cas pratique, parmi tant d'autres. Dans les années 1990, l'historien travaillait sur un sujet original et peu défriché : les politiques de santé publique dans l'Allemagne nazie et la guerre qu'Hitler avait déclarée à la cigarette. L'un de ses articles sur le sujet fut accepté en 1997 par le Bulletin of the History of Medicine. Mais, quelques années plus tard, la revue a refusé un autre de ses articles  – cette fois sur l'industrie américaine du tabac. Lorsqu'une étude permet de nourrir un amalgame entre contrôle du tabac et totalitarisme, elle est acceptée ; lorsqu'elle dérange les industriels, elle est rejetée... Pour comprendre, dit Robert Proctor, "il suffit de regarder la composition du comité éditorial de la revue et les liens financiers de certains de ses membres avec le tabac". Les chiens de garde du Project Cosmic surveillaient les portes de la revue savante.

 

Contactés par Le Monde, les cigarettiers cités n'ont pas souhaité commenter les travaux de M. Proctor.

Stéphane Foucart

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30 décembre 2011

CONTROLE DE LA BANQUE CENTRALE AMERICAINE

LA CREATION ET LE CONTROLE DE LA BANQUE CENTRALE AMERICAINE

Ce document est certainement connu de plusieurs d’entre vous, mais il sera de fait certainement utile à plusieurs visiteurs pour mieux comprendre à la fois le pourquoi la crise évolue aujourd’hui dans le sens d’un chaos de la société occidentale, de la préparation des esprits, par Hollywood, d’une grave crise financière, économique et sociale pour 2012, et de la fin du bail de la Réserve fédérale le 21 décembre 2012.
« En 1913 un groupe de banquiers internationaux se réunit d’urgence sur l’île de Jekyll (Géorgie, Etats-Unis). Pour cette réunion secrète, tous les habitants de l’île avaient été évacués. Des gardes empêchèrent les non invités pour le temps que dura la Conférence. Par la suite on apprit que, à cette occasion, le “Gouvernement Invisible” du monde occidental avait décidé l’institution du Federal Reserve Bank (l’actuelle Banque centrale américaine) qui devait enlever au gouvernement américain et au Congrès leur pouvoir sur l’émission de la monnaie et du crédit ; en cette même occasion, l’orientation de la guerre déjà décidée (1914-1918) avait été aussi arrêtée ». (Unité National de Montréal – Juin Juillet 1957)
Parmi les objectifs de cette guerre figurait, bien évidemment, la destruction de l’Autriche-Hongrie, puissance catholique, l’élimination de la dynastie des Hohenzollern, mais aussi la création de nouveaux Etats en Europe centrale, ainsi que la révolution russe.
Des centaines de millions d’hommes allaient payer un lourd tribu humain et financier à la suite de cette réunion. Et ce n’est pas fini puisqu’après avoir contraint les nations à s’engager dans deux guerres mondiales pour accaparer le Pouvoir mondial, les descendants de ces personnages, complotent aujourd’hui le chaos qui doit maintenant être généré « à partir » de l’attentat du 11 septembre 2001, comme nous l’analysions dans l’ouvrage Attentats du 11 septembre 2001 – A qui profite le crime ? Mais, pour le moment, revenons à ce qui s’est passé et voyons la portée de cette réunion sur les événements du XXème siècle. Et pour cela, nous citerons Edward Griffin, auteur d’un livre très intéressant La créature de l’île de Jekyll.
« Le titre du livre, La créature de l’île Jekyll, en dit long sur le contenu de ma présentation. L’île Jekyll existe vraiment. Elle se situe au large de la côte de la Géorgie. Le système de la Réserve fédérale fut conçu sur cette île, en 1910, lors d’une réunion ultra-secrète. Lorsqu’on opère en secret, on cache habituellement quelque chose. Tout ce dont je vous entretiendrai fut mis par écrit. En 1910, un petit groupe de millionnaires de New-York, dont J.P. Morgan, William Rockefeller et leurs associés, possédait l’île Jekyll en totalité. Leurs familles venaient y passer les mois d’hiver. L’île servait de lieu de vacances et on l’appelait le Club de l’île Jekyll. Depuis, l’Etat de la Géorgie a acheté l’île. On y trouve un pavillon où se trouve une pièce spéciale. Sur la plaque de laiton fixée à la porte de cette salle, on peut lire : “ le système de la Réserve fédérale fut créé dans cette pièce ”. On peut accéder à ces infomations dans les bibliothèques.
En novembre 1910, le sénateur Nelson Aldrich envoya son train privé à une station de chemin de fer du New-Jersey, tard le soir. Le train était prêt à le recevoir ainsi que six autres hommes qui venaient à la condition ultime de n’en souffler mot à personne. […] Le train privé voyagea pendant deux nuits et une journée, parcourant mille milles, jusqu’à une voie d’évitement située à Brunswick, Géorgie.
A partir de là, nos voyageurs prirent un traversier jusqu’à l’île Jekyll. Pendant neuf jours, ils restèrent autour de la table du pavillon et éclaircirent tous les points importants de ce qui allait devenir le système de la Réserve fédérale. Lorsqu’ils eurent terminé, ils retournèrent à New York et nièrent une telle réunion pendant un certain nombre d’années. […]
[…] Qui étaient ces hommes ? Le sénateur Nelson Aldrich, chef de file républicain du Sénat (membre de la Commission monétaire nationale -ce comité spécial du Congrès, créé dans le but d’émettre des recommandations relatives à la réforme législative des opérations bancaires d’Amérique). Même à cette époque, les Américains s’inquiétaient de laisser tout le pouvoir financier entre les mains d’un petit groupe de banques et de sociétés de placement new-yorkaises. Ils l’appelaient la Fiducie monétaire (le Money Trust). Les citoyens voulaient mettre un terme à l’empire de cette dernière. […] Toutefois, le sénateur entretenait une relation commerciale avec l’homme d’affaires J.P. Morgan. Ce dernier était le beau-père de John D. Rockefeller fils et devint par conséquent, le grand-père de Nelson Rockefeller, ancien vice-président des Etats-Unis.
Le deuxième homme présent à la réunion se nommait Abraham Piat Andrews, le secrétaire-assistant du Trésor américain. Plus tard, il devint un membre du Congrès et fut, tout au long de sa carrière, un homme très influent au niveau des milieux bancaires.
Le troisième homme s’appelait Frank Vanderlip, le président de la National Bank de New York. Benjamin Strong, le directeur général de la J. P. Morgan’s Bankers Trust Company, y assitait également. Il était probablement l’homme le plus important en ces lieux grâce à ses connaissances bancaires européennes. Allemand de souche, il se fit naturaliser citoyen américain. En plus, il entretenait des liens étroits avec son frère Max, le directeur en chef du consortium bancaire Warburg en Allemagne et aux Pays-Bas. Paul Warburg était l’un des hommes les plus riches du monde. Ces sept hommes qui se trouvaient sur l’île Jekyll, représentaient à eux seuls en ce temps, directement et indirectement, approximative-ment un quart de la richesse planétaire globale.
Voici comment tout cela s’est vraiment déroulé. Frank Vanderlip affirma dans un article du Saturday Evening Post du 9 février 1935 : “Je ne crois pas exagérer en considérant notre expédition secrète sur l’île Jekyll comme une occasion en or de créer ce qui devint le système de la Réserve fédérale, et ce, même si le mot d’ordre voulait que l’on garde ce fait le plus secret possible. […] Nos noms réunis auraient pu à eux seuls donner une toute autre portée à notre expédition, tant à Washington, qu’à la Bourse de New-York ou même à Londres. Il ne fallait tout simplement pas que l’on nous découvre.”
Pourquoi ?
Vanderlip donne une réponse à cette question dans le même article : “Eventer le secret du rassemblement de notre groupe en particulier et de nos travaux, équivalaient à anéantir toutes chances que le Congrès vote la Loi sur le comportement des banques.” Pourquoi ? Parce que le but de cette loi consistait à mettre un terme à l’empire de la Fiducie monétaire et croyez-le ou non, cette loi avait été écrite par les membres mêmes de la Fiducie monétaire. C’est aussi simple que cela. Si le public avait eu connaissance de cette réunion, le système de la Réserve fédérale n’aurait jamais vu le jour. […]
[…] Ici, nous avons les Morgan, les Rockefeller, les Warburg et ainsi de suite, tous assis à discuter autour d’une table.
[…] Cette transition se produisit à cette période de l’histoire. Pendant les quinze années qui ont précédé le rassemblement sur l’île Jekyll, les groupes financiers de toutes les industries s’étaient progressivement associés en joint-ventures au lieu de se concurrencer mutuellement. Ils s’étaient rendu compte que cela fonctionnait. […] Nous verrons d’ailleurs qu’il ne s’agit aucunement d’une organisation gouvernementale. Il s’agit d’un CARTEL !
Ils ont créé un CARTEL bancaire et l’ont rendu légal, conformément à la loi. Personne n’apprendra cela à l’école. Un troisième élément s’ajoute à cette histoire : ce CARTEL s’est associé au gouvernement.
Lorsque l’on forme un partenariat, toutes les parties doivent profiter de certains avantages. Qu’est-ce que le gouvernement gagne avec tout cela ? Examinons ensemble par quel mécanisme le gouvernement fédéral crée l’argent. Comment est-ce que l’argent voit le jour ? […]
[…] Le Congrès a besoin d’argent et en quantité beaucoup plus importante que ce qu’il perçoit en impôts. Les impôts représentent une fraction de ce que le Congrès requiert pour fonctionner. Comment peut-il dépenser plus que ce qu’il touche en impôts ? Etudions son mode de fonctionnement… Supposons que le Congrès ait besoin d’un milliard de dollars pour payer les dépenses du jour. […] Puis, le Congrès passe par l’imprimerie non pas pour faire imprimer de l’argent, mais plutôt des certificats. De beaux billets où apparaissent, dans la partie supérieure, un aigle et la mention : Bon du Trésor des Etats-Unis (billet ou promesse, suivant la date d’échéance). En fait, ce sont des reconnaissances de dettes et le Congrès espère qu’elles inciteront les gens à emprunter au gouvernement en retour. Plusieurs personnes le font parce qu’elles ont entendu dire qu’il s’agit de l’un des meilleurs investissements à faire. […] Cela signifie que le gouvernement s’engage solennellement à vous rendre votre argent avec des intérêts, même s’il doit vous prendre tout ce que vous possédez en impôts pour y arriver.
Puis, les représentants du Congrès et du Trésor se rendent ensemble jusqu’à l’immeuble de la Réserve fédérale. La Fed les attend. Elle rédige immédiatement un chèque d’un milliard de dollars au Trésor des Etats-Unis. Qui a payé ce milliard de dollars ? La réponse : il n’existe pas. Il n’y a même pas de compte de chèques, seulement un livret. De l’argent instantané. […] Le gouvernement peut ainsi accéder instantanément au montant d’argent qu’il désire et au moment qu’il le souhaite, sans avoir besoin de demander l’approbation des contribuables sous forme d’impôt direct. […] Le gouvernement fait partie de ce partenariat pour cette raison. Toutefois, on peut se demander pourquoi le CARTEL bancaire y participe également.
Le CARTEL bancaire est impliqué dans ce partenariat parce que le trésorier-payeur général prendra le chèque d’un milliard de dollars et le déposera dans le compte de chèque du gouvernement qui se trouve à la Réserve fédérale. A ce moment, l’ordinateur indiquera que le compte du gouvernement contient un milliard de dollars instantanés. Cela signifie qu’à partir de cet instant, le gouvernement peut émettre des chèques gouvernementaux d’un montant égal. Prenez l’exemple d’un chèque de 100$ libellé au nom d’un employé des postes. Cette personne ne croirait pas que cet argent n’existait pas deux jours plus tôt. D’ailleurs, elle ne s’en soucierait pas puisqu’elle peut le dépenser. L’argent se trouve maintenant ailleurs qu’à la Fed ou qu’entre les mains des partenaires du gouvernement, c’est-à-dire du côté bancaire commercial. Le banquier se dirige alors vers la fenêtre des prêts et annonce : ”Puis-je avoir votre attention s.v.p.? Nous avons de l’argent à prêter.” Maintenant, tout le monde est heureux et pourtant, chacun d’entre eux ressent de l’inquiétude face au maigre montant de 100$. Alors, le banquier les rassure en disant de ne pas s’inquiéter parce qu’il peut leur prêter 900$. Comment est-ce possible?
Comment est-ce que les banques peuvent prêter un montant de 900$ alors que la somme déposée n’était que de 100$ ?
Voici la réponse.
Le système de la Réserve fédérale exige des banques qu’elles gardent en réserve au moins 10% des dépôts effectués. Elles doivent conserver $10 par tranche de 100$ et prêter la différence, soit 90$. Puis, dès qu’un citoyen emprunte ce 90$ et le dépose dans son compte de chèques, le même cercle vicieux recommence et ainsi de suite.
D’où venait tout cet argent ?
La réponse est la même : l’argent n’existait pas. Il est apparu au moment précis où quelqu’un fit l’emprunt. Rappelez-vous. L’argent créé à partir de rien et remis au gouvernement, a été dépensé par ce dernier pour réaliser ses projets. D’autre part, les banques n’ont pas dépensé l’argent créé à partir de rien pour elles, elles nous l’ont plutôt prêté afin que nous réalisions nos projets. Toutefois, elles perçoivent de l’intérêt sur les prêts ! C’est la raison pour laquelle le CARTEL bancaire est partenaire dans cette affaire. Tout cela est légal. On charge de l’intérêt sur rien. Cependant, le processus ne s’arrête pas là.
Quelles en sont les conséquences ?
Cet argent créé à partir de rien se retrouve dans le système économique et ces nouveaux dollars diminuent la valeur de ceux qui y circulent déjà. On peut comparer ce phénomène au principe de délaiement de la soupe. Lorsqu’une soupe est trop épaisse, on y ajoute de l’eau pour la diluer. Les prix commencent alors à augmenter et l’inflation s’abat sur l’économie. En fait, contre toute apparence, on a l’impression que les prix augmentent. Et le mot apparence est juste. En théorie, les prix n’augmentent pas. En réalité, la valeur des dollars diminue. Si l’argent des Américains valait le prix de l’or, de l’argent ou d’un tout autre effet de commerce tangible et qu’il n’ait pas été créé à partir de rien, les prix resteraient fixes. […]
[…] Depuis la création de la Réserve fédérale, nous vivons dans un cycle économique en dents de scie. Si vous ne pouvez effectuer vos paiements, les banques vous prennent tout. Ceux qui profitent de votre perte et qui achètent le pouvoir sont le gouvernement et les Cartels Bancaires.
Pour résumer la situation, voici la vérité au sujet de l’argent : soulignons et comprenons d’abord l’importance de certaines réalités fondamentales de notre système bancaire et monétaire. Tout l’argent que les banques émettent et font circuler est produit sous forme de prêt. Cet argent comporte donc un coût, c’est-à-dire de l’intérêt. Lorsque les gouvernements permettent aux banques d’émettre la masse monétaire d’un pays, ils doivent percevoir des taxes afin que les banques puissent récolter de l’intérêt sur l’argent qu’elles ont créé. Cela dévalorise automatique-ment les citoyens puisque les banques ne créent jamais d’argent pour payer l’intérêt imposé par l’utilisation de leur argent, mais seulement le principal. En conséquence, pour acquitter l’intérêt, on puise inévitablement dans l’actif du pays et des citoyens par des mécanismes tels que la création de dettes, les faillites et les forclusions. On prélève, de surcroît, des taxes à la source pour accélérer les processus. Une société qui admet et qui accepte que l’on utilise l’argent des banques plutôt que sa propre devise créée librement par elle expose inéluctablement ses citoyens au cycle économique des dépressions et au désarroi de la population.
[…] Ce modèle de partenariat fut conçu en Europe, au 16e siècle. On l’expérimenta et le perfectionna éventuellement avec la formation de la Banque d’Angleterre en 1694. A partir de cette date, tous les gouvernements européens ont utilisé ce mode de fonctionnement. Bien entendu, ils ne l’ont pas appelé le mécanisme de Mandragore, mais plutôt la Banque centrale. Amener ce mode de procédé en Amérique exigeait qu’on le nomme différemment. Alors, après un long débat, ses créateurs, qui commencèrent par lui trouver le nom “Fédérale”, parce que cela évoquait une opération gouvernementale, optèrent ensuite pour le mot “Réserve” afin que l’on croie à l’existence de réserves en un certain endroit. Enfin, ils ajoutèrent le mot “Système” parce qu’il semblait beaucoup plus important qu’il en a l’air aujourd’hui. Souvenez-vous de la première concentration new-yorkaise du pouvoir – ils devaient convaincre les Américains qu’ils créaient un système réunissant plusieurs banques et non une seule. Construire d’énormes édifices bancaires à travers le pays. Nous savons maintenant que ce que nous avons obtenu n’a rien de fédéral, que les réserves n’existent pas, qu’en réalité, le système ne répartit pas ses pouvoirs et que les Réserves fédérales ne sont pas des banques.
Ils ont monté cette brillante manipulation de toute pièce puis l’ont vendue aux Américains. La première ébauche du projet de loi sur la Réserve fédérale s’appelait la Loi Aldrich (the Aldridge Bill) parce que le sénateur Aldrich lui accordait son appui. Paul Warburg lui déconseilla toutefois d’agir ainsi parce qu’à son avis, le Congrès voterait contre ce projet de loi étant donné qu’on identifiait trop souvent Aldrich à des grandes entreprises. Toutefois, l’ego du sénateur Aldrich était tellement gonflé qu’il présenta tout de même le projet de loi Aldrich au Congrès. Warburg avait raison. Le Congrès refusa de l’accepter. Ce fut un contre-temps mineur. Ils retirèrent alors le nom d’Aldrich du projet de loi et trouvèrent quelques démocrates millionnaires (le parti ami des petits contribuables) afin que ceux-ci y apportent leur appui. Ces hommes s’appelaient Carter Glass, de la Chambre des représentants, et le sénateur Owen, un banquier lui-même très respecté au sein du Sénat. Puis, on changea le nom du projet de loi pour le Glass-Owen (the Glass-Owen Bill). Aldrich et Vanderlip commencèrent alors à répondre à des entrevues pour condamner le projet de loi… qu’ils avaient eux-mêmes écrit. Ils affirmaient que ce système ruinerait les banques et la nation. Le grand public se dit alors : “ si les grands banquiers ne sont pas en faveur de ce projet de loi, il doit alors s’agir d’un très bon système. ” Une grande déception planifiée ! Il va sans dire que l’on comprenait parfaitement le fonctionnement de la psychologie de masse. Pendant ce temps, les mêmes individus finançaient secrètement des messages pour louanger le nouveau projet de loi sur la Réserve fédérale. Ils donnèrent de l’argent aux universités. Ils établirent de nouveaux départements d’économie. Ils sélectionnèrent les professeurs et les directeurs de ces départements parmi leurs gens. Ces professeurs commencèrent à vanter les mérites de ce nouveau et merveilleux système. […]
(…) La Loi fut adoptée majoritairement le 22 décembre 1913, avec l’appui du Congrès et du public. La créature quitta finalement l’île Jekyll pour s’installer dans le district fédéral de Washington.
[…] Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale affirme qu’ils font cela pour aider les gens, pour stabiliser l’économie, afin que le peuple américain n’ait pas à subir une inflation démesurée ! Depuis sa création, la Réserve fédérale a présidé les Krachs de 1921 et 1929, la Grande dépression de 1929-1939, les récessions des années 53, 57, 69, 75 et 81 et le lundi noir de 1987, où 22% des valeurs totales de la Bourse chutèrent en une journée. Nous savons tous que la dette des entreprises monte en flèche, que les dettes personnelles s’accroissent démesurément. Les faillites d’entreprises et personnelles n’ont jamais été si nombreuses. Les banques et les sociétés de crédit immobilier n’ont jamais essuyé un si grand nombre d’échecs. L’intérêt sur la dette nationale ronge la moitié de nos dollars imposés. L’industrie lourde est maintenant presque entièrement remplacée par des compétiteurs outre-mer. Pour la première fois dans l’histoire, nous faisons face à une balance commerciale internationale déficitaire. Des étrangers possèdent maintenant 75% du quartier centre de Los Angeles et des autres régions métropolitaines. Plus de la moitié de la nation est officiellement en récession. Voici les résultats scolaires obtenus par le système de la Réserve fédérale après 80 années d’une prétendue stabilisation de notre économie. La Fed n’a pas atteint ses objectifs.
Pourquoi ? Parce qu’à mon avis, ces derniers n’ont jamais été ses buts réels!
Quels sont les véritables objectifs de la Fed ?
Quels buts réels un CARTEL quelconque peut-il viser? Tous deux cherchent à accroître les marges bénéficiaires des membres et à stabiliser leur situation sur le marché. En gardant cela à l’esprit, une image différente s’offre maintenant à nos yeux. Ils remportent un grand succès. Les banquiers de l’île Jekyll voulaient atteindre trois objectifs :
1- Mettre un terme à l’éparpillement de leur pouvoir pour le concentrer à New-York. (…)
2- Renverser la tendance de ce qu’ils appelaient la formation du capital privé. Ils ne voulaient pas que les individus dépensent leur propre argent. Ils désiraient que tout le monde aille à la Banque pour se procurer de l’argent. En début de siècle, la formation de capital privé tendait à s’établir et plus particulièrement en affaires. Les entreprises investissaient certains de leurs profits dans un fonds. Ce capital prenait de la valeur, puis les dirigeants de ces entreprises utilisaient leur propre argent pour construire des usines, organiser la recherche et le développement ou pour faire quoi que ce soit d’autre. Les banques n’appréciaient pas cette tendance. Elles voulaient inciter les entreprises à recommencer à emprunter leur argent. […]
3- Transférer les pertes inévitables des banques aux contribuables au nom de la protection des gens. Ceux-ci sont les véritables objectifs de la Réserve fédérale.
Quel fut le bilan de cette « opération » ?
1- Ont-ils réussi à garder le contrôle en ce qui a trait aux grandes banques new-yorkaises ? Oui !
2- A-t-elle réussi à renverser la tendance à former du capital privé ? Oui ! La réduction des taux d’intérêt durant certaines périodes allécha les individus et les entreprises à un point tel qu’il eût été fou de ne pas en tirer profit. Pourquoi économi-ser votre argent ? C’est stupide ! Alors, ces derniers se ruèrent dans les banques et empruntèrent considérablement. Puis, l’économie vacilla. Par conséquent, ils ne purent rembourser leurs dettes et durent déclarer faillite.(…) Une fois encore, la Réserve fédérale obtient un “ A ” grâce à sa devise souple. Elle est parvenue à renverser la tendance de la capitalisation privée.
3- Transférer les pertes inévitables des banques aux contribuables au nom de la protection des gens. […] Des entreprises majeures telles la Penn Central Railroad and Lockheed Corporation en 1970, la Commonwealth Bank of Detroit en 1972, la ville de New York en 1975, la Chrysler Corporation 1978, la First Pennsylvania Bank en 1980, la Continental Illinois, la plus importante banque à ce jour, en 1982 et de nombreux pays, qui n’arrivaient pas à effectuer les paiements auparavant, les font maintenant grâce à l’argent prêté par le Fonds monétaire international et la World Bank. Ces derniers ont obtenu cet argent de la Réserve fédérale qui l’a, elle, obtenu de vous et moi à travers le mécanisme de Mandragore.
Comme dernier sujet de ce chapitre, nous aborderons le thème de l’usure. Qu’est-ce que l’usure ? Un intérêt de taux excessif. Autrefois (au temps biblique), on définissait l’usure comme un intérêt sur un prêt. Aujourd’hui, cela signifie intérêt excessif sur un prêt. Thomas Edison disait que les gens qui ne contribuaient en rien à un projet, en récoltaient plus d’argent que ceux qui y investissaient tout le travail et les matériaux. Je me suis imaginé que sur le prix d’une maison de 100.000$, 30.000$ serviraient à payer les frais de l’architecte, le terrain, les permis, etc. Le reste de l’argent, soit 70.000$, permettrait de payer les matériaux de construction et les travailleurs. J’ai supposé que l’acheteur irait à la banque pour déposer 20% du montant total et faire un emprunt sur 30 ans à un taux d’intérêt de 10%. En calculant tout cela, vous arriverez à la même conclusion que moi : l’acheteur payera plus de 172.741$ en intérêt à la banque, comparativement aux 70.000$ versés aux travailleurs. En d’autres termes, la banque gagnera 2,5 fois plus que les autres. Cet argent fut créé à partir de rien. Charger 172.741$ d’intérêt sur rien est excessif. Il est temps de donner une nouvelle définition au mot usure : tout intérêt chargé sur tout prêt d’argent créé à partir de rien. Cet exemple de maison de 100.000$ ne représente qu’un infime petit grain de sable dans le désert du Sahara. Vous devez multiplier ce procédé par toutes les maisons, tous les hôtels et les gratte-ciel, tous les avions à réaction, les automobiles, les usines, tous les entrepôts et sur toutes les fermes et leurs équipements de l’Amérique pour obtenir le montant récolté par les banques. On parle ici d’une rivière de richesses non gagnées et flottant continuellement à l’intérieur du CARTEL bancaire qui est tellement éparpillé qu’il nous est impossible à imaginer. La somme totale dépasse tout entendement. Cet argent devrait revenir à ceux qui travaillent pour le produire et non à ceux qui ont monté un extraordinaire racket !
Où va cet argent?
Lorsqu’on possède tout l’argent nécessaire pour s’offrir tous les petits plaisirs de la vie, que reste-t-il à acquérir ? Le POUVOIR !
Les membres du CARTEL bancaire utilisent cette rivière de richesses pour se procurer le pouvoir à nos dépens. Ils achètent le monde avec cet argent. Ils contrôlent les sociétés et les institutions qui offrent leurs directions et leurs orientations à des gens qui dépendent, vivent et agissent en fonction de ces dernières. Sur le plan technique et en termes sociologiques, on les appelle des centres de pouvoirs. Ils achètent l’influence et le contrôle de leurs dirigeants. Ce qui signifie qu’ils achètent politiciens, partis politiques, réseaux de télévision, réseaux câblés, journaux, magazines, agences de publicité, agences de presse, studios cinématographiques, universités, syndicats de travailleurs, organismes religieux, associations commerciales, institutions à but non lucratif, sociétés multinationales, mouvements de scoutisme pour garçons et filles, et ainsi de suite. N’importe quel groupe qui exerce une influence constitue une cible parfaite pour accroître ce contrôle. Et plus précisément, ceux qui s’opposent à eux. Ce phénomène existe dans la plupart des pays industrialisés. Il est absolu dans plusieurs pays en voie de développement. Ils ont acheté ces pays. »
Voilà la cause profonde de la grande misère du monde… et l’une des raisons majeures pour laquelle l’attentat du 11 septembre 2001, à New York, devait servir d’événement catalyseur pour une Troisième Guerre mondiale, comme il en fut de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, en juin 1914, pour la Première Guerre mondiale. Le système mis en place à l’issue de cette réunion sur l’île de Jekyll est en train de s’écrouler littéralement, comme l’a annoncé David Rockefeller en 1994… 2012 verra donc bien cette “bonne crise majeure”.

LIESI

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29 décembre 2011

La fuite de la famille Manai en 1992 de la Tunisie

A son retour en Tunisie, en 1991, Ahmed Manai a été arrêté et torturé dans les locaux du Ministère de l’Intérieur. A sa sortie, il part en France mais sa famille demeure otage du régime de Ben Ali. En juillet 1992, cette dernière réussit à franchir les frontières avec l’Algérie puis s’exiler en France. Dans son ouvrage, supplice tunisien paru en 1995, Ahmed Manai relate la fuite de sa famille en juillet 1992.

 

 

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22 décembre 2011

التشكيلة الحكومية الرسمية التي ستعرض على المجلس الوطني التأسيسي

الحكومة التونسية

يعرض رئيس المجلس الوطني التأسيسي السيد مصطفى بن جعفر اليوم الخميس 22 ديسمبر 2011 .

و تتركب هذه الحكومة من 29 وزيرا و12 كاتب دولة. وهي كالآتي:

رئيس الحكومة: حمادي الجبالي  (حركة النهضة)  السيرة الذاتية

1) وزير الدفاع الوطني: عبد الكريم الزبيدي (مستقل)
 2) وزير الداخليّة:علي العريّض (حركة النهضة) السيرة الذاتية
- كاتب دولة لدى وزير الداخليّة مكلف بالإصلاح: سعيد المشيشي (التكتل)
3) وزير الشؤون الخارجيّة: رفيق عبد السلام (حركة النهضة) السيرة الذاتية
كاتب دولة لدى وزير الخارجيّة مكلّف بالعالم العربي وافريقيا: عبد الله التركي  السيرة الذاتية (حركة النهضة)
كاتب دولة لدى وزير الخارجيّة مكلّف بأمريكا وآسيا: الهادي عبّاس (المؤتمر)
كاتب دولة لدى وزير الشؤون الخارجيّة مكلّف بالشؤون الأوروبيّة: التوهامي عبدولي (التكتّل)
4) وزير العدل: نور الدين البحيري (حركة النهضة) السيرة الذاتية
5) وزير حقوق الإنسان والعدالة الانتقالية، ناطق رسمي باسم الحكومة : سمير ديلو (حركة النهضة) صورة
6)  وزير الشؤون الدينية : نور الدين الخادمي (مستقل) صورة 
7) وزير المالية: حسين الديماسي (مستقل)
- كاتب الدولة لدى وزير المالية : سليم بسباس (مستقل) السيرة الذاتية
8) وزير الصناعة والتجارة: محمّد الأمين الشخاري (حركة النهضة) السيرة الذاتية
- وزير لدى وزير الصناعة والتجارة: البشير الزعفوري (حركة النهضة) السيرة الذاتية
9) وزير السياحة: إلياس الفخفاخ (التكتل)
10) وزير الشؤون الاجتماعية : خليل الزاوية (التكتّل)
- كاتب الدولة للمهجر والتونسيين بالخارج: حسين الجزيري (حركة النهضة) السيرة الذاتية
11)  وزير التربية:عبد اللطيف عبيد (التكتّل)
12) وزير الصحة: عبد اللطيف مكي (حركة النهضة) صورة
13)  وزير الاستثمار  والتعاون الدولي : رياض بالطيب (حركة النهضة)
- كاتب دولة للتعاون الدولي: علية بالطيب (مستقل) السيرة الذاتية
  14) وزير التشغيل والتكوين المهني:عبد الوهاب المعطّر (المؤتمر)
15) وزير النقل:عبد الكريم الهاروني (حركة النهضة) صورة
16) وزير تكنولوجيا المعلومات والاتصالات: منجي مرزوق (حركة النهضة) السيرة الذاتية
17) وزير التجهيز: محمّد سلمان (حركة النهضة) السيرة الذاتية
 - كاتبة دولة للإسكان: شهيدة فرج بوراوي (مستقلة) السيرة الذاتية
18) وزير التنمية الجهويّة والتخطيط : جمال الدين الغربي (حركة النهضة) السيرة الذاتية
- كاتب الدولة لدى وزير التنمية الجهويّة والتخطيط: الأمين الدغري (مستقل)
19) وزير الشباب والرياضة : طارق ذياب (مستقل) السيرة الذاتية
- كاتبة الدولة للشباب: هشام بن جامع (المؤتمر)
20) وزير الثقافة : مهدي مبروك (مستقل)
21) وزيرة شؤون المرأة : سهام بادي (المؤتمر)
22) وزير التعليم العالي : المنصف بن سالم (حركة النهضة) السيرة الذاتية  
23)وزير أملاك الدولة والشؤون العقاريّة: سليم بن حميدان(المؤتمر
)24) وزير الفلاحة : محمد بن سالم (حركة النهضة) السيرة الذاتية
- كاتب الدولة لدى وزير الفلاحة : الحبيب الجملي (حركة النهضة) السيرة الذاتية
25) وزيرة البيئة: ماميّة البنّا  (مستقلة)
26) وزير معتمد لدى الوزير الأوّل مكلّف بملفات الفساد المالي: عبد الرحمان الأدغم (التكتّل)
27) وزير معتمد لدى الوزير الأوّل مكلّف بالملف الاقتصادي: رضا السعيدي (حركة النهضة) السيرة الذاتية
28) وزير معتمد لدى الوزير الأوّل مكلّف بالإصلاح الإداري: محمّد عبّو (المؤتمر)
29) وزير معتمد لدى الوزير الأوّل مكلّف بالعلاقة مع المجلس التأسيسي: عبد الرزاق الكيلاني (مستقل).

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19 décembre 2011

Mon combat pour les lumières de Mohamed Charfi

 

Cet ouvrage était censuré en tunisie sous le régime de Ben Ali car c’est le premier ouvrage qui est revenu longuement sur les années 1987-1995. Mohamed Charfi a relaté le fonctionnement du Gouvernement, le rôle des ministres et les dessous des différends politiques entre le régime et les oppositions. Un ouvrage qui contient beaucoup de vérités.

 

 

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17 décembre 2011

La Révolution tunisienne:Les questions dangereuses

Le président de la République par intérim Foued Mebazâa a promulgué le décret-loi n.97 de l’année 2011 portant sur l’indemnisation des familles des martyrs et des blessés de la révolution du 14 janvier 2011. Ce décret-loi est extrêmement ambigu car il ne fixe pas de dates ni de montants d’indemnisations. Beaucoup de verbiage et rien de concret ou de précis. Du vent ou presque.

 Le montant des indemnisations versées aux familles depuis janvier 2011

Le 27 janvier 2011, plusieurs familles de martyrs auraient reçu 20 milles dinars pour les morts et 3 mille dinars pour les blessés. Théoriquement, ça devait être une « première tranche » mais, l’enquête de l’hebdomadaire français Le point du 6/12/2011 révèle que ces familles n’ont reçu jusqu’au 6 décembre 2011 que 20.000 dinars tunisiens.

Du 27 janvier au 6 décembre 2011, ces familles n’auraient rien reçu par conséquent sauf la première tranche de 20.000 dinars tunisiens.

Une somme dérisoire quand on sait que le salaire mensuel de Foued Mebazaa était de 30.000 dinars/mois. En 11 mois, l’ancien fidèle de Ben Ali,que wikileaks décrivait comme un « homme loyal à Ben Ali » a reçu 330.00 dinars tunisiens rien qu’en salaires.

 Une telle négligence a poussé des blessés de la révolution à entamer une grève de la faim à partir du Mercredi 19 Octobre 2011 pour dénoncer :

« L’ingratitude des Tunisiens, le non sérieux du gouvernement et ses promesses répétitives non tenus, et la complicité des partis politiques nous ont poussé à une action ultime… »

Les grévistes de la faim ajoutent :

« Si nous avons décidé de lancer cette action aujourd’hui c’est pour exprimer notre colère. Envers le gouvernement tout d’abord qui n’a pas tenu ses promesses et n’a toujours pas appliqué la décision du conseil ministériel du 21 septembre qui doit permettre, entre autres, la prise en charge immédiate et sous aucune condition des blessés de la Révolution »

 

 Le dossier explosif qui relève de l’article 6 du décret-loi n°97

 L’article 6 du décret-loi n° 97 qualifie de martyr toute personne morte entre le 17 décembre 2011 et le 19 février 2011.

Le BILAN OFFICIEL :

Ce bilan a été communiqué du ministère de l’Intérieur à la FIDH

 Du 17 décembre 2010, date du début de la révolte jusqu’au 14 janvier 2011, date du départ de l’ex-président Ben Ali, les forces de sécurité intérieures (FSI) ont assumé la responsabilité principale de la répression. Les chiffres donnés par le ministère de l’Intérieur le 1er février 2011 sont de 147 « personnes tuées au cours des manifestations ou dans les circonstances qui les ont entourées » (sous-entendu les suicides par immolation) auxquels s’ajoutent, selon l’administration pénitentiaire, 72 détenus décédés les 14 et 15 janvier dans l’incendie de 11 prisons (42 morts à la prison de Monastir), ce qui donne un total de 219 victimes et 510 blessés civils.

 Selon le ministre de l’Intérieur, M. Habib Essid, il y aurait eu 9 morts (5 policiers, 3 gendarmes et 1 membre de la Protection civile) et 1 027 blessés parmi les FSI. Le nombre des blessés serait donc deux fois plus important chez les forces de l’ordre que parmi les manifestants. 

Source: rapport FIDH paru en juillet 2011, page 7. Cliquez ICI

 

Or, le chiffre des morts après le 14 janvier 2011 demeure secret (Si personne n’était mort,pourquoi le décrêt-loi englobe aussi  les personnes mortes jusqu’au 19 février 2011?)

Il y a donc des personnes morts entre le 14 janvier 2011 et le 19 février 2011 que l’Etat qualifie de « martyrs ». Mais, bizarrement, les investigations sur la répression en Tunisie  s’arrêtent au 14 janvier 2011.

 Demeure donc LA question dangereuse et explosive :

Qui a tué ces Tunisiens morts après le 14 janvier 2011 ? Et pourquoi  les investigations se sont arrêtées jusqu’au 14 janvier 2011 alors que l’Etat reconnait que tous ceux qui sont morts jusqu’au 19 février 2011 sont des martyrs?

Il s’agit là de  questions que les Tunisiens ne sont pas prêts à se poser.

Déjà, ils oublient ceux qui sont morts entre le 17 décembre 2011 et le 14 janvier 2011.Alors que dire de ceux qui sont morts après…

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16 décembre 2011

Les banquiers tunisiens plus avares que la terre

(SYFIA) Bien que l'agriculture soit le secteur le plus important de l'économie tunisienne, elle ne bénéficie guère de crédits. La grande majorité des exploitants sont de petits paysans et les banquiers ne prêtent qu'aux riches.

"Comment rajeunir mes oliviers gagnés par les rides de la vieillesse sans argent ?" grogne Si Sâad, en tapant sur l'écorce de ses oliviers presque aussi vieux que les colonnes du temple de Carthage. Sans répit, pendant trois ans, Si Sâad a fait le tour de toutes les banques de la place pour demander un crédit. En vain. Partout où il se présente, on lui signifie un "non catégorique". "Pas de crédit sans garantie" lui répond-on immanquablement. Propriétaire d'une oliveraie d'une centaine de pieds, Sâad n'a rien d'autre à offrir aux institutions financières. Et même s'il possédait une garantie, les banquiers ne lui feraient pas de cadeaux : "On ne jette pas notre argent pour un arbre qui crève..." plaident les banquiers.Comme Si Sâad, des milliers de petits exploitants ont effectué cet infructueux parcours auprès des banquiers tunisiens. Jugés peu solvables, les petits agriculteurs sont exclus des circuits traditionnels de financement. Pourtant, ils représentent 85 % des exploitants et cultivent près de 40 % des terres.Or, la Tunisie a un besoin urgent d'accroître sa production alimentaire pour nourrir les 10 millions d'habitants qu'elle comptera en l'an 2000. Améliorer les conditions d'accès des agriculteurs au crédit pour intensifier la production est une nécessité. Mais les banquiers continuent de faire la sourde oreille : "Ils font semblant de ne pas savoir que pour rajeunir nos vergers du Cap Bon, pour creuser un puits, pour mener à bon port un projet d'élevage, pour l'achat des semences, des désherbants, des tracteurs, il faut de l'argent !" s'écrie Mohamed Gamra, vice-président de l'Union tunisienne des agriculteurs et de la pêche (UTAP).A l'heure actuelle, bien que son apport dans l'économie nationale soit supérieur à celui de l'industrie, l'agriculture perçoit quatre fois moins de crédit que celle-ci. Quant au tourisme, qui ne contribue qu'à 6 % du produit national brut, soit le tiers de l'agriculture, il reçoit autant de financements. En outre, près de la moitié des fonds octroyés au secteur agricole proviennent des aides extérieures, Banque Mondiale et coopérations étrangères.Résultat : 80 % des demandes de crédit agricole ne sont pas satisfaites et à peine 15 % de la population agricole, surtout les gros exploitants des régions céréalières, a accès au crédit. Modeste taux, en inadéquation totale avec le rôle joué par ce secteur vital. "On a vite oublié qu'en 1991, au moment où l'industrie subissait le contre-coup de la guerre du Golfe et où le tourisme sombrait corps et âme, c'est l'agriculture qui a sauvé une année qu'on croyait définitivement compromise en dégageant grâce à une croissance de 3,5 % près de 400 millions de dinars de ressources" observe un économiste, Hédi Méchri.Ironie du sort, en 1991, les crédits de campagne pour toute la saison agricole n'a pas dépassé 50 millions de dinars. "On parle toujours d'améliorer la situation des agriculteurs. En réalité, il n'y a que des slogans !" s'indigne Am Salem, un petit agriculteur de la région de Jendouba. "C'est nous qui supportons, depuis l'indépendance, l'effort de développement touristique et industriel, en nous obligeant à maintenir de bas prix pour les produits agricoles" se plaignent les paysans.

L'agriculteur, mauvais payeur ?

Mais qu'est-ce qui fait fuir les banquiers ? Habib Neifer, ancien président de la Banque nationale agricole (BNA) s'en explique : "Un projet agricole est pour nous une aventure. Les chances de réussite sont minimes. La politique des prix de certains produits de base n'est pas suffisamment incitative. Manque de main d'oeuvre, matériel vétuste, défaillance des assurances, pénurie de pesticides, l'agriculture apparaît souvent comme peu rentable. Peut-on parier sur un "toquard" ?"Autre problème : l'agriculteur tunisien est un mauvais payeur se plaignent les organismes de financement. Pour Abdellatif Jerijini, ancien président de la banque du Sud : "les agriculteurs doivent savoir qu'en ne remboursant pas les crédits contractés, ils mettent les banques dans des situations très graves, ce qui les empêche d'octroyer de nouveaux crédits. Or, on constate que, même si la saison est bonne comme cette année, nombre d'agriculteurs hésitent à rembourser leurs crédits." Les industriels et les commerçants ont beaucoup plus de dettes que les agriculteurs s'insurgent, chiffres à l'appui, les responsables de l'UTAP : "Les arriérés du secteur agricole ne représentent que 7 % de l'arriéré national." Bons ou mauvais payeurs, d'autres spécificités du monde agricole tunisien rendent l'accès au crédit difficile aux paysans : la situation foncière souvent floue des terres agricoles et l'âge avancé de nombreux agriculteurs dont 80 % ont plus de 50 ans. Les banquiers ont ainsi du mal à trouver des garanties pour octroyer des crédits d'autant que les capacités d'autofinancement des paysans sont souvent bien limitées.Les caprices du climat augmentent les risques et rendent les banquiers avares. "Souvent, des agriculteurs se trouvent dans l'incapacité de payer pour cause de calamité naturelle - grêle, sécheresse ou inondation -" relève Mahmoud, un jeune cadre de banque. Et bien peu sont assurés contre ces aléas. "Les banquiers épousent une logique bancaire implacable. Pour eux, seul le mouvement bancaire compte et celui de l'agriculteur est souvent en dent de scie, ce qui fait tiquer même un banquier de bonne volonté" juge, avec un sourire amer, Ibrahim, un autre jeune exploitant à qui toutes les banques ont refusé un crédit pour un projet d'élevage de lapins.Plutôt serrer la vis que de prendre des risques, telle est la devise des banquiers tunisiens.

par Taoufik Ben Brik

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15 décembre 2011

Le cartel de la réserve fédérale: les franc-maçons et la maison Rothshchild

En 1789, Alexandre Hamilton devint le premier secrétaire au trésor (NdT: ministre des finances) des Etats-Unis d’Amérique. Hamilton était un des nombreux pères fondateurs qui étaient franc-maçons. Il avait des relations étroites avec la famille Rothschild, qui était propriétaire de la Banque d’Angleterre et était le leader du mouvement franc-maçon européen. Georges Washington, Benjamin Franklin, John Jay, Ethan Allen, Samuel Adams, Patrick Henry, John Brown, et Roger Sherman étaient tous franc-maçons. Roger Livingston aida Sherman et Franklin a écrire la déclaration d’indépendance des Etats-Unis. Il donna à George Washington ses voeux de prises de fonction alors qu’il était le grand maître de la grande loge maçonnique de New York. Washington lui-même était le grand maître de la loge de Virginie. Des généraux de la révolution américaine, 33 étaient des franc-maçons.

Ceci était très symbolique puisque les maçons du 33ème degré deviennent Illuminés. [1]Les pères fondateurs populistes emenés par John Adams, Thomas Jefferson, James Madison et Thomas Paine, dont aucun d’entr’eux n’était franc-maçon, voulaient couper complètement les ponts avec la couronne britannique, mais furent subjugués par la faction maçonnique emenée par Washington, Hamilton et le grand maître de la loge St Andrews de Boston, le général Joseph Warren, qui voulurent “défier le parlement, mais rester loyal à la couronne.” La loge St Andrews était au cœur de la franc-maçonnerie du nouveau monde et commença à distribuer des degrés de chevaliers du temple en 1769.[2]

Toutes les loges maçonniques américaines sont jusqu’à aujourd’hui garanties par la couronne britannique, qu’elles servent en tant que centre de renseignement global et de réseau de contre-révolution et de subversion. Leur initiative la plus récente est le programme maçonnique d’identification infantile (NdT:CHIP pour Child Identification Program). D’après Wikipedia, les programmes CHIP donnent l’opportunité aux parents de créer gratuitement un kit de matériaux d’identification de leur enfant. Ce kit contient une carte avec les empreintes digitales, une description physique, une vidéo, un DVD de l’enfant, une impression dentaire et un échantillon d’ADN.

Le premier congrès continental se rassembla à Philadelphie en 1774 sous la présidence de Peyton Randolph, qui succéda à Washington comme grand maiitre de la loge de Virginie. Le second congrès eut lieu en 1775 sous la présidence du franc-maçon John Hancock. Le frère de Peyton, William, lui succéda comme grand maître de la loge et devint le chef de file des supporteurs de la centralisation et du fédéralisme à la première convention de 1787. Le fédéralisme qui est au cœur de la constitution américaine est identique au fédéralisme exprimé dans la constitution franc-maçonne anderson de 1723. William Randolph devint le premier ministre de la justice de la nation et secrétaire d’état de Georges Washington.

Sa famille retourna en Angleterre, loyale à la couronne. John Marshall, le premier juge de la cour supême de la nation était aussi un franc-maçon.[3]

Quand Benjamin Franklin voyagea en France pour trouver un financement pour les révolutionnaires américains, tous ses meetings eurent lieu dans les banques Rothschild. Il passa des contrats d’armement avec le franc-maçon allemand le baron Von Steuben. Ses comités de correspondance opéraient au travers des couloirs de communication maçoniques et étaient en parallèle d’un réseau d’espionage britannique.

En 1776, Franklin devint le de facto ambassadeur en France. En 1779, il devînt le grand maître de la loge française des Neuf Sœurs, à laquelle appartenaient John Paul Jones et Voltaire. Franklin était aussi un membre de la plus secrète loge royale des commandeurs du temple ouest de Carcassonne, dont un des membres était Frederick Prince de Galles. Tandis qu’il prêchait la tempérance aux Etats-Unis, il s’encanaillait allègrement avec ses frères de loge en Europe. Franklin servit de 1750 à 1775 comme receveur général, un rôle souvent relégué aux espions britanniques.[4]

Avec le financement de Rothschild, Alexandre Hamilton fonda deux banques à New York, dont la banque de New York.[5] Il mourut dans un duel au pistolet avec Aaron Burr, qui fonda la banque de Manhattan avec l’aide financière de Kuhn Loeb. Hamilton épitomisait le dédain que les huit familles vouaient au commun des gens en disant: “Toutes les communautés se divisent entre le peu et le nombreux. Les premiers sont les riches et les bien-nés, les autres la masse du peuple… Les gens sont turbulents et changent sans cesse; ils ne peuvent bien juger que très rarement. Il faut donc donner à la première classe une part distinctive et permanente du pouvoir. Ils équilibreront le manque de stabilité de la seconde classe.”[6]

Hamilton ne fut que le premier d’une série de huit familles inféodées à devenir secrétaire au trésor (NdT ministre des finances). Plus récemment,  le secrétaire au trésor de Kennedy était Douglas Dillon, venant de la famille Dillon Read (maintenant partie de UBS Warburg). Les secrétaires de Nixon David Kennedy et William Simon provenaient respectivement de la banque continentale de l’Illinois (maintenant sous contrôle de la Bank of America) et Salomon Frères (aujourd’hui partie de Citigroup). Le secrétaire au trésor de Carter Michaël Blumenthal venait de Goldman Sachs, celui de Ronald Reagan, Donald Regan, venait de Merill Lynch (maintenant Bank of America), celui de Bush père Nicholas Brady venait de Dillon Read (UBS Warburg), les deux secrétaires au trésor de Clinton et de Bush fils, respectivement  Robert Rubin et Henry Paulson venaient de Goldman Sachs; Tim Geithner sous Obama venait de Kissinger Associates et ancien président de la banque fédérale de New York.

Thomas Jefferson a toujours défendu l’idée que les Etats-Unis devaient avoir une banque centrale publique de telle sorte que les monarques européens et les aristocrates ne puissent pas utiliser l’impression de la monnaie pour contrôler les affaires de la nation. Jefferson visionnairement déclara: “Un pays qui attend de rester ignorant et libre, attend ce qui n’a jamais existé et n’existera jamais. Il n’y a pas un roi sur cent qui, s’il le pouvait, ne suivrait pas l’exemple des pharaons en prenant d’abord tout l’argent du peuple, puis toutes les terres pour faire du peuple et de ses enfants ses serviteurs à tout jamais… Les établissements banquiers sont plus dangereux que les armées ennemies. Ils ont déjà levé une aristocratie de l’argent.” Jefferson observa la prise de contrôle des Etats-Unis par la conspiration euro-bancaire, pesant dans la balance il déclara: “des actes de tyrannie simple peuvent être attribués à la conjoncture du moment, mais une série d’oppressions a débuté à un moment précis et de manière inaltérable au cours des changement de ministères et qui prouve de manière trop évidente le plan systémique de nous réduire tous en esclavage.”[7]

Mais les arguments de Hamilton sponsorisés par Rothschild en faveur d’une banque centrale états-unienne privée l’emportèrent. En 1791, la Banque des Etats-Unis (NdT que nous nommerons dorénavant ici BEU) fut fondée, avec les Rothschilds comment actionnaires principaux. La charte de la banque devait expirer en 1811. L’opinion publique était en faveur de révoquer la carte et de la remplacer par une banque centrale publique de type jeffersonien. Le débat fut repoussé alors que la nation fut plongée par les banquiers européens dans la guerre de 1812. Dans un climat de peur et de détresse économique, la charte de la BEU fut renouvelée jusqu’en 1816.

Old Hickory, Honest Abe & Camelot

En 1828, Andrew Jackson se présenta à la présidence des Etats-Unis. Tout au long de sa campagne électorale, il fustigea les banquiers internationaux qui contrôlaient la BEU. Jackson râlait: “Vous êtes un nid de vipères. J’ai l’intention de vous exposer et par dieu éternel, je vais vous extirper de là. Si le peuple comprenait le niveau d’injustice amené par notre système bancaire, il y aurait une révolution avant demain matin.” Jackson gagna les élections et révoqua la charte de la BEU. “L’acte de la charte semble être basé sur l’idée éronnée que les actionnaires actuels de la banque ont un droit prescriptif sur non seulement les faveurs du gouvernement, mais aussi sur ses récompenses.. Pour leur profit, l’acte exclut le peuple américain de la compétition à l’achat de ce monopole. Les actionnaires actuels et ceux qui héritent de leurs droits en tant que successeurs, établissent un ordre privilégié, habillé de grande puissance politique et jouissent d’immense avangages pécuniers de par leur connexion avec le gouvernement. N’y aurait-il pas péril en la demeure si par les vertus d’un tel acte légal qui concentre l’influence dans les mains d’un directoire auto-élu, dont les intérêts s’identifient à ceux d’actionnaires étrangers; N’y aurait-il pas sujet à trembler pour l’indépendance de notre pays en guerre… pour contrôler notre monnaie, recevoir nos budgets publics et retenir l’indépendance de milliers de nos citoyens; ceci serait plus dangereux et plus formidable que la puissance militaire et navale de l’ennemi. Il est regrettable que les riches et puissants plient trop souvent pour leur seul profit les actes du gouvernement… Pour rendre les riches plus riches et plus puissants. Beaucoup de nos riches citoyens ne sont pas satisfaits de la protection égalitaire et des bénéfices égaux, ils nous ont en revanche induit à les rendre plus riches par actes du congrès. J’ai rempli mon devoir envers mon pays.”[8]

Le populisme prévalut et Jackson fut ré-élu. En 1835, il fut la cible d’une tentative d’assassinat. Le tireur était un certain Richard Lawrence qui confessa qu’il “était en contact avec des puissances en Europe”.[9]

En 1836, Jackson refusa toujours de renouveler la charte de la BEU. Sous son mandat, la dette nationale états-unienne revînt à zéro pour la première et dernière fois de l’histoire de notre nation. Ceci rendît furieux les banquiers internationaux, qui dérivent une grosse partie de leurs revenus du repaiement des intérêts de la dette des nations. Le président de la BEU Nicholas Biddle coupa le robinet des fonds au gouvernement états-uniens en 1842, plongeant le pays dans une dépression économique. Biddle était un agent de la banque de Paris Jacob Rothschild.[10] De plus, la guerre avec le Mexique fut également déclanchée contre Jackson. Quelques années plus tard, la guerre civile fut déclanchée avec les banquiers de Londres finançant le Nord et les banquiers de France finançant le Sud.

La famille Lehman fit une fortune en passant des armes au Sud et du cotton au Nord. En 1861, les Etats-Unis étaient de nouveau endettés de 100 millions de dollars. Le nouveau président Abraham Lincoln se joua lui aussi des banquiers européens en faisant imprimer les fameux “Lincoln Greenbacks” pour payer les factures de l’armée du Nord.

Le journal des Rothschild “Times of London” écrivit: “Si cette politique malicieuse qui a son origine dans la république d’Amérique du nord, devait devenir à la longue une réalité fixe, alors ce gouvernement pourra fournir sa propre monnaie sans coût. Il paiera ses dettes et sera sans dette. Il aura tout l’argent nécessaire pour subvenir à son commerce. Il deviendra prospère au-delà de tout ce qui a été vu jusqu’ici dans l’histoire des gouvernements civilisés du monde. Le savoir-faire et la richesse de tous les pays ira en Amérique du Nord. Ce gouvernement doit être détruit ou il va détruire toutes les monarchies de la planète.”[11]

Le Périodique, pamphlet des euro-banquiers “Hazard Circular” fut dénoncé par les populistes en colère. Le périodique déclarait: “La grande dettre que les capitalistes vont créer est faite de la dette générée par la guerre et doit être utilisée pour contrôler la valeur de la monnaie. Pour ce faire, des bons du trésor doivent être imprimés et utilisés comme base bancaire. Nous attendons maintenant le secrétaire au trésor Salmon chase qui doit faire cette recommandation. Cela ne permettra pas de faire circuler les greenbacks comme monnaie, car nous ne pouvons pas contrôler cela. Nous contrôlons les bons du trésor et à travers eux le système bancaire.” La loi sur la banque nationale de 1863 réinstaura la banque privée centrale américaine et des bons de guerre de Chase furent émis. Lincoln fut ré-élu l’année suivante, jurant de répudier cette loi après avoir pris ses fonctions en 1865. Avant qu’il ne puisse faire quoi que ce soit, Lincoln fut assassiné au théâtre Ford par John Wilkes Booth. Booth avait des connexions importantes avec les banquiers internationaux. Sa petite fille écrivit un livre “Cet acte fou” qui décrit dans le détail les relations de Booth et ses contavts avec “de mystérieux européens” juste avant l’assassinat de Lincoln.

Après avoir tiré sur Lincoln, Booth fut aidé par des membres d’une société secrète connue sous le nom de Chevaliers du Cercle Doré (CCD). Cette société avait d’étroites relations avec la société française des saisons, qui produisit Karl Marx. CCD ont fomenté beaucoup de la tension qui causa la guerre civile et le président Lincoln avait ciblé particulièrement ce groupe. Booth était membre des CCD et était connecté par le truchement du secrétaire d’état de la confédération Judah Benjamin à la maison des Rothschild. Benjamin s’enfuit en Angleterre après la guerre civile. [12]

Près d’un siècle après l’assassinat de Lincoln pour a voir fait imprimer les greenbacks, le président John F. Kennedy se trouva lui aussi sous les feux des huit familles.

Kennedy avait annoncé une “descente” sur les paradis fiscaux et proposa une augmentation des impôts pour les grandes compagnies minières et pétrolières. Il supportait l’élimination des vides juridiques qui permettaient l’évasion fiscale des super-riches. Ses politiques économiques furent publiquement attaquées par le magazine “Fortune”, le Wall Street Journal et à la fois David et Nelson Rockefeller. Même le propre secrétaire au trésor de Kennedy Douglas Dillon, qui venait de la banque d’affaires Dillon Read (UBS Warburg) s’opposa aux propositions de Kennedy. [13]

Le destin de Kennedy fut scellé en Juin 1963 quand il autorisa l’impression par son département du trésor de la somme de 4 milliards de dollars dans une tentative de contre-balancer le taux d’intérête usurier pratiqué par la clique des banquiers internationaux en contrôle de la banque privée de la réserve fédérale. La femme de Lee Harvey Oswald, qui fut abattu par Jack Ruby, lui-mème abattu, dit à l’écrivain A.J. Weberman en 1994: “La réponse à l’assassinat de Kennedy est à chercher avec la banque fédérale. Ne  sous-estimez pas ceci. Il est faux de blâmer l’assassinat sur Angleton et la CIA seulement. Ils ne sont qu’un doigt de la même main. Les gens qui  fournissent l’argent sont au dessus de la CIA.”[14] Dû au zèle du nouveau président Lyndon Johnson qui de suite hypertrophia la guerre du Vietnam, les Etats-Unis s’enfoncèrent bien plus dans la dette. Ses citoyens furent terrorisés à garder le silence. S’ils peuvent tuer le président; ils peuvent tuer n’importe qui.

La maison Rothschild

La maison hollandaise des Orange fonda la Banque d’Amsterdam en 1609 comme étant la première banque centrale de l’histoire mondiale. Le prince William d’Orange se maria dans la maison anglaise des Windsor, prenant pour épouse Marie, la fille du roi James II. La confrérie de l’ordre d’Orange, qui a fomentée récemment la violence protestante en Irlande du Nord, mit William III sur le trône d’Angleterre d’où il régna sur à la fois l’Angleterre et la Hollande. En 1694, William III fît alliance avec l’aristocratie britannique pour lancer officiellement la Banque d’Angleterre. La vieille dame de la rue du chas d’aiguille, comme est connue la Banque d’Angleterre, est entourée de murs de 9 mètre de haut. Trois étages en dessous est stocké la réserve d’or la plus importante au monde.[15]

Les Rothschilds et leurs partenaires consanguinement dégénérés des huit familles prirent le contrôle graduellement de la banque d’Angleterre. L’établissement quotidien de la valeur de l’or à Londres s’effectua à la banque N.M. Rothschild jusqu’en 2004. Comme l’assistant gouverneur de la banque d’Angleterre Georges Blunden le fit remarqué: “La peur est ce qui rend la puissance de la banque si acceptable. La banque est capable d’exercer son influence quand les gens sont dépendants de nous et ont peur de perdre leurs privilèges, ou quand ils ont peur.”[16]

Mayer Amschel Rothschild vendit les mercenaires allemands hessiens du gouvernement britannique pour combattre contre les révolutionnaires américains, envoyant les dividendes à son frère Nathan à Londres, où la banque Nathan and Meyer Rothschild & fils (NdT: connue sous le vocable N.M Rothschild) était établie. Mayer était un élève sérieux de Cabala et commença sa fortune avec de l’argent sous-tiré d’un administrateur royal de William IX opérant dans la région du Hesse-Kassel et un franc-maçon connu.

Barings, contrôlée par Rothschild, domina le commerce de l’opium chinois et des esclaves africains. Il finança l’achat de la Louisianne (NdT: à Napoléon). Quand plusieurs états refusèrent de payer leurs dettes, Barings soudoya Daniel Webster pour faire des discours prônant le repaiement des dettes. Les états tinrent leur ligne de refus, et en 1842, la maison rothschils coupa le robinet d’argent plongeant les états-unis dans une dépression. Il a souvent été dit que la fortune des Rothschilds dépendaient de la banqueroute des nations. Mayer Amschel Rothschild déclara: “Je ne m’intéresse pas de savoir qui contrôle les affaires d’une nation, aussi loin que je puisse contrôler sa monnaie.”

La guerre ne fut pas néfaste à la fortune familiale non plus. La maison des Rothschild finança la guerre de Prusse, la guerre de Crimée et la tentative britannique de saisir le canal de Suez aux Français. Nathan Rothschild fît un gros pari financier sur Napoléon à la bataille de Waterloo, tout en finançant également la campagne péninsulaire du duc de Wellington contre ce même Napoléon. Les deux guerres aux Etats-Unis contre le Mexique et la guerre civile, furents de véritables mines d’or pour la famille.

Une biographie de la famille Rothschild mentionne une réunion à Londres où un “syndicat banquier international” décida de monter le Nord contre le Sud des Etats-Unis comme partie intégrante de la stratégie du “diviser pour mieux régner”. Le chancelier allemand Otto Von Bismark dit une fois: “La division des Etats-Unis en des fédérations de force égale fut décidée bien avant la guerre civile. Les banquiers craignaient que les Etats-Unis décoivent leur domination financière du monde. La voix des Rothschilds prévalut.” Le biographe de la famille Derek Wilson dit que la famille était le banquier officiel européen pour le gouvernement Etats-Unien et un grand supporteur de la BEU.[17]

Un autre biographe Neill Fergusson nota un “vide subatantiel et non expliqué” dans la correspondance des Rothschilds entre 1854 et 1860. Il a dit que toutes les copies des lettres émanant des Rothschilds de Londres pendant la période de la guerre civile américaine “furent détruites sur ordre de partenaires successifs”.[18]

Des troupes françaises et britanniques avaient encerclé les Etats-Unis au faîte de la guerre civile. Les britanniques envoyèrent 11 000 soldats au Canada, contrôlé par la couronne britannique et qui protégeait les agents confédérés. Napoléon III de France installa un membre de la famille autrichienne des Hapsbourg L’archiduc Maximilien comme empereur marionnette de Mexique, où les troupes françaises se massèrent à la frontière du Texas. Seule l’envoi et le déploiement à la 25ème heure de deux navires de guerre russes par le Tsar Alexandre II allié des Etats-Unis en 1863, empêcha une re-colonisation des Etats-Unis.{19]

La même année le Chicago Tribune écrivît: “Belmont (Auguste Belmont était un agent des Rothschilds et avait une course de chevaux de la triple couronne nommée après lui) et les Rothschilds… qui ont acheté les bons de guerre confédérés…”

Salmon Rothschild dit de Lincoln mort: “Il rejette toute forme de compromis. Il a l’apparence d’un paysan et ne peut raconter que des histoires de bars.” Le baron Jacob Rothschild était tout aussi flatteur à l’égard des citoyens américains, il commenta un jour au ministre états-unien envoyé en Belgique Henry Sanford à propos du plus du demi million de citoyens américains qui moururent lors de la guerre civile: “Quand votre patient est désespérément malade, vous essayez des mesures désespérées, y compris les saignées.” Salmon et Jacob ne faisaient que continuer une tradition familale. Quelques générations auparavant Mayer Amschel Rothscild avait dit à propos de sa stratégie d’investissement: “Lorsque les rues de Paris sont inondées de sang… J’achète.”[20]

Les fils de Mayer Rothschild étaient connus sous le nom des cinq de Francfort.

Le plus vieux Amschel, s’occuppa de la banque de Francfort avec son père, tandis que Nathan géra les affaires de Londres. Le plus jeune Jacob fut envoyé à Paris, tandis que Salomon dirigea la branche de Vienne et Karl celle de Naples. L’écrivain Frederick Morton estime que dès 1850, les Rothschilds pesaient 10 milliards de dollars.[21] Quelques chercheurs pensent que leur fortune aujourd’hui s’élèverait à plus de cent mille milliards de dollars.

Les Warburgs, Kuhn Loebs, Goldman Sachs, Schiffs, Rothschilds, se sont mariés entr’eux et forment une heureuse famille bancaire. La famille Warburg qui contrôle la Deutsche Bank et la BNP se lia avec les Rothschilds en 1814 à Hambourg, tandis que la puissante Jacob Schiff des Kuhn Loeb partagea ses quartiers avec les Rothschilds dès 1785. Schiff immigra aux Etats-Unis en 1865. Il joignit ses forces avec Abraham Kuhn et maria la fille de Salomon Loeb. Loeb et Kuhn épousèrent les sœurs de l’un l’autre ainsi fut scellée la dynastie Kuhn-Loeb. Felix Warburg se maria avec la fille de Jacob Schiff. Deux fille Goldman marièrent deux fils de la famille Sachs, créant ainsi Goldman Sachs. En 1806, Nathan Rothschild maria la plus âgée des filles de Levi Barent Cohen, un financier de renom à Londres.[22] Ainsi Abby Joseph Cohen de Merill Lynch et le secrétaire à la défense de Clinton William Cohen, sont des descendants probables des Rothschilds.

Aujourd’hui, les Rothschilds sont à la tête d’une empire financier extensif, qui implique des parts importantes dans la plupart des banques centrales mondiales. Le clan d’Edmond de Rothschild possède la Banque Privée SA à Lugano en Suisse et la banque Rothschild AG de Zürich.

La famille de Jacob Lord Rothschild possède la puissante Rothschild Italia De Milan. Ils sont les membres fondateurs du club très exclusif des Iles à dix mille milliards de dollars, qui contrôle les géants industriels tels la Royal Dutch Shell, les industries chimiques impériales, la banque Lloyds de Londres, Unilever, Barclays, Lonrho, Rio Tinto Zinc, BHP Billiton et la branche DeBeers anglo-américain. Le club domine la distribution mondiale de pétrole, d’or, de diamants et de bien d’autres matières premières vitales.[23]

Le Club des Iles donne le capital du Quantum Fund NV de George Soros, qui fît des gains substantiels en 1988-99 après l’effondrement des monnaies en Thailande, Indonésie et Russie. Soros fut un actionnaire principal de la compagnie pétrolière de Georges W. Bush Harken Engergy. Le Club des Iles est dirigé par les Rothschilds et inclut la reine Elisabeth II d’Angleterre et d’autres aristocrates européens et membres de familles royales.[24]

L’entité dépositrice du plus de richesses pour les Rotshschilds aujourd’hui est peut-être la Rothschilds Continuation Holdings AG, une holding bancaire secrète, basée en Suisse. Vers la fin des années 1990, les tenants de l’empire global Rothschild étaient les barons Guy et Elie de Rothschild en France et Lord Jacob et Sir Evelyn Rothschild en Grande-Bretagne.[25]

Evelyn était le président de la revue “Economist” et un directgeur de DeBeers et IBM GB.

Jacob fut derrière la campagne d’Arnold Schwarzenegger pour les élections de gouverneur de Californie. Il prît contrôle des parts de Khodorkovsky avec Yokos Oil juste avant que le gouvernement russe ne l’arrête. En 2010, Jacob rejoignit Ruppert Murdoch dans un partenariat d’extraction pétrolier en Israël par Genie Energy, une compagnie subsidiaire de IDT Corporation.[26]

Quelques mois plus tard, Sarah Palin s’aloua les services de l’ex-PDG de IDT comme chef de personnel.[27]

Sarah Palin est-elle le choix de Rothschild pour 2012 ?

http://resistance71.wordpress.com/

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12 décembre 2011

La situation de l’économie et du commerce extérieur tunisien au lendemain de l’indépendance: la soumission au capital colonial

Quand, en 1956, la Tunisie accède à l’indépendance, son économie et son commerce extérieur étaient
entre les mains d’intérêts étrangers, français pour l’essentiel. Ainsi en était-il de:
• l’agriculture, dont le cinquième des superficies cultivables, soit 800 à 850 000 hectares parmi les plus
fertiles et donnant lieu à plus du tiers de la production agricole du pays, étaient possédés par des
exploitants européens et par quatre sociétés financières anonymes;
• des mines de phosphate (dont la Tunisie est le deuxième producteur mondial), entièrement sous le
contrôle de quatre grandes sociétés françaises, des gisements de minerai de fer, de plomb et de zinc
ainsi que des salines qui sont tous propriété de grandes sociétés françaises;
• de la production et de la distribution d’électricité, de gaz et d’eau potable, dominées aux trois-quarts
par deux grandes sociétés métropolitaines;
• de l’industrie des matériaux de construction, dont la production de ciment et de chaux hydraulique
est contrôlée par deux puissantes sociétés métropolitaines (Lafarge et la Société Bonna, filiale de la
Compagnie Générale des Eaux), dont la production de briques, de tuiles, de plâtre et de carreaux de
ciment est entre les mains de filiales de Schwich et Baizeau et dont la fabrication de tuyaux de béton
et de verrerie est également assurée par deux puissantes sociétés françaises;
• de l’industrie chimique qui, à l’exception de la savonnerie et de la fabrication des huiles essentielles,
est le fait de groupes financiers métropolitains. La transformation du phosphate est monopolisée
par trois grandes sociétés françaises et la production d’oxygène et d’acétylène dissous est réalisée par
«Air Liquide», tandis que la fabrication de bitumeux routiers est effectuée par trois usines, filiales des
Compagnies Shell et Standard Oil;
• de l’industrie métallurgique qui, réserve faite de quelques fonderies et ateliers de constructions
métalliques aux mains de Tunisiens, est contrôlée par des sociétés minières, en tête desquelles se
trouvent Pennaroya et la Société Carnaud et Forges de Basse Indre;

des bâtiments et travaux publics qui, à l’exception des petites et moyennes entreprises, sont dominés
par de grandes entreprises métropolitaines (Fourré et Rhodes, Grands Travaux de l’Est, Entreprises
Campenon Bernard, Entreprises Boussiron, Entreprises Léon Ballot, Travaux souterrains,…);
• du transport ferroviaire, d’une longueur de 2 012 kilomètres, sous le contrôle exclusif de trois grandes
sociétés métropolitaines;
• du transport routier, dominé par deux grandes entreprises françaises (la Société Tunisienne
Automobile des Transports et la Société Tunisienne des Transports Automobiles du Sahel);
• du transport maritime, assuré par des compagnies françaises de navigation; et
• du système bancaire, totalement contrôlé par des succursales et des filiales d’établissements
métropolitains et coloniaux.

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08 décembre 2011

L'illusion démocratique

Après la Libye, après la Syrie, la Russie est sur la sellette - et à la marge, la Chine, en permanence d'ailleurs. Les Médias s'en donnent à coeur-joie: Tout est bon pour dresser l'opinion "internationale" (notamment à travers des supports comme France24) contre les pays ciblés pour leur non-alignement ou (et) convoités pour leurs ressources.  On va même jusqu'à nous apitoyer sur le sort d'enfants torturés et tués, soi-disant, par les Syriens fidèles à leur dirigeant. Un peu gros, quand même ! Les montages habiles ne nous feront pas oublier toutes les jeunes victimes des guerres néo-coloniales de l'OTAN...

 

Petit Libyen tué lors de l'invasion du pays par l'OTAN

http://www.lepetitmondecozillon.fr/2011/11/page/30/


comment élabore-t-on ces "révolutions" pour "la démocratie" qui ne profitent, en définitive, qu'au Cartel bancaire et aux Multinationales de mort (Armement, Chimie, Nucléaire, pétrole, reconstruction etc) ainsi qu'à leurs exécutants ?

16:08 Publié dans Conscience | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook |  Imprimer

30 novembre 2011

HSBC Genève qui a hébergé 11 millions de francs de Belhassen Trabelsi, beau-frère notoirement corrompu de l’ex-président Ben Ali. C’est ici.

Que ce fut long. Prévu pour le début de l’été, puis la fin de celui-ci, voire le début de l’automne, c’est jeudi 10 novembre que la FINMA, le surveillant des banques, a publié son rapport sur le respect – ou non – des obligations de diligence des banques envers des personnes sensibles provenant des dictatures tombées avec le Printemps arabe (Egypte, Tunisie, Libye). En résumé, si les banques ont accueilli des fonds d’individus provenant de ces pays (ce qui n’est pas illégal), ont-elles vraiment vérifié si ces personnes n’étaient pas trop proches du pouvoir en place? La réponse est décevante: oui, sauf quatre moutons noirs.

Personne n’espérait trouver un troupeau de moutons noirs. Surtout si l’on considère les promesses et les louanges des milieux bancaires et des autorités fédérales sur l’excellence de la loi anti-blanchiment qui encadre le travail de la place financière et la surveillance pointilleuse des banques elles-mêmes. Non, la déception est ailleurs.

Pourquoi ne pas avoir publié les noms des banques pincées? Et ainsi leur poids relatif pour la place financière? S’agit-il de banques privées, de grandes banques, de banques cantonales? Zéro indication. Et les individus concernés? Niet. Le seul élément concret à se mettre sous la dent, ce sont trois cas… anonymisés.

Qui sait, ces questions trouveront peut-être une réponse dans la presse écrite ces jours prochains, la FINMA ayant refusé de répondre aux questions des télévisions dont la TSR (on a l’accès à l’information que l’on peut). Mais il y a un point plus étrange, tout aussi inexplicable. Fin 2000, la Commission fédérale des banques, l’ancêtre de la FINMA, publiait un rapport du même acabit sur les fonds du dictateur nigérian Abacha avec les noms des banques concernées. Onze ans plus tard, le balancier file dans l’autre sens et ce, alors que les autorités suisses jurent – j’ai arrêté de compter les citations dans ce sens – «vouloir faire toute la transparence» sur ce dossier. Le Caire et Tripoli apprécieront. Tunis aussi, qui publie demain un important rapport de 500 pages sur la corruption sous Ben Ali.

Par chance, la FINMA a énormément d’humour pour celui ou celle qui s’aventure jusqu’à la douzième et ultime page de son rapport. Courageuse, elle ose révéler qu’une banque n’a pas identifié une personne sensible «car il existe différentes orthographes de son prénom». La FINMA aurait été cruelle de publier le nom de cet établissement. Elle a eu raison de se taire. Tant d’argent dépensé dans des services de contrôle interne, des systèmes de détection informatique dernier cri et autres accès à des bases de données privées, tout cet argent pour se planter sur l’orthographe du prénom, c’est frustrant. Et, par la même occasion, on se demande aussi à quoi servent ces beaux Powerpoint de l’Association suisse des banquiers distillés à longueur de «séminaires pour journalistes» sur le Know Your Customer.

Yves Steiner

PS: pour ceux et celles qui souhaitent une information sur une banque qui a loupé le coche avec son obligation de « diligence », on trouve HSBC Genève qui a hébergé 11 millions de francs de Belhassen Trabelsi, beau-frère notoirement corrompu de l’ex-président Ben Ali. C’est ici.

Update (11.11.2011): Gosh. J’ai oublié un autre trait d’humour dans le rapport de la FINMA ou plutôt, un manque de curiosité certain. A la page 6, on lit ceci: «Les banques ont dû fournir à la FINMA en particulier les documents relatifs à l’ouverture des comptes, la correspondance avec les clients concernés, les notes internes, les relevés des mouvements de compte depuis le 1er janvier 2009 (…)». Outre le fait que la FINMA semble ne s’être intéressée qu’aux seules personnes physiques oubliant les personnes morales, celle-ci a limité son enquête (à décharge?) aux deux dernières années. Et dire que ces régimes d’Afrique du Nord ont tenu le coup plusieurs dizaines d’années…

ci22p49-61.pdf

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29 novembre 2011

La finance islamique pour relancer l’économie tunisienne

Au lendemain de la révolution tunisienne, la finance islamique constitue une bonne opportunité pour relancer l’entreprenariat, seul moyen de création d’emplois. De même, qu’elle offre à l’Etat tunisien un outil de financement des grands projets très intéressant : le Sukuk.

Relancer l’entreprenariat

L’objectif étant de relancer l’économie tunisienne sur de nouvelles bases, innovantes et créatrices de richesse, il convient de s’attaquer en priorité au chômage qui ronge la société et l’économie tunisiennes, notamment celui des diplômés de l’enseignement supérieur. La finance islamique offre des outils majeurs qui peuvent encourager l’initiative: la Musharaka, la Mudharaba ou les microcrédits à travers les fonds «Zakat».

A noter que la Musharaka est un contrat d’association par lequel l’institution financière, avec un ou plusieurs partenaires, contribue au financement de projets ou d’opérations ponctuelles. Les profits ou les pertes résultant de l’opération sont répartis entre le client et la banque sur des bases fixées en commun accord entre les parties au prorata de leurs apports respectifs.

On distingue deux types de Musharaka, la Musharaka définitive, où le but pour les partenaires est de rester impliqués dans le projet de façon définitive et la Musharaka moutaniquissa (dégressive), où les apporteurs de fonds ont l’intention de se retirer du projet. L’entrepreneur remboursera selon un échéancier prédéterminé.

La Mudharaba est un contrat par lequel l’institution financière ou plus faisant l’apport du capital dit « Rab-al-mal » apporte l’ensemble des capitaux financiers nécessaires au projet sans intervenir dans la gestion à l’entrepreneur dit « Moudharib » qui lui va apporter son capital travail et sa maîtrise et connaissances du projet.

En cas de perte, l’institution financière subit une perte financière et l’entrepreneur (Mudharib) subit une perte de son coût d’opportunité (temps et travail). Ce n’est qu’en cas de fraude ou de négligence avérée que le Mudharib sera appelé à supporter les pertes.

Cette solution permet ainsi à l’épargnant, détenteur de capitaux, d’investir, et à celui qui veut travailler de bénéficier de capitaux financiers.

Ces deux contrats sont très recommandés par les jurisconsultes musulmans car ils répondent au principe d’équipe dans la prise du risque et sa rémunération. Le principe de Partage des Pertes et Profits (Profit and Loss Sharing) est primordial pour ces deux outils.

La collecte de la Zakat, à travers un fonds dédié, peut relancer le secteur des microcrédits. Sous l’égide du ministère des Affaires religieuses, ce fonds peut accorder des microcrédits dont la valeur peut varier dans une fourchette précise (qui peut aller par exemple de 500 à 1.500 dinars). Ce fonds peut devenir ainsi un outil de développement régional à travers la création de micro-entreprises. On peut compter dans ce sens sur une bonne communication de la part de nos «imams», libérés des pressions de l’ancien régime, afin de sensibiliser les gens sur l’importance de contribuer à ce fonds qui servira pour créer des emplois et contribuer à éradiquer la pauvreté dans beaucoup de régions. Des prêts sans intérêts sont accordés et des projets, par exemple dans l’agriculture, la pêche, l’informatique ou la broderie, peuvent voir le jour. Un partenariat peut être signé par le ministère des Affaires religieuses, les banques islamiques existantes en Tunisie (Banque Zitouna et Al Baraka) pour la gestion du fonds et la distribution de ces microcrédits.

Nous imaginons que ces outils peuvent aussi permettre la régulation de secteurs entiers du commerce parallèle qui constitue l’un des maux de l’économie tunisienne, une régularisation qui offrirait à l’Etat des recettes fiscales et aux entrepreneurs la couverture sociale nécessaire.

Pour la réussite de ces outils, il faut bien évidemment la création d’une structure d’entreprenariat allégée (à l’instar du statut d’Auto-entrepreneur ou d’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée existant en France) et de structures d’accompagnement des nouveaux entrepreneurs (sur le plan juridique, fiscal, création de l’entreprise, étude de projet). Le tissu associatif a un important rôle à jouer sur ce plan.

Financer les grands projets par un Sukuk souverain de l’Etat tunisien

La Tunisie a un énorme besoin de financement pour réaliser tous les projets post-révolution. Le désenclavement des régions de l’intérieur du pays tant sur le plan économique que sur le plan des infrastructures est une vraie priorité.

Afin d’éviter à l’Etat tunisien un endettement pour financer des projets d’infrastructure et permettre de désenclaver ces régions (avec la construction de routes, autoroutes, ponts, prolongement de lignes de chemins de fer, lignes de tramway, lignes de métro, aménagements urbains..), nous sommes de ceux qui pensent qu’il serait judicieux que l’Etat tunisien lance un Grand Sukuk pour financer des tels projets.

Le Sukuk est un produit financier islamique adossé à un actif tangible et à échéance fixe qui confère un droit de créance à son détenteur. Le propriétaire d’un Sukuk reçoit ainsi une part du profit attachée au rendement de l’actif sous-jacent.

Les principales caractéristiques du Sukuk sont donc l’absence de taux d’intérêt et l’existence d’un actif tangible sous-jacent qui doit être licite. Le détenteur du Sukuk court un risque et ne reçoit qu’une part de profit et non une rémunération avec un taux d’intérêt fixe (comme pour une obligation classique).

Plusieurs pays émergents ou même développés réfléchissent à l’émission de Sukuks souverains afin de financer leurs projets d’infrastructure. L’intérêt étant que l’émission de Sukuk souverain ne rentre pas dans le calcul de la dette publique de l’Etat.

Le Sukuk souverain tunisien peut être ouvert à la souscription jusqu’à un certain pourcentage à des investisseurs étrangers et en grande partie à des investisseurs tunisiens (professionnels et particuliers) résident en Tunisie ou à l’étranger.

Sur le plan pratique, les actifs, qui sont totalement licites (routes, autoroutes etc..), seront achetés par des sociétés ad hoc (Special Purpose Vehicules) de droit tunisien soumis aux tribunaux tunisiens. Les véhicules ad hoc vont louer ces actifs à l’Etat tunisien ou aux collectivités locales qui peuvent acquérir à terme les actifs financés.

Avec tous les postes d’emplois créés par ces grands projets d’infrastructure, le Sukuk souverain tunisien peut être un moteur pour la relance de l’économie tunisienne, notamment sur le plan régional.

En outre, émettre des Sukuks souverains serait un signal de la volonté de la Tunisie d’être une place financière régionale tant pour la finance conventionnelle que pour la finance islamique.

La réputation de la place financière de Tunis a beaucoup souffert des agissements de l’ancien régime et de ses clans. Les dépassements, les entorses aux règles, les infractions à la législation financière, notamment celle de change en Tunisie, se comptent par milliers.

Afin de relancer la place financière de Tunis, et outre la refonte totale de la réglementation bancaire et financière pour l’adapter aux exigences de l’économie tunisienne et aux attentes des investisseurs étrangers, le recours à des outils de la finance islamique attirerait des investisseurs étrangers et constituera un signal fort afin de redorer le blason d’une place ternie. Tout est certainement question de mentalités et de volonté politique. La recherche d’investissements «Halal» est omniprésente pour beaucoup d’investisseurs soucieux de conjuguer investissement et principes de la chariah.

Les conditions sont propices pour que la place financière de Tunis ouvre finalement et pleinement la porte à la finance islamique qui pourra servir de tremplin pour l’emploi, notamment des diplômés de l’enseignement supérieur.

Par Souhayel TAYEB et Zoubeir BEN TERDEYET, Paris
Source : Webmanager Center – Rewriting : RIBH

  • Souhayel TAYEB, Docteur en droit et conseiller juridique dans les marchés financiers à Paris
  • Zoubeir BEN TERDEYET, Directeur-Associé Isla-Invest Consulting


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23 novembre 2011

La mainmise de la Banque mondiale sur la Tunisie !

Analyse du programme de prêt de 500 millions de dollars auprès de la Banque Mondiale

Le gouvernement provisoire de Tunisie n’a pas attendu l’Assemblée constituante pour engager le pays envers la Banque mondiale (BM). Le 21 juin dernier, la banque approuvait deux prêts d’une valeur totale de 500 millions de dollars. Son montant a depuis été intégralement décaissé, engageant ainsi la Tunisie à un remboursement sur 30 ans (plus 5 ans de grâce) ! |1|

Ce programme appelé « Prêt de Politique de Développement (PPD) pour la Gouvernance et les Opportunités en Tunisie », est censé appuyer la transition démocratique. Or, cet accord ne fait qu’augmenter le fardeau de la dette et engage la Tunisie sur le long terme. Au lieu d’accorder un don ou même un prêt à 0%, les deux prêts sont conclus à taux variables (2,31% pour l’un et 0,90% pour l’autre). Le seul « service » gratuit qu’elle octroie est son soutien technique… qu’on peut assimiler à de l’ingérence.

Une analyse du texte « Document d’Information du Programme (Phase d’évaluation) », daté du 29 avril, dans lequel la BM présente le programme, révèle bien la logique capitaliste que défend la BM depuis sa création.

Tout d’abord la BM donne la priorité absolue au secteur privé pour créer la croissance, notamment pour l’emploi : «  le pays est confronté à 2 défis (…) (i) (…) envoyer un signal fort montrant que la Tunisie crée effectivement les conditions égales pour la croissance de l’emploi dans le secteur privé  »(Page1) ; « stimuler la demande d’emploi dans le privé  »(P2). La BM compte même sur le secteur financier pour créer des emplois («  permettre au secteur financier de jouer pleinement son rôle dans le processus de création d’emplois »). Cette prédominance du privé implique aussi une marchandisation des services publics sociaux, dont les plus pauvres souffriront le plus. La BM propose notamment un programme d’aide aux demandeurs d’emploi peu qualifiés « grâce à un programme argent-contre-formation (…)  »(P2) !!!

Peu d’allusions sont faites au domaine social, qui n’est absolument pas la priorité de ce programme. Dans la 2ème partie du texte qui définit les objectifs, les politiques sociales arrivent en dernière place, et l’objectif est très vague. On n’aborde pas le financement des services publics, et il n’est donné aucun exemple de mesure concrète à prendre. En revanche dans la partie sur la gestion des risques (P4) le programme fait allusion à l’État mais celui-ci ne doit intervenir qu’en dernier ressort pour atténuer les risqués liés aux aléas sociaux susceptibles de compromettre la mise en œuvre du programme ! Ainsi ces mesures sociales, loin d’être motivées par un désir d’améliorer le sort de la population, servent juste de garde-fou pour mieux mettre en œuvre la politique prônée par les technocrates néo-libéraux. «  Aider à rétablir la stabilité sociale en s’attaquant aux principales revendications de la population ».

Enfin la BM consacre en fin de texte un paragraphe concernant les aspects environnementaux. C’est un moyen pour elle de se donner une bonne image en "prenant en compte" les aspects environnementaux. La BM n’hésite pas à dire que « Les réformes appuyées dans ce DPL ne devraient pas avoir d’effets positifs ou négatifs sur l’environnement » ; « (…) il n’est pas nécessaire pour l’instant de procéder à des études environnementales spécifiques, ni à prendre des mesures de gestion de risques  ». Ainsi elle témoigne de l’aveuglement des capitalistes quant aux questions écologiques. Elle se veut rassurante car ses affirmations laissent à penser que les problèmes environnementaux ne concernent que certains secteurs de production particulièrement polluants et qu’il n’y a pas à s’inquiéter du reste. Or l’urgence climatique actuelle impose une remise en question de TOUS les aspects de la société et économie humaine.

Le programme de la BM est donc clairement antisocial. Les nouvelles dettes qui pèseront sur l’économie tunisienne et l’ingérence des « partenaires » étrangers dans les affaires de l’État vont directement à l’encontre de la transition démocratique : comment les dirigeants politiques tunisiens peuvent-ils répondre aux attentes de leurs électeurs si leur politique est avant tout dictée par des créanciers étrangers ? Ce programme s’inscrit donc clairement dans la contre-révolution tunisienne. Ben Ali était le gardien des politiques néolibérales qui bénéficiaient aux investisseurs et créanciers étrangers, en l’absence de toute souveraineté nationale de l’État tunisien. À présent qu’il n’est plus au pouvoir, ces derniers cherchent à tout prix des garanties pour pouvoir continuer à dicter leurs règles, avec la collaboration de l’élite locale restée au pouvoir. C’est dans cette optique que le « Plan Jasmin » (Stratégie de Développement économique et social 2012-2016) a été mis en place. Le Plan Jasmin, qui est la feuille de route proposée par le gouvernement provisoire (avec l’appui du G8 et de divers partenaires étrangers), est antidémocratique, néolibéral et repose sur le recours à l’endettement extérieur pour se financer. Il prévoit un endettement externe à hauteur de 6 milliards de dinars (soit environ 3 milliards d’euros). L’Assemblée Constituante a intérêt à rejeter la Plan Jasmin à s’attaquer à la dette tunisienne. En effet, la soumission du pays à ses créanciers viole à la fois la nationalité nationale populaire et trahit la révolution tunisienne.

C’est dans cette optique de reconquête de la souveraineté que l’association tunisienne RAID a lancé au lendemain du 14 janvier une campagne dette visant à suspendre le paiement de la dette tunisienne et de réaliser un audit de cette dette, afin de pouvoir sur des bases légales en répudier la part illégitime et odieuse. Cette campagne est relayée à l’échelle internationale par les réseaux CADTM et ATTAC (dont fait partie le RAID), le collectif ACET (Auditons les Créances Européennes envers la Tunisie). Il existe également un appel parlementaire européen (signé à ce jour par 117 parlementaires ou députés), une résolution de l’Assemblée Paritaire UE-ACP |2| en mai 2011 et une résolution du Sénat Belge en juillet 2011 qui appellent tous les trois à une suspension de paiement et la réalisation d’un audit.

 

Notes

|1| http://web.worldbank.org/external/p...

|2| ACP = Afrique Caraïbe et Pacifique.

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27 octobre 2011

Contrôle des comptes de la Banque Centrale de Tunisie

Depuis 2007, la Banque Centrale de Tunisie recourt, désormais, à deux commissaires aux
comptes inscrits au tableau de l’ordre des experts comptables et choisis par le Président
de la République pour contrôler les comptes de l’Institut d’émission. Ces missions étaient,
auparavant, assurées par un Censeur désigné parmi les hauts cadres du Ministère des
Finances. Cette tendance reflète la modernisation des procédés de gestion et de contrôle
de la Banque Centrale de Tunisie, ainsi que la consolidation de son indépendance.
En effet, l‘amendement en 2006 de la loi organique de la Banque Centrale de Tunisie
traduit cette tendance, concrétisée par l’adoption des nouveaux articles 29,31 et 32 :
Article 29 :
Les comptes de la Banque Centrale sont soumis à un audit externe effectué par deux
commissaires aux comptes choisis par le Président de la République sur proposition du
Gouverneur parmi les experts comptables inscrits au tableau de l’ordre des experts
comptables de Tunisie. Les deux commissaires aux comptes assurent, conformément à la
nature de l’activité des banques centrales et aux lois en vigueur, les missions suivantes :
- examiner la régularité et la sincérité des états financiers. A cet effet, ils peuvent
évaluer les systèmes de contrôle interne et les procédures de communication des
informations financières ;
- vérifier les opérations d’inventaire relatives aux caisses de la Banque, ses stocks et
son portefeuille ;
- émettre un avis sur les états financiers
Article 31 :
Les deux commissaires aux comptes assistent aux séances du Conseil réservées à la
clôture des comptes de la Banque et à leur approbation.
Le projet des états financiers est mis à la disposition des deux commissaires aux comptes
un mois au moins avant la date de la séance.
Les deux commissaires aux comptes peuvent se faire communiquer toutes les pièces
nécessaires à l’exercice de leurs missions.
Article 32 :
Les deux commissaires aux comptes ne peuvent être liés à la Banque Centrale par une
autre relation de quelque nature qu’elle soit.
Les dispositions du code des sociétés commerciales sont applicables aux commissaires
aux comptes de la Banque Centrale dans la mesure où il n’y est pas dérogé par les
dispositions de la présente loi.

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26 octobre 2011

Une mauvaise constitution qui révèle un secret cancer de notre démocratie

 


Chers collègues et amis,

Après six mois de réflexion intense, se cristallise une argumentation autour du "traité constitutionnel", à partir de lui mais au-delà de lui, une argumentation qui n’est ni de droite ni de gauche, et qui montre un danger historique pour nous tous, au-dessus de la politique. Pour ces raisons, cette courte argumentation devrait intéresser les citoyens de tous bords.

Il y a six mois, en septembre 2004, j’étais, comme tout le monde, favorable à ce texte sans l’avoir lu, par principe, "pour avancer", même si je savais bien que les institutions étaient très imparfaites. Je ne voulais pas être de ceux qui freinent l’Europe. Je crois vraiment que l’immense majorité des Européens, au-delà des clivages gauche/droite, aiment cette belle idée d’une Europe unie, plus fraternelle, plus forte. C’est un rêve de paix, consensuel, très majoritaire.

Je n’avais pas lu le texte et je n’avais absolument pas le temps : trop de travail… Et puis l’Europe c’est loin, et puis avec tous ces hommes politiques, je me sentais protégé par le nombre : en cas de dérive, il allait bien y en avoir quelques-uns pour nous défendre… et je me dispensais de "faire de la politique", c’est-à-dire que je me dispensais de m’occuper de mes propres affaires.

Déjà des appels s’élevaient contre le traité, mais ils venaient des "extrêmes" de l’échiquier politique et pour cette simple raison, je ne commençais même pas à lire leurs arguments, restant en confiance dans le flot de l’avis du plus grand nombre sans vérifier par moi-même la force des idées en présence.

Et puis soudain, des appels sont venus de personnes non suspectes d’être antieuropéennes. J’ai alors lu leurs appels, sans souci des étiquettes, et j’ai trouvé les arguments très forts. Je me suis mis à lire, beaucoup, des livres entiers, de tous bords, Fabius, Strauss-Kahn, Giscard, Jennar, Fitoussi, Généreux, etc. et beaucoup plus d’articles des partisans du traité parce que je voulais être sûr de ne pas me tromper. Et plus je lis, plus je suis inquiet. Finalement, aujourd’hui, je ne pense plus qu’à ça, je ne dors presque plus, j’ai peur, simplement, de perdre l’essentiel : la protection contre l’arbitraire.

Je continue aujourd’hui à lire toutes les interventions, ceux qui sont pour, ceux qui sont contre, je continue à chercher où est la faille dans mon raisonnement et le présent texte est un appel à réfléchir et à progresser : si vous sentez une faille, parlons-en, s’il vous plaît, tranquillement, honnêtement, c’est très important. Je peux me tromper, je cherche sincèrement à l’éviter, réfléchissons ensemble, si vous le voulez bien.

Je sens que c’est mon rôle de professeur de droit[1] d’en parler un peu plus que les autres, d’en parler à mes collègues, mais aussi à mes élèves, aussi aux journalistes. Je serais complice si je restais coi.

J’ai ainsi trouvé plus de dix raisons graves de s’opposer à ce texte dangereux, et encore dix autres raisons de rejeter un texte désagréable, pas fraternel du tout en réalité. Mais les cinq raisons les plus fortes, les plus convaincantes, celles qui traversent toutes les opinions politiques parce qu’elles remettent en cause carrément l’intérêt d’avoir une réflexion politique, me sont apparues tardivement car il faut beaucoup travailler pour les mettre en évidence. Ce sont ces raisons-là, les cinq plus importantes, sur lesquelles je voudrais attirer votre attention et solliciter votre avis pour que nous en parlions ensemble, puisque les journalistes nous privent de débats publics.

 

Dans cette affaire d'État, les fondements du droit constitutionnel sont malmenés, ce qui rappelle au premier plan cinq principes traditionnels conçus pour protéger les citoyens.

1.   Une Constitution doit être lisible pour permettre un vote populaire : ce texte-là est illisible.

2.   Une Constitution n’impose pas une politique ou une autre : ce texte-là est partisan.

3.   Une Constitution est révisable : ce texte-là est verrouillé par une exigence de double unanimité.

4.   Une Constitution protège de la tyrannie par la séparation des pouvoirs et par le contrôle des pouvoirs : ce texte-là n’organise pas un vrai contrôle des pouvoirs ni une réelle séparation des pouvoirs. 

5.   Une Constitution n’est pas octroyée par les puissants, elle est établie par le peuple lui-même, précisément pour se protéger de l’arbitraire des puissants, à travers une assemblée constituante, indépendante, élue pour ça et révoquée après : ce texte-là entérine des institutions européennes qui ont été écrites depuis cinquante ans par les hommes au pouvoir, à la fois juges et parties.


 

Préalable : Constitution ou traité ?

Quelle est la juste qualification de ce projet ?

Il faut rappeler ce qu’est une Constitution et pourquoi on entoure son élaboration de précautions particulières.

Une Constitution est un pacte passé entre les hommes et leurs gouvernants. C’est parce qu’ils ont signé ce pacte que les hommes acceptent d’obéir aux lois. C’est par ce pacte que l’autorité trouve sa légitimité. Ce pacte doit protéger les hommes contre l’injustice et l’arbitraire. Les principes dont on va parler servent à garantir que le pacte joue son rôle protecteur et que les hommes pourront le contrôler.

Le projet de Traité établissant une Constitution pour l’Europe (TCE) est exécutoire sans limitation de durée[2], il s’impose sur presque tous les sujets essentiels à la vie des gens[3], sa force juridique est supérieure à toutes nos normes nationales (règlements, lois, Constitution)[4], il met en place les grands pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) et il en règle les équilibres.

Le projet de TCE est donc, par nature, une Constitution,  il fixe "le droit du droit".

Les débats en cours montrent que ce préalable est au centre des réfutations. Je renforce donc mon affirmation par une citation d’Olivier Gohin, professeur à l’Université de Paris II : « Le nouveau Traité est une véritable Constitution dès lors qu’elle correspond à la définition matérielle de toute constitution : organisation des pouvoirs publics et garantie des libertés fondamentales, avec identification d’un pouvoir constituant (…) la nouvelle Union européenne réunit, dès à présent, les éléments nécessaires de la définition de l’État »[5].

De plus, la primauté du droit européen, même d’un simple règlement, sur l’ensemble du droit des États membres, même sur leur Constitution, est fortement démontrée par plusieurs professeurs d’Université qui tempêtent évidemment contre ce séisme juridique sciemment sous-évalué par le Conseil Constitutionnel (voir les textes de Frédéric Rouvillois et Armel Pécheul, note 4)

Le plus important n’est donc pas, à mon avis, la qualification que les auteurs ont eux-mêmes donnée à leur texte, puisque les principes dont on va parler servent à protéger les citoyens contre des institutions dangereuses : tout texte fondamental qui définit ou modifie les pouvoirs des institutions devrait donc respecter ces principes, quelle que soit sa dénomination officielle.

Est-ce que ce texte à vocation constitutionnelle, donc, offre les garanties qu’on peut en attendre ?[6]

Premier principe de droit constitutionnel : une Constitution est un texte lisible.

Une constitution doit être acceptée, directement, par le peuple qui s’y soumet.

Pour que cette acceptation ait un sens, il faut que le texte soit lisible par le peuple, celui qui va signer (et pas seulement par des experts).

De ce point de vue, le "traité constitutionnel" est long et complexe[7] : 485 pages A4, soit presque une ramette (dans la version compacte actuellement disponible sur le site http://www.constitution-europeenne.fr).

Cette longueur, unique au monde pour une Constitution, se double d’une multiplicité de renvois qui la rendent simplement illisible pour les citoyens de base.

Certains points importants comme la définition des SIEG n’apparaissent pas dans le texte[8].

Des contradictions apparaissent même entre des parties éloignées[9].

Pour illustrer encore la difficulté de lecture de ce texte, on doit relever également, et c’est grave,  l’absence de liste des domaines dans lesquels chaque institution peut créer le droit. Ainsi, on ne trouve nulle part (et on peut donc parfaitement ignorer qu’existe) la liste des domaines où le Parlement européen est complètement tenu à l’écart du droit de légiférer (ce n’est pourtant ni banal, ni anodin). Pour connaître cette répartition, il faut scruter les centaines d’articles un à un, en espérant de ne pas en avoir oublié (voir plus loin).  Est-ce qu’on peut parler de lisibilité ?

D’autres articles importants, comme l’article I-33 qui institue les "actes non législatifs" (règlements et décisions) qui permettent à une Commission (non élue) de créer sans contrôle parlementaire des normes aussi contraignantes que des lois[10], ne sont pas suivis d’une liste contrôlable.

Cette longueur et cette complexité interdisent la critique pour le commun des mortels[11].

Les 75% d’Espagnols votants qui ont approuvé ce texte, comme les 60% qui se sont abstenus,  ne l'ont probablement pas lu : ni les ministres,  ni les parlementaires,  ni les professeurs,  ni les journalistes, ni les citoyens, qui ont tous autre chose à faire : qui a le temps matériel de lire 500 pages A4 ? Il suffit de se poser la question pour soi-même : ce n’est pas différent pour les autres.

Ces citoyens prennent ainsi le risque majeur, pour eux, mais aussi pour leurs enfants et leurs petits-enfants, de découvrir trop tard ce qu'ils ne pourront plus changer.

Il faut évidemment lire et comprendre ce que l'on signe.   Ou bien, on refuse de signer.

Même s'il était simple (et il ne l'est pas), un texte aussi long ne permet pas de le juger avec discernement.

Et pourtant, il faut bien avoir un avis. Comment faire pour avoir un avis sur un texte qu'on ne peut pas lire ?  En s’alignant sur "les autres", on se rassure, comme les moutons de Panurge.

Cette longueur est, par elle-même, non démocratique : le débat est réservé aux experts.

Une Constitution est la loi fondamentale, elle est "le droit du droit", elle doit pouvoir être lue par tous, pour être approuvée ou rejetée en connaissance de cause.

 

 

Deuxième   principe de droit constitutionnel : une Constitution n’impose pas une politique ou une autre, elle permet le débat politique sans en imposer l'issue

Une Constitution démocratique n'est pas de droite ou de gauche, elle n'est pas socialiste ou libérale, une Constitution n'est pas partisane : elle rend possible le débat politique, elle est au-dessus du débat politique.

À l’inverse, le TCE, en plus de fixer la règle du jeu politique, voudrait fixer le jeu lui-même !

En imposant dans toutes ses parties[12] (I, II et surtout III) des contraintes et références libérales, ce texte n'est pas neutre politiquement : il impose pour longtemps des choix de politique économique qui devraient évidemment dépendre du débat politique quotidien, variable selon la conjoncture.  C’est une sorte de hold-up sur l’alternance des politiques économiques.

Notamment, ce texte confirme pour longtemps que l’Europe se prive elle-même des trois principaux leviers économiques qui permettent à tous les États du monde de gouverner :

Pas de politique monétaire : nous sommes les seuls au monde à avoir rendu notre banque centrale totalement indépendante, avec en plus, comme mission principale, constitutionnelle, intangible, la lutte contre l’inflation et pas l’emploi ou la croissance[13]. Aucun moyen n’est accordé aux pouvoirs politiques pour modifier ces missions. On sait pourtant que les politiques anti-inflation­nistes se paient en chômage[14], par un effet presque mécanique. (bien lire la note 14)

Pas de politique budgétaire : le pacte de stabilité[15] enferme les États dans une rigueur budgétaire qui est certes une politique possible, mais qui ne doit pas être la seule ad vitam aeternam.  Aucune relance de type Keynésien (grands travaux) n’est plus possible.

Pas de politique industrielle : l’interdiction de toute entrave à la concurrence[16] emporte avec elle l’interdiction d’aider certains acteurs nationaux en difficulté ou fragiles.

C’est une politique de l’impuissance économique décrite par l’économiste Jean-Paul Fitoussi[17] qui est ainsi institutionnalisée, imposée pour longtemps.

À ce sujet, il faut lire la passionnante synthèse de douze économistes contre le TCE[18].

Le projet de TCE infantilise les citoyens d'Europe : il nous prive tous de l'intérêt de réfléchir à des alternatives. À quoi bon continuer le débat politique, en effet, puisque toute alternative réelle est expressément interdite dans le texte suprême ?

Concrètement, si demain, une majorité européenne voulait changer de direction et repasser à un mode d’organisation non marchand, plus solidaire, elle ne le pourrait pas : il faudrait l’unanimité.

Mise à part la constitution soviétique (qui imposait, elle aussi, une politique, le collectivisme), cette constitution partisane serait un cas unique au monde.

Troisième principe de droit constitutionnel : une Constitution démocratique est révisable

Tous les peuples du monde vivant en démocratie peuvent réviser leur pacte de gouvernement.

Le projet de TCE est beaucoup trop difficilement révisable[19] : pour changer une virgule à ce texte, il faut d'abord l'unanimité des gouvernements pour tomber d'accord sur un projet de révision, puis il faut l'unanimité des peuples (parlements ou référendums) pour le ratifier (cela s’appelle la procédure de révision ordinaire).

Avec 25 États, cette procédure  de double unanimité est une vraie garantie d'intangibilité pour les partisans de l'immobilisme.  Ce texte semble pétrifié dès sa naissance.

Concrètement, si une large majorité d’Européens souhaitent modifier leur loi fondamentale, ils ne le pourront pas.  C’est ça qui est choquant, inquiétant.

C'est inacceptable pour une Constitution[20] et ce serait, là encore, un cas unique au monde.

On me répond en mettant en avant le mot "traité" pour prétendre que l'unanimité est normale (ce qui est vrai en matière de traités), mais ça ne tient pas : ce texte, à l’évidence, joue le rôle d’une constitution et l'oxymore "Traité constitutionnel" (assemblage de mots contradictoires) conduit, en jouant sur les mots, à créer une norme suprême trop rigide, trop difficile à réviser.

Curieusement, cette rigidité excessive avoisine une souplesse étonnante à l’occasion d’une autre procédure qui, elle, ne requiert pas l’accord direct des peuples : la procédure de révision simplifiée[21] autorise un des organes de l’Union (le Conseil des ministres) à modifier de sa propre initiative l’un des éléments clefs de la Constitution qui conditionne le degré de souveraineté conservé par les États membres dans tel ou tel domaine (puisque le passage à la majorité fait perdre à tous le droit de blocage)[22].   Ça, c’est grave : cette Constitution est à géométrie variable, mais sans l’aval direct des peuples à chaque variation.

Par ailleurs, pour l'entrée d'un nouvel État dans l'UE, la règle de l’unanimité est une protection, mais ce n'est pas l'unanimité des peuples consultés par référendum qui est requise : c'est d’abord l’unanimité des 25 représentants des gouvernements (dont beaucoup ne sont pas élus, et dont aucun ne l'est avec le mandat de décider sur ce point important), puis l’unanimité des États selon leur procédure nationale de ratification[23]. Seuls les pays qui ont une procédure référendaire, et la France en fait partie, verront donc leur peuple directement consulté.

On dirait vraiment que la volonté des peuples compte peu pour ceux qui les gouvernent.

Quatrième  principe de droit constitutionnel :
une Constitution démocratique garantit contre l'arbi­traire
en assurant à la fois la séparation des pouvoirs et le contrôle des pouvoirs

L'esprit des lois décrit par Montesquieu est sans doute la meilleure idée de toute l'histoire de l'Humanité : tous les pouvoirs tendent naturellement, mécaniquement, à l'abus de pouvoir. Il est donc essentiel, pour protéger les humains contre la tyrannie, d'abord de séparer les pouvoirs, et ensuite d'organiser le contrôle des pouvoirs : pas de confusion des pouvoirs, et pas de pouvoir sans contre-pouvoirs.

Ainsi le peuple dit : « Toi, le Parlement, tu fais les lois, mais tu ne les exécutes pas. Et toi, le Gouvernement, tu exécutes les lois, mais tu ne peux pas les écrire toi-même. » Ainsi, aucun pouvoir n’a, à lui seul, les moyens d’imposer sa volonté.    Ceci est essentiel.

« D’autre part, si l’un des pouvoirs estime que l’autre a un comportement inacceptable, il peut le révoquer : l’assemblée peut renverser le gouvernement, et le gouvernement peut dissoudre l’assemblée. Dans les deux cas, on en appelle alors à l’arbitrage (élection) du peuple qui doit rester la source unique de tous les pouvoirs. » Il faut que chaque pouvoir ait à rendre des comptes et se sache contrôlé à tout moment.     Ceci est également essentiel.

C’est peut-être ça, la meilleure idée du monde, celle qui libère de la crainte d’un despote.

Même dans le cadre moderne d’une union d’États, on ne voit pas pourquoi ces principes protecteurs de bons sens auraient perdu leur valeur.

L’équilibre entre les trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) est cependant difficile à trouver.

Le pouvoir législatif tire une forte légitimité du suffrage universel direct et il est tentant de le rendre plus fort que les autres. Mais une assemblée, même légitime, peut tout à fait devenir tyrannique car le mécanisme de l’élection ne tient absolument pas lieu de contre-pouvoir. Par ailleurs, une assemblée n’est pas nécessairement le meilleur lieu pour décider : des effets de foule ou une certaine dilution de la responsabilité individuelle au moment de décider collectivement peuvent conduire à des excès[24].

C’est pourquoi on prévoit souvent des limites au pouvoir parlementaire malgré la souveraineté qu‘il incarne : on prévoit ainsi souvent deux chambres (système bicaméral) pour que l’une tempère l’autre : en France, c’est le Sénat, élu lui aussi, mais plus âgé, qui joue ce rôle modérateur de l’Assemblée Nationale, modérateur mais sans risque de blocage (en cas de désaccord, c’est l’Assemblée nationale qui a le dernier mot).

Souvent, on prévoit une autre limite importante au pouvoir législatif : il faut pouvoir dissoudre l’assemblée, toujours dans cette optique essentielle des contre-pouvoirs qui responsabilisent les acteurs publics.

Dans le cadre de ces limites (deux chambres et menace de dissolution), le Parlement devrait jouer un vrai rôle législatif, avec l’initiative des lois, la possibilité d’amender les textes dans tous les domaines, un vrai rôle dans la fixation des impôts (c’est un de ses rôles primitifs essentiels : contrôler le poids des prélèvements opérés par l’autorité publique)…

Ce n’est pas exactement ce qui est prévu dans le projet de TCE : le Parlement n’a pas du tout l’initiative des lois[25], ce qui est déjà inacceptable, et son rôle dans le vote du budget, quoique augmenté, reste limité, et surtout il est exclu de la délibération des lois dans certains domaines, réservés au Conseil des Ministres (procédures législatives spéciales[26]).

En fait, c’est peut-être plus grave : j’ai longtemps concentré mon attention sur les lois (actes législatifs), et je suis en train de découvrir avec étonnement les « décisions », (art. I-33, I-35), "actes non législatifs" bien distincts des simples règlements. Il n’y a rien à redire au règlement qui est un texte d’application, comme les décrets et arrêtés en France, qui justifie un pouvoir normatif limité traditionnellement conféré à l’exécutif pour fixer rapidement les simples modalités pratiques de l’applica­tion des lois.  Mais les « décisions » sont différentes, elles sont décrites à part[27].

Les "décisions" semblent aussi contraignantes que les lois, elles peuvent avoir une portée générale, mais semblent plus faciles à créer que les lois, moins contrôlées (probablement par la CJE mais pas par une discussion parlementaire). En lisant le texte du TCE, je cherche : qui peut prendre ces « décisions » qui ressemblent à des "lois sans Parlement" ? Le Conseil européen (entre chefs d’États et de gouvernements), le Conseil des ministres et la Commission (tous membres de l’exécutif, au niveau national ou européen, et souvent non élus), et… la BCE. La BCE a le pouvoir de prendre seule des « décisions ». Et qui la contrôle, cette banque centrale ? Quels sont les garde-fous qui existent autour de ces normes élaborées sans discussion parlementaire ?

Il nous reste à faire ensemble l’inventaire (puisque la liste ne nous est pas fournie) des articles du TCE qui permettent (pour l’instant) de produire ainsi des "lois sans parlement" (procédure législative spéciale et actes non législatifs à portée générale). À suivre…

On nous présente donc un "triangle" composé du Parlement qui représente les peuples, du Conseil des Ministres qui représente les États et de la Commission qui représente l’intérêt général (sic).

La Commission est principalement l’émanation du Conseil[28] qui en nomme les membres avec un droit de regard du Parlement qui "élit" même son Président (sur proposition du Conseil). La commission est totalement indépendante, elle ne doit recevoir de consignes de personne, mais elle peut quand même être révoquée par le Parlement à travers une motion de censure et chacun des commissaires peut être "démissionné" par le Président de la Commission.

C’est la Commission qui est en charge de la préparation technique du droit et qui soumet ses propositions au Conseil des Ministres et au Parlement, présentés comme deux organes législatifs.

On présente donc le Conseil des Ministres comme une « chambre haute » qui jouerait le rôle du Sénat, mais c’est inacceptable : d’abord, les ministres ne sont pas élus, mais surtout, ils détiennent dans leur pays le pouvoir exécutif, c’est-à-dire qu’il maîtrisent la force publique qui leur permettra, en rentrant au pays, d’appliquer les règles qu’ils ont eux-mêmes élaborées.

Ce sont donc les mêmes personnes qui créent le droit au niveau européen et qui l’appliquent au niveau national (une fois transposé) : il y a donc ici une évidente confusion des pouvoirs.
Le Conseil des M. est un organe clairement lié à l’exécutif à qui on a confié un rôle législatif.

Avec la non séparation des pouvoirs, c’est un important rempart contre l’arbitraire qui nous échappe. Même si c’est sur un nombre limité de sujets (21 ? qui sait ?), c’est dangereux.

Laurent Lemasson, dans l’article précité[29], fait remarquer, lui, que le Parlement est composé d’une seule chambre, et que le Parlement est irresponsable : personne ne peut le dissoudre. On a vu qu’il est privé de l’initiative des lois, mais il peut révoquer la Commission qui dispose de cette initiative, ce qui donne au Parlement un certain ascendant sur elle pour "suggérer" des propositions. L. Lemasson voit dans cette organisation des pouvoirs un risque de régime d’assemblée (une sorte de tyrannie parlementaire). Cette crainte est sans doute exagérée car la censure n’est possible qu’aux deux tiers des suffrages exprimés et surtout seulement sur la gestion de la Commission, ce qui semble bien exclure la censure politique[30].

On peut concevoir la codécision positivement, comme un contre-pouvoir dans les deux sens : ainsi, le Parlement ne peut pas abuser de son pouvoir, et le Conseil des Ministres non plus. Mais on aurait trouvé plus démocratique un système bicaméral qui mette en jeu, par exemple, une Assemblée des Parlements nationaux ou une Assemblée des Régions, plutôt qu’une "Assemblée des Ministres".

En plus, cette codécision disparaît quand le Parlement est carrément mis à l’écart d’une série de sujets où les Conseils, la Commission et la BCE créent le droit seuls (comme par hasard ce sont des domaines économiques importants) (Art. III-130-3 :marché intérieur et Art. III-163 et III-165 :règles de la concurrence). Alors ça, c’est choquant parce que, sur ces sujets, il n’y a presque plus de contre-pouvoir : la Commission (qui garde souvent l’initiative) peut-elle être considérée comme une vraie force capable de s’interposer en cas de dérive arbitraire des Conseils (dont elle est si proche) ?

Il semble donc y avoir un vrai problème démocratique dans tous les domaines enlevés au Parlement : ni séparation, ni contrôle. La liste de ces sujets interdits n’existe nulle part, et cette exclusion du Parlement de certains domaines n’est même jamais formulée clairement.[31]

Là où le contrôle des pouvoirs n’existe pas, c’est encore un rempart essentiel contre l’arbitraire qui va nous manquer.

Pour un citoyen qui débarque là sans avoir été conditionné psychologiquement au préalable, c’est choquant. Mais peut-être que je me trompe. Peut-on m’expliquer cet étrange « équilibre » des pouvoirs ? Pour qui a-t-on écrit ce texte ?

En tant que citoyen, on aimerait qu’on nous explique pourquoi cette exclusion existe, sur quels critères on a choisi ces sujets interdits, et pourquoi aucune liste explicite (et donc critiquable) n’a été formulée.

On aimerait aussi savoir qui est réellement responsable de ses actes dans cette organisation européenne, car enfin :

Le parlement n’est responsable devant personne (en dehors des élections dont on a déjà dit qu’elles ne peuvent pas tenir lieu de contre-pouvoir) car il n’y a pas de procédure de dissolution.

Le Conseil européen n’est responsable devant personne au niveau européen (et il faut s’en remettre à la lointaine responsabilité nationale pour mettre en cause ses membres un par un). Le fait qu’il soit évidemment difficile d’organiser cette responsabilité, puisqu’il s’agit des chefs d’État, ne suffit pas à nous rassurer car le résultat est quand même une irresponsabilité au niveau fédéral.

Le Conseil des Ministres n’est responsable devant personne au niveau européen (et il faut encore s’en remettre à la responsabilité nationale pour mettre en cause ses membres un par un). Le fait qu’il soit, là aussi, évidemment difficile d’organiser cette responsabilité, puisqu’il s’agit des ministres dépositaires d’une autre souveraineté populaire que celle de l’Europe, ne suffit pas à rassurer non plus car le résultat est quand même une irresponsabilité là où sont prises les décisions.
Sans compter que la mise en œuvre de cette responsabilité paraît aussi compliquée qu’illusoire.

La Cour Européenne de Justice (CJE), non élue, dont les juges dépendent directement des exécutifs qui les nomment (ça c’est fou), est aussi hors de contrôle (parlementaire ou citoyen), (c’est souvent le cas mais avec des juges vraiment indépendants) et sans recours, malgré les pouvoirs immenses dont elle est dotée à travers l’interprétation de tous les textes et l’arbitrage de tous les litiges.   Démocratiques, ces institutions ?   (À lire : [32]).

La Banque Centrale Européenne (BCE), non élue, rigoureusement indépendante des pouvoirs publics, est également hors de contrôle, donc irresponsable, malgré l’influence considérable de ses décisions sur la vie quotidienne des 450 millions d’européens (voir plus haut).

C’est quand même consternant cette impression d’irresponsabilité générale, non ?    
Est-il si urgent de signer un texte pareil ?

La commission, finalement, est la seule qui risque quelque chose[33] : la censure globale par le Parlement, d’une part, (mais seulement aux 2/3 ce qui est beaucoup, et seulement pour sa « gestion », ce qui rend peut-être la censure théorique), et d’autre part la démission individuelle d’un commissaire qui peut être exigée par le Président de la Commission.

Mais la Commission est-elle réellement le siège du pouvoir ? Là-dessus, les avis sont partagés, mais compte tenu du tableau d’ensemble, j’aurais tendance à penser comme Yves Salesse[34] que le vrai pouvoir est détenu par le Conseil des Ministres (irresponsable) et que la Commission fait écran, une sorte de "fusible politique", un bouc émissaire commode qui permet aux ministres de créer le droit tout en disant « C’est pas moi, c’est elle, et je n’y peux rien, je ne peux pas la forcer : elle est indépendante… ».

La Commission est cependant un lieu de pouvoir important. Exemple : le commissaire chargé du commerce international, par le mandat qu’il a reçu une fois pour toutes, est le représentant unique de l’Union dans toutes les négociations internationales (OMC et autres). À lui seul, cet homme concentre donc un pouvoir vertigineux. C’est à ce titre qu’il négocie l’AGCS (Accord général sur les services, gigantesque projet de dérégulation[35], version mondiale de la directive Bolkestein) au nom de tous les Européens, mais dans le plus grand secret : il ne rend aucun compte au Parlement des négociations qu’il mène sur un accord qui va pourtant profondément changer la vie de tous les Européens, et le Parlement ne peut pas lui imposer de rendre des comptes[36].

On peut donc déjà observer des signes tangibles d’une dérive de type tyrannique. Et le "traité constitutionnel" verrouille pour longtemps un déséquilibre institutionnel qui le permet.

La commission peut être censurée par le Parlement, mais seulement à la majorité des deux tiers, ce qui signifie que la Commission peut gouverner 450 millions de personnes avec l’accord d’un tiers seulement du Parlement.

Même le mode de scrutin (par liste) garantit aux leaders des partis leur place au Parlement sans aucun risque, ce qui rend plus théorique la responsabilité de ces élus au moment des élections.

Tous ces pouvoirs sans contrôle réel, cette irresponsabilité générale… Où est la démocratie ?
Où sont les garde-fous contre l'arbitraire ?

Il paraît que, depuis vingt ans, les manuels scolaires des étudiants en sciences politiques appellent ça pudiquement le "déficit démocratique" de l'UE. Un terme bien anodin pour désigner en fait un abandon des peuples, trop confiants en ceux qu'ils ont désignés pour les défendre.

Il me semble que toutes les conversations des citoyens de base devraient en ce moment analyser point par point ce recul de la démocratie : dans les institutions européennes, les organes de l’Union semblent être presque tous irresponsables, la volonté des peuples semble compter peu pour les gouvernants, et une certaine politique économique est imposée pour longtemps.

Comment les analystes et commentateurs peuvent-ils glisser là-dessus comme si c'était secondaire ? C'est l'Europe à tout prix ? N'importe quelle Europe ? Même non démocratique ?! On n'a pas le droit d'en parler sans être qualifié d’antieuropéen ?

L’argument selon lequel "c’est partout pareil" ne me rassure pas mais m’inquiète plus encore : pendant que la plupart des citoyens négligent la démocratie, hypnotisés par la pub, le foot et la télé, d’autres s’en occupent activement, et discrètement, on voit comment.

On nous dit : « ce texte est meilleur qu’avant, il faudrait être idiot pour refuser de progresser ». C’est masquer qu’avec ce texte, on ne ferait pas que progresser : on figerait,  on bloquerait,  on entérinerait, on renforcerait, on donnerait une caution populaire aux textes qui s’en sont dispensés jusque-là, (à l’exception de Maastricht pour la France), on voit pour quel résultat.

Même mieux qu’avant, le texte proposé est dangereux.  Montesquieu se retourne dans sa tombe.

Triste paradoxe que ces peuples qui accepteraient eux-mêmes le recul de la démocratie, c’est-à-dire des différents remparts qui les protègent de l’injuste loi du plus fort.

On voudrait nous faire croire que tous ces défauts trouvent une juste compensation dans des avancées spectaculaires :

Par exemple, ceux qui claironnent la naissance d'un référendum d'initiative populaire à l'initiative d'un million de citoyens[37] n’ont pas bien lu : le traité ne définit qu'un triste droit de pétition sans aucune force contraignante pour la Commission qui n'est qu'invitée à réfléchir et qui peut parfaitement jeter la proposition à la poubelle sans même devoir se justifier[38].

Un lecteur vient de m’envoyer la Constitution du Venezuela. J’y ai trouvé des exemples académiques (vivants) de démocratie authentique : ainsi l’article 72 qui permet à 20 % des électeurs inscrits de demander, et à 25 % de provoquer, la révocation de n’importe quel élu et le rappel aux urnes. Il faut un certain courage politique et un réel souci démocratique, je trouve, pour exposer ainsi à tout moment son propre pouvoir à la censure citoyenne. L’instabilité est évitée car cette révocation d’initiative populaire n’est possible qu’après un demi mandat et une seule fois par mandat. Cette procédure a déjà fonctionné plusieurs fois sans semer le trouble. D’autres référendums d’initiative populaire sont également prévus pour créer ou supprimer des lois.  On est bien loin, en Europe, d’une telle responsabilité politique des acteurs institutionnels, aussi bien au niveau national qu’au niveau de l’Union.  L’article I-47.4 du TCE est bien affligeant.

De la même façon, les beaux principes généraux et généreux, répétés partout, sur toutes les radios, les télés, les journaux, tout au long des spots officiels, sont en fait en recul par rapport à notre droit actuel[39].  Par ailleurs, leur force contraignante est extrêmement controversée parmi les plus grands juristes, qui expriment les plus vifs désaccords sur ce point[40].

Partout, ce texte est en trompe-l'œil et masque une maladie mortelle de la démocratie : progressivement et subrepticement, en affirmant le contraire sans vergogne, les exécutifs nationaux, de droite comme de gauche, à l'occasion de la naissance de l'Europe, sont en train, en cinquante ans, de s'affranchir du contrôle parlementaire là où ils en ont le plus besoin (en matière économique), et d’une façon plus générale de toute responsabilité réelle de la plupart de leurs décisions politiques.

 

Cinquième  principe de droit constitutionnel : une Constitution démocratique est
forcément établie par une assemblée indépendante des pouvoirs en place

Une Constitution n’est pas octroyée au peuple par les puissants.  Elle est définie par le peuple lui-même, ou par des représentants choisis pour cette tâche précise, précisément pour se protéger de l’arbitraire des puissants.

À l’inverse, les institutions européennes ont été écrites (depuis cinquante ans) par les hommes politiques au pouvoir qui sont donc évidemment juges et parties : de droite comme de gauche, en fixant eux-mêmes les contraintes qui allaient les gêner tous les jours, ces responsables ont été conduits, c'est humain mais c'est aussi prévisible, à une dangereuse partialité.

C'est, là encore, un cas unique au monde, pour une démocratie.

Et on observe les résultats comme une caricature de ce qu'il faut éviter : un exécutif complètement libre de ses mouvements sur des sujets économiques choisis, presque tous les organes de l’Union irresponsables à leur niveau de décision, une apparence de démocratie avec des trompe-l'œil partout, de petits progrès montés en épingle, mais un recul réel des garanties contre l'arbitraire.

La seule voie crédible pour créer un texte fondamental équilibré et protecteur est une assemblée constituante, indépendante des pouvoirs en place, élue pour élaborer une Constitution, rien que pour ça, révoquée après, et respectant une procédure très publique et très contradictoire[41] (en droit, le mot "contradictoire" signifie que les points de vue opposés doivent pouvoir s’exprimer totalement).

C'est aux citoyens d'imposer cette procédure si les responsables politiques tentent de s'en affranchir.

La composition assez variée et riche en personnalités de grande valeur de la Convention Giscard n'est pas un argument satisfaisant : on reste à mille lieues d'une assemblée Constituante : ses membres n'ont pas été élus avec ce mandat, ses membres n'étaient pas tous indépendants des pouvoirs en place, et surtout ses membres n'avaient pas les pouvoirs pour écrire un nouveau texte, équilibré et démocratique : ils ne pouvaient que  valider, compiler (et légèrement modifier) les textes antérieurs écrits par des acteurs à la fois juges et parties[42].

De plus, la réécriture du texte, encore par les gouvernants au pouvoir, pendant une année après que la Convention a rendu sa proposition, est encore une énormité d’un point de vue constitutionnel[43].   Ce n’est pas au pouvoir en place d’écrire le droit du droit. L’État n’est pas le peuple.

 

En établissant une Constitution par voie de traité, procédure beaucoup moins contraignante qu’une lourde assemblée constituante, (publique, longuement contradictoire et validée directement par le peuple), les parlements et gouvernements, de droite comme de gauche, ont fait comme s’ils étaient propriétaires de la souveraineté populaire, et ce traité, comme les précédents, peut s’analyser comme un abus de pouvoir : nos élus, tout élus qu’ils sont, n’ont pas reçu le mandat d’abdiquer notre souveraineté. C’est au peuple, directement, de contrôler que les conditions de ce transfert, (à mon avis souhaitable pour construire une Europe forte et pacifiée), sont acceptables.

Je respecte profondément, bien sûr, tous les membres éminents de la Convention, mais je crois simplement qu’ils n’avaient pas mandat pour faire ce qu’ils ont fait.

On est d’ailleurs sidéré de voir de nombreux acteurs politiques de premier plan qui osent regretter tout haut que le TCE ait été soumis à référendum, en soulignant que tout ça aurait été moins compliqué et moins incertain avec le Parlement qui aurait voté ça comme un seul homme, sans même rien lire peut-être[44]  Que valent les peuples pour nos élites ?

À propos, les nombreux gouvernements qui ont fait ratifier ce texte par leur Parlement national[45], plutôt que par leur peuple (référendum), signent une véritable forfaiture : les peuples de ces pays sont ainsi privés à la fois du débat et de l’expression directe qui leur aurait permis de résister au recul démocratique qui les expose à l’arbitraire.

Quel moyen reste-t-il à ces citoyens pour résister à cette confiscation de leur souveraineté ?[46]   
Il y a une solution plus pacifique que l’émeute : un Non ferme et résolu du peuple français.

Ce mépris des peuples et de leurs choix réels est très révélateur du danger qui grandit dans la plus grande discrétion : nos élites, de droite comme de gauche, se méfient de la démocratie et nous en privent délibérément, progressivement et insidieusement.

 

Conclusion

Le TCE paraît donc dangereux à plusieurs titres. Que m’a-t-on répondu pour l’instant ?      
(Pardon pour les arguments encore oubliés, mais c’est un travail immense de compiler tout ça.)

Pour calmer mes craintes, on me parle de progrès, mais à la vérité tout est dans la référence qu'on prend pour évaluer le progrès : car en effet, si l'on prend la situation de Nice (que je tiens pour déplorable sur le plan démocratique), c'est effectivement "mieux", c'est un "progrès", et on comprend donc pourquoi on se réfère à ce texte pour nous vendre le TCE.

Mais si je me réfère à la démocratie nationale que je perds au profit de la "démocratie européenne" que je gagne, c'est objectivement un recul qu’on me demande d’entériner : recul sur la responsabilité des actes quotidiens de tous les pouvoirs, recul sur le contrôle du pouvoir exécutif sur ses (x) domaines réservés, recul sur les droits fondamentaux et surtout recul sur la politique économique imposée, très probablement cause du chômage endémique et de la croissance molle en Europe, et imposée clairement pour longtemps.

Or je rappelle que c'est la première fois en cinquante ans qu'on me demande mon avis : en tant que citoyen, je ne suis donc pas cosignataire de Nice, ni des traités précédents.  À Maastricht, on m’interrogeait sur la monnaie et les contraintes économiques, si je me souviens bien, pas ou peu sur l’équilibre et le contrôle des pouvoirs. Et pour les contraintes économiques (les critères de convergence), on s’était bien promis de faire le bilan. A-t-on fait ce bilan ? A-t-on de bonnes raisons d’être satisfaits des performances économiques de ces institutions pourtant à vocation plus économique que politique ? Relire Fitoussi et Généreux.

Pourquoi n'aurais-je donc à juger que du petit différentiel qui sépare Nice du TCE ?

Pourquoi n'aurais-je pas mon mot à dire ("moi", citoyen de base, évidemment) sur l'ensemble de ce fantastique coup de force des exécutifs nationaux, depuis cinquante ans, sur le contrôle citoyen des politiques menées ?

Je ne vois pas pourquoi il faudrait que le texte soumis au vote soit artificiellement circonscrit aux quelque 50 articles nouveaux du TCE.   

Quand je vois d'éminents experts prétendre qu'il n'y a que 60 pages à juger, 50 petits articles de rien du tout, prétendre que le reste existe déjà et se trouve donc hors du sujet, pas soumis au référendum, quand j'entends ça, je me dis, et j'ai l'impression que je ne suis pas tout à fait seul, qu’il est temps de se réveiller.

Si on refuse cette vue d'ensemble dont je parle, si cette période de cinquante ans est sacrée, promue intouchable, irréversible, si on impose Nice comme référence, alors, effectivement, le TCE est un "bon texte"  puisqu'"on progresse", mais il ne vous apparaît pas qu'il manque une petite partie de la démonstration ? qu’on nous impose ainsi de valider un chemin qui n’est pas bon ?

C'est vrai que c'est sans doute une erreur (pour ceux qui construisent cette Europe peu démocratique)  d'avoir qualifié le texte de Constitution  (ils nous ont mis la puce à l’oreille), et une autre erreur d'avoir proposé le texte par référendum à ces râleurs arrogants que sont les français, mais pour nous, citoyens, j'ai bien l'impression que ces deux erreurs nous donnent une chance historique, celle de voir plus clairement le danger et d'enfin résister.

Il y a quand même un progrès incontestable dans ce traité… C’est la nouvelle possibilité qui est offerte de s’échapper du piège : Article I-60-1 : « Le retrait volontaire de l'Union Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l'Union. ». Ce droit actuellement n’existe pas, ce qui fait du rejet du texte un enfermement dans un autre piège, celui de Nice. C’est gai…

Finalement, ce "traité constitutionnel" est un révélateur qui met en lumière ce qui se décide sans nous depuis longtemps.

D'une certaine façon, le loup est sorti du bois et les citoyens peuvent enfin voir le danger, et résister.

Une des grandes erreurs, probablement, c’est de faire passer l’économique avant le politique, c’est de renoncer à la possibilité d’agir, c’est de s’en remettre aveuglément aux marchés, c’est de confier la barre aux économistes alors qu’ils devraient rester dans les soutes pour faire tourner le moteur (c’est Bernard Maris, dans son savoureux antimanuel d’économie, qui le suggère en souriant).

En prônant la liberté comme une valeur supérieure, au lieu de la fraternité, en institutionnalisant la compétition, la concurrence, au lieu de la collaboration et l’entraide, en l’imposant dans le texte suprême à travers le dogme de la concurrence absolue, et finalement une morale du « chacun pour soi et contre tous », en détruisant la régulation par l’État, gardien de l’intérêt général, pour instaurer la régulation par le marché, somme d’intérêts particuliers, les économistes néolibéraux s’en prennent aux fondements de la démocratie pour, tout compte fait, affranchir les principaux décideurs économiques de tout contrôle.

La dérégulation systématique menée en Europe (par ses institutions, par sa politique et par le verrou de la Constitution non révisable), et plus généralement sur la terre entière (OMC, AGCS, ADPIC) est un recul de la civilisation, un retour vers la barbarie de la loi du plus fort[47].

Par optimisme, par crédulité, par indifférence, les peuples modernes laissent s'affaiblir leur bien le plus précieux, très rare sur cette planète, celui qui conditionne leur sérénité quotidienne : les différentes protections contre l'arbitraire des hommes forts, depuis le cœur des entreprises (droits sociaux) jusqu'à la patrie (institutions démocratiques contrôlées et révocables).

La démocratie n'est pas éternelle, elle est même extrêmement fragile. En la croyant invulnérable, nous sommes en train de la laisser perdre. 

Même après le refus de ce texte-là, il faudra se battre pour la garder, et continuer à militer pour imposer à nos représentants de construire une autre Europe, simplement démocratique.             Je n’ai pas d’alternative toute prête, peut-être d’autres en ont-ils.
                   Sinon, il faut l’imaginer et la construire.

Ce texte fondateur en trompe-l'œil est présenté aux citoyens à travers un débat lui aussi en trompe-l'œil[48].

De nombreux journalistes, en assimilant les opposants au texte à des opposants à l'Europe, font un amalgame malhonnête : la double égalité "Oui au traité=Oui à l'Europe, Non au traité=Non à l'Europe" est un mensonge insultant, une inversion de la réalité, un slogan trompeur jamais démontré, fait pour séduire ceux qui n'ont pas lu le traité et qui n'ont pas étudié les arguments, pourtant forts, de ceux qui s’opposent à ce traité précisément pour protéger la perspective d’une Europe démocratique.

Les journalistes sont un rempart essentiel, moderne, pour protéger la démocratie. Montesquieu ne pouvait pas prévoir l’importance capitale qu’ils allaient prendre, mais c’est certain : le pouvoir immense des journalistes mériterait lui-même un vrai contre-pouvoir (de ce point de vue, on peut sûrement se demander si on ne commet pas une grave erreur en laissant acheter et vendre les médias comme de simples marchandises) et leur responsabilité est ici historique.

Plus de 70% des temps de parole pour le Oui, moins de 30% pour le Non, tout un attirail qui ressemble à une propagande d’État, et ces questions bienveillantes quand on questionne un partisan du Oui, ces questions malveillantes quand on questionne un partisan du Non

Est-ce que ce projet est honnête pour nécessiter tant de ruses ?         
Consulter le dossier très riche en détails : http://www.acrimed.org/article1950.html

C'est, pour l'instant, l'Internet qui est le média le plus démocratique, non censuré, le meilleur outil pour résister. Si ce message vous semble utile, diffusez-le vite dans vos propres réseaux et au-delà de l’Internet, sur papier.

 

Conseil aux partisans du TCE (je ne peux pas les aider, je n’ai pas trouvé moi-même les arguments qui leur manquent ;o) : pour rassurer ceux qui sentent un grand danger dans le TCE, c’est une mauvaise réponse de souligner ce qui est bon dans le TCE : ça ne suffit pas à rassurer, évidemment. On ne signe pas un texte s’il contient ne serait-ce qu’une seule ligne inacceptable, quand bien même il contiendrait par ailleurs monts et merveilles. Et ce traité comporte de nombreux points inacceptables.

Il faut donc plutôt démontrer qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter, par exemple que chaque organe de l’Union est pleinement responsable de ses actes (au-delà du simple mécanisme électoral) dans toutes les phases de création du droit, que les politiques économiques ne sont pas aussi encagées qu’il y paraît, que les volontés à venir des peuples européens ont toutes les garanties d’être respectées… Cette démonstration devra bien sûr s’appuyer sur le texte plutôt que sur des incantations ou des imprécations injurieuses.

Quant aux opposants au traité, ils ne convaincront vraiment ceux qui, pour l’instant, votent oui en se bouchant le nez faute de mieux (il y en a tant…) qu’en proposant une alternative crédible, une perspective plausible.

La masse des messages que je reçois tous les jours a une unité, une cohérence, une force : quel que soit le bord politique (et ça vient vraiment de partout), le sentiment général est fondamentalement proeuropéen et exigeant sur la démocratie et le respect de la volonté des peuples. Et il y a beaucoup d’humanité et de générosité dans ces messages (à part les affreux qui m’insultent, mais ils sont rares).

J’y vois un socle (ou un germe de socle) pour que les politiques professionnels se ressourcent, se regroupent différemment, modifient leurs programmes, et imaginent un projet pour l’après non, une vraie Europe pour les hommes, pas pour les États.

On a bien deux ou trois ans pour rallier nos frères européens et engager cet élan partout, n’est-ce pas ? Et si c’était les peuples d’Europe qui réclamaient fermement aux partis politiques cette refondation démocratique, en partant de la base, communiquant à travers le net pour se passer le mot sans forcément respecter les clivages des partis ?  On peut rêver…

Je prends conscience, en effet, que ce sont les États (ou leur personnel politique ?) qui ne veulent pas de l’Europe et qui refusent les transferts de souveraineté.

Ne faut-il pas commencer par le commencement : demander aux 25 peuples s’ils veulent s’unir pour créer une République européenne ? Puis engager, seulement avec les pays qui le veulent, un vrai processus constituant, organisé par les pouvoirs en place mais indépendant d’eux ?

On peut y réfléchir, non ?


J’ai entendu à la radio, il y a quelques semaines, une phrase qui a fait mouche, qui depuis résonne sans cesse dans ma tête et qui me change.   Elle dit : on ne naît pas citoyen : on le devient.

 

Étienne Chouard, Trets (Marseille).
Texte mis à jour le 17 juin 2005.

Je répète ici que je n’ai absolument aucune autorité pour expliquer le droit communautaire que je découvre en ce moment, pas à pas (de surprise en surprise). 


Post scriptum (3 & 12 avril 2005) :

Ce texte a un succès inattendu et il a déjà suscité des milliers de réactions. Des centaines de messages me parviennent chaque jour, presque toujours enthousiastes, parfois critiques, ce qui m’a permis de progresser. Certaines questions, des doutes aussi, reviennent dans les messages et je voudrais ici, d’un mot, y répondre pour anticiper les prochaines.

Je suis professeur de droit, d'économie et d'informatique, en BTS, dans un lycée de Marseille, j'ai 48 ans, quatre enfants, je n'appartiens à aucun parti, syndicat ou association. Dans ma vie, j'ai fait beaucoup plus de parapente que de politique où je suis vierge, un débutant absolu qui s’est "réveillé" il y a six mois, et où je ne ferai pas de vieux os (le vol libre est une drogue dure qui me rappellera vite à elle).

Je ne suis donc le "sous-marin" de personne (question marrante reçue récemment). 

Je suis un simple citoyen, "de base"… :o)

J’ai reçu des propositions de publication sur des sites ou dans des revues que j’ai acceptées sans contrôler que la CIA ou le KGB n’agisse en sous-main. De nombreux sites ont déjà publié des liens vers ce texte, parfois sans m’en parler, et ils font bien.

Je voudrais anticiper sur les probables calomnies à venir, à base d’étiquetage politique hâtif en vue d’un discrédit facile. Je ne suis pas un homme politique, je n’aspire pas à le devenir, je ne prétends pas non plus être juriste pour imposer mon point de vue de façon prétentieuse mais pour expliquer ma démarche, d’ailleurs je ne suis pas vraiment juriste, j’ai surtout une formation de juriste, ce n’est, de toutes façons, pas important car  je voudrais que le débat reste concentré sur le fond des problèmes sans dériver sur de stériles et parfois malveillantes querelles de personne ou procès d’intention dont les commentateurs politiques ont le secret

Ne me rendez pas non plus responsable de tout ce que devient ce document, de toutes les prévisibles récupérations et déformations. Chacun comprendra qu’il m’échappe et vit sa vie tout seul… :o)

Je ne cherche à manipuler personne : je me trompe peut-être dans mon analyse, j’attends simplement qu’on me le démontre et un débat respectueux est toujours fertile : "de la discussion jaillit la lumière" me disait mon père quand j’étais petit.

S’il vous plaît, fiez-vous surtout aux idées et arguments, abordez le débat comme si votre interlocuteur était de bonne foi, sans noires arrière-pensées, et ne vous laissez pas polluer l’analyse par des considérations parasites.

Ce débat important appartient au commun des mortels, c'est la beauté de la démocratie, ne le laissez pas confisquer par les experts.  Lisez, réfléchissez et prenez la parole sans complexes   :o)

Ne me reprochez pas les erreurs éventuelles comme si j'étais malhonnête : elles sont prévisibles, prévues, et pas du tout définitives si on recherche sincèrement à identifier les vrais enjeux de ce traité : admettez que la tâche est rude avec ce texte complexe et sibyllin, et qu'on est beaucoup plus forts à plusieurs pour affiner une critique qui deviendra (peut-être) finalement irréfutable.       

Enfin, vous avez compris que ce texte évolue, s’améliore, au gré de vos contributions, il est donc daté. Pour le faire circuler, envoyez donc de préférence un lien vers le site, plutôt qu’un document pdf  figé, pour être sûr que ce soit la version la plus récente qui circule. 

J’exprime ici un chaud merci aux milliers de personnes qui, c’est émouvant je peux vous dire, m’ont exprimé leur enthousiasme depuis que j’ai lancé cet appel au débat comme on jette une bouteille à la mer.  Je voulais un débat, je suis servi :o)

Merci aussi à tous ceux qui, profondément en désaccord avec mes analyses iconoclastes, m’ont écrit des mails splendides, très argumentés, respectueux et comprenant ma crainte sans pourtant la partager. Ces interlocuteurs de toutes origines me font beaucoup progresser, je change, j’essaie de leur répondre individuellement mais je n’y arrive plus comme je voudrais, je dois avoir 1 500  mails de retard (4 000 à la mi mai)…        
Ne m’en veuillez pas, c’est juste impossible, vous êtes trop nombreux.

Merci à tous pour votre écoute attentive et bienveillante :o)

ÉC
BIBLIOGRAPHIE

Parmi les livres et articles que j’ai lu depuis six mois, tous profondément proeuropéens, certains aident particulièrement à se forger une opinion construite et solidement argumentée sur ce texte complexe, et plus généralement sur la construction européenne et la dérégulation mondiale :

·  Raoul Marc Jennar, docteur en sciences politiques, chercheur pour le compte de l’ONG OXFAM, « Europe, la trahison des élites », 280 pages, décembre 2004, Fayard : pour un réquisitoire rigoureux et passionnant. Une étude consternante des rouages européens et des dérives foncièrement antidémocratiques de cette Europe qui ment tout le temps.  Comment la défense des intérêts privés des grands groupes a d’ores et déjà pris la place de celle de l’intérêt général. Les chapitres sur l’OMC, l’AGCS et l’ADPIC sont absolument é-di-fiants. Un livre essentiel, à lire d’urgence.   
Tous les journalistes, par exemple, devraient avoir lu ce livre.

·  Laurent Lemasson, diplômé de l’IEP de Paris, docteur en droit public et sciences politiques, chargé de cours à l’ESSEC, a écrit un article captivant « Constitution européenne : l’Europe y trouve-t-elle son compte ? », 15 déc. 2004 : une lectrice m’a envoyé cette référence il y a quelques jours et je pense que c’est l’analyse la plus finement argumentée, la plus pénétrante qu’il m’ait été donné de lire sur la question de l’équilibre et du contrôle des pouvoirs. À lire absolument, ça va vous passionner. C’est sur le site le d’institut Thomas More : http://www.institut-thomas-more.org/showNews/24.    

·  À 15 jours du scrutin, un jeune homme vient d’écrire un argumentaire, passionnant, serré, convaincant qui s’intitule « témoignage d’un revenu du oui, suivi d'un inventaire d'arguments inédits en faveur du Non », par Thibaud de La Hosseraye.  C’est à http://www.ineditspourlenon.com/.

·  « Douze économistes contre le projet de constitution européenne », par Gilles Raveaud, docteur en économie et enseignant (Institut d’études européennes, Université Paris VIII, et onze autres : une analyse remarquable, très argumentée, du projet actuel de l’Union, plus économique que politique, à lire :
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2231 et http://econon.free.fr/index.html

·  Paul Alliès, « Une constitution contre la démocratie ? Portrait d’une Europe dépolitisée », 223 pages, mars 2005, Climats : ce professeur de sciences politiques à l’Université de Montpellier I rappelle d’abord les fondements de la démocratie, parmi lesquels un authentique processus constituant, et explique ensuite que le projet de TCE interdit à l’Europe de devenir une véritable puissance politique,  sonne le glas d’un gouvernement économique  et plus grave encore, d’un fonctionnement démocratique.

·  Stéphane Marchand, « L’Europe est mal partie », 361 pages, février 2005, Fayard : ce journaliste au Figaro a un style agréable à lire, il nous raconte l’Europe politique d’une façon vivante, il défend une Europe des cercles. Un livre optimiste malgré son titre, vraiment intéressant.

·  « La nouvelle Union européenne. Approches critiques de la constitution européenne », 182 pages, avril 2005, éd. XF de Guibert. Sous la direction d’Olivier Gohin et Armel Pécheul, préface de Jean Foyer, tous professeurs de l’Université : ce petit livre important regroupe les analyses de neuf jeunes constitutionnalistes universitaires et argumente de façon rigoureuse sur les vices rédhibitoires du TCE au regard de la démocratie. (rapport du colloque du 12 mars 2005, disponible sur commande, 3 rue JF Gerbillon 75006 PARIS).

·  Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, a écrit dans le Monde, le 11 mars 2005, un article qui résume bien l’essentiel : « Qui veut de la post-démocratie ? » : un article court (une page) et percutant : http://decrypt.politique.free.fr/constitution/lemonde.shtml.           

·  Jean-Paul Fitoussi, économiste distingué, Professeur des Universités à l'Institut d'Études Politiques de Paris, Président du Conseil Scientifique de l'IEP de Paris, Président de l'OFCE et Secrétaire général de l'Association Internationale des Sciences Économiques, propose : « La Politique de l’impuissance », 160 pages, janvier 2005, Arléa : un passionnant petit livre d’entretiens avec Jean-Claude Guillebaud pour comprendre comment l’Europe abandonne sciemment la démocratie et renonce à l’intervention économique des États. En nous rappelant la chronologie des grandes décisions, on comprend quelle progression insensible nous a conduit là. Fitoussi est d’une rigueur étonnante, un grand personnage de l’analyse économique.

·  Raoul Marc Jennar, « Quand l’Union Européenne tue l’Europe », 40 pages, janvier 2005 : une brochure résumant un argumentaire serré contre le "traité constitutionnel". Également un DVD où Jennar présente lui-même, de façon pédagogique, très posée, trois exposés sur l’AGCS, la directive Bolkestein et le traité constitutionnel. On y sent très fortement la terrifiante cohérence qui relie ces textes. Documents importants disponibles sur www.urfig.org.

·  Jacques Généreux, économiste, professeur à Sciences Po, « Manuel critique du parfait Européen – Les bonnes raisons de dire "non" à la constitution », 165 pages, février 2005, Seuil : encore un excellent petit livre, très clair, vivant, incisif, très argumenté, avec une tonalité à la fois économique et très humaine.
Encore un enthousiasmant plaidoyer pour une vraie Europe !

·  « Contre rapport – l’Europe des démocraties », par un groupe de conventionnels qui ont refusé de signer le projet de TCE, jugé comme « allant à l’encontre de tous les principes démocratiques », pour une série de raisons qui méritent d’être étudiées. Voir l’annexe III, pages 21 à 24 :        
http://europa.eu.int/constitution/futurum/documents/contr...

·  Dominique Strauss-Kahn, « Oui ! Lettre ouverte aux enfants d’Europe », 173 pages, oct. 2004, Grasset : un petit livre facile à lire qui défend bien les points forts du Traité, avec un style énergique, agréable à lire. Il tempête contre les opposants au traité en insistant sur les avancées qu’on perdrait avec un Non, mais il ne les rassure pas sur les points inacceptables du texte.

·  Laurent Fabius, « Une certaine idée de l’Europe », 125 pages, nov. 2004, Plon : un petit livre sans longueurs, agréable à lire, qui résume bien ce qui n’est pas acceptable et qui dédramatise le Non.

·  Yves Salesse, membre du Conseil d’État, « Manifeste pour une autre Europe », 120 pages, janvier 2005, Le Félin : un argumentaire précis, rigoureux, constructif. Agréable à lire et très instructif.

·  Yves Salesse a également rédigé un article plus court qui résume en 10 pages son analyse : « Dire non à la "constitution" européenne pour construire l’Europe » :        
http://www.fondation-copernic.org/Flash-septembre2004.pdf.

·  Un document passionnant de Raoul Marc Jennar, daté d’avril 2004, intitulé « Combien de temps encore Pascal Lamy ? » : on y comprend rapidement ce qu’est en fait « l’indépendance » de la Commission, l’incroyable perméabilité des commissaires aux pressions extérieures, on découvre l’imbuvable ADPIC (accord sur les droits de propriété intellectuelle) et ses implications en matière de médicaments, on y retrouve le révoltant AGCS (accord général sur le commerce des services). Il faut lire cet article important : http://politique.eu.org/archives/2004/04/11.html.

·  Un petit film d’une demi-heure résume de façon pédagogique les griefs contre le TCE recensés par Jennar, Salesse et Cassen : clip téléchargeable à http://www.fondation-copernic.org/

·  Valéry Giscard d’Estaing, « présente la Constitution pour l’Europe », 396 pages, sept. 2003, Albin Michel : l’introduction est intéressante car elle décrit les travaux de la Convention, les difficultés rencontrées, les choix effectués. Le plus gros du livre est le texte du TCE mais avec une ancienne numérotation.

·  Olivier Duhamel, « Pour l’Europe, le texte intégral de la Constitution expliqué et commenté », Seuil 2004 : une explication de texte de première main, par un grand professeur de droit constitutionnel qui a participé à la Convention et à l’écriture du TCE.

·  Ces temps-ci, une source majeure d’information non censurée, très orientée politiquement (à gauche), mais absolument foisonnante, est le site portail www.rezo.net. J’y trouve chaque jour au moins un document intéressant.

·  Bernard Maris, « Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie », novembre 1999, Albin Michel : pour une démonstration de l’imposture de "l’indispensable guerre économique", avec un parallèle très convaincant avec la guerre de 1914 : comme d’habitude, la guerre n'est pas inévitable, et ceux qui poussent à faire la guerre ne sont pas ceux qui se battent et qui souffrent.  Un bel appel à la désertion.      
À mettre en parallèle avec la religion de la concurrence (compétition) sans entrave, rabâchée par le "traité constitutionnel" qui, finalement, monte les États et les peuples les uns contre les autres, à coups de dumping social, fiscal, et environnemental.

·  Bernard Maris, « Anti-manuel d’économie », 355 pages, octobre 2003, Bréal : un livre important et savoureux pour comprendre l’ineptie du dogme de la religion du marché et de la concurrence. Un livre qui remet de la chair et du sang dans les théories économiques, qui fait l’éloge de la collaboration et de la gratuité. Passionnant, souvent drôle. Un livre formidable, à lire et à relire. Un économiste enthousiasmant.

·  Agnès Bertrand et Laurence Kalafatides, « OMC, le pouvoir invisible », 325 pages, juillet 2003, Fayard : un livre palpitant et éclairant pour comprendre les objectifs et les moyens de cette énorme machine à déréguler que sont le GATT puis l’OMC, outils de contrainte pour les États mais jamais pour les entreprises. Ce livre permet de ressentir fortement la parfaite cohérence qui existe entre les objectifs et les influences de l’OMC et ceux de la construction européenne actuelle. À lire en priorité.

·  Joseph E. Stiglitz, « La grande désillusion », 324 pages, sept. 2003, Fayard : un pavé dans la mare : un grand économiste libéral, patron de la banque mondiale, qui a travaillé avec les plus grands hommes de ce monde, et qui décrit en détail le dogmatisme aveugle et criminel des technocrates libéraux du FMI et ses conséquences sur les économies et les peuples.  Un style soigné, 0% de matière grasse.  Un grand bouquin, une référence. À lire en priorité.

·  Pour comprendre la logique d’ensemble de ce qui prend forme au niveau planétaire, il faut lire l’article à la fois terrifiant et lumineux de Lori M. Wallach, « Le nouveau manifeste du capitalisme mondial », dans Le Monde diplomatique de février 1998, à propos de l’Accord Multilatéral sur l’investissement (AMI), (une de ces « décisions Dracula », appelées ainsi parce qu’elles ne supportent pas la lumière, tellement elles sont évidemment inacceptables) : http://www.monde-diplomatique.fr/1998/02/WALLACH/10055.    
On y perçoit clairement, comme grâce à une caricature, la logique qui sous-tend de nombreux textes et accords essentiels en préparation aujourd’hui : AGCS, Construction européenne libérale, OMC, ADPIC, directive Bolkestein, etc.  La parenté de tous ces textes devient évidente : un redoutable « air de famille ».

·  Serge Halimi, « Le grand bond en arrière, comment l’ordre libéral s’est imposé au monde », 618 pages, mars 2004, Fayard : un gros bouquin qui permet de comprendre comment on en est arrivé là. On retrouve cette cohérence d’ensemble, et on ne lit plus le TCE de la même façon après avoir lu Jennar et Halimi. On change. On a l’impression de se réveiller. Référence passionnante.

·  Robert Joumard et Christian Darlot, enfin, simples citoyens comme moi apparemment, ont fait la même démarche : ils ont beaucoup lu, digéré, résumé, rassemblé, organisé tout ça avec talent pour faire deux synthèses un peu longues, comme la mienne, mais vraiment très intéressantes.           
Deux documents très bien faits à : http://institut.fsu.fr/chantiers/europe/traite_constit/jo... et Liens.


 

Mise au point importante (21 avril 2005)

Je viens d’apprendre que des hommes politiques se font interpeller dans leurs meetings par des citoyens qui leur demandent : « Que répondez-vous à Étienne Chouard, prof de droit à Marseille qui dit (citation de Chouard) » 

Je viens aussi de recevoir un fichier pdf carrément intitulé « Fac de droit Marseille », avec la version du 25 mars qui suit derrière ce titre inventé, cette première version qui contenait encore de gênantes erreurs (sur la Turquie et la durée du traité de Nice, notamment).

Je comprends mieux les messages furieux de quelques profs de fac qui crient à l’imposture.

Si ça tourne comme ça, ils ont raison, il ne faut pas du tout me lire comme si j’étais un spécialiste de droit international, il ne faut pas me présenter comme ça, c’est un malentendu : je n’ai rigoureusement aucune autorité pour dire le droit communautaire, et je commets, comme tout le monde en ce moment parce que le texte n’est pas simple, des erreurs.

Je précise dès mon introduction qu’il y a encore six mois, « comme tout le monde », je m’occupais peu de l’Europe et je ne connaissais donc pas grand-chose au droit communautaire. Je dis partout que je peux me tromper et que je cherche précisément à progresser. Il est paradoxal, et c’est vrai, dangereux pour la qualité de l’information de tous, que je passe après seulement 15 jours pour « le prof de fac de droit public qui fait autorité ».

Ce malentendu m’est imputable par le style que j’employais au début, mais ce document n’était pas destiné à la terre entière. L’enchaînement rapide des faits a, lui aussi, créé ce malentendu.

Il est essentiel de rétablir la réalité de mon message qui est en train d’aller, sans que j’y puisse grand-chose, bien au-delà de ce que j’imaginais au départ : voyez, pour me comprendre, la page Avertissement de mon site, que j’ai actualisée hier matin.

Les interpellations publiques devraient plutôt être ainsi formulées : « Que répondez-vous à Étienne Chouard, citoyen à Marseille qui dit (citation) ».

Je parle en citoyen. J’ai d’ailleurs retiré dans cette version de mon texte (trop tard, je le reconnais, je n’avais pas vu le problème) cette litanie « N’est-ce pas la mission des profs… ? ».

 

J’insiste : il y a en ce moment un grand débat qui s’amplifie entre citoyens, pour mieux décrypter ce texte complexe qui sera peut-être notre Constitution. Je vois tous les jours, à travers des centaines de messages, des gens qui découvrent aujourd’hui l’importance d’une Constitution dans leur vie quotidienne et qui se plongent dans le TCE.

Je trouve remarquable que les citoyens de base s’investissent autant dans le texte qui dit pour eux le droit du droit.

Je regrette que le temps nous manque pour mieux échanger entre nous.

 

S’il vous plaît, faites disparaître les anciennes versions de mon texte et discutons de bonne foi sur l’état actuel de nos réflexions respectives.

 

Notre échange me fait vraiment évoluer, c’est une réalité.

Je prends conscience d'une irresponsabilité quasi générale dans cette "Europe-qui-a-besoin-d'une-Constitution-pour-être-plus-forte". Je constate aussi le peu d’importance donnée aux citoyens pour infléchir les politiques qui régissent leurs vies. Oui, nous avons évidemment besoin d'une Constitution. Mais celle-là protège-t-elle vraiment les peuples censés s'unir pour se renforcer ?

On a vraiment un problème de rapport démocratique entre les peuples et leurs élites.

Que ce texte est compliqué à évaluer… et quelle maladie grave il révèle pour notre Cité.

 


NOTES

 



[1]   Je suis professeur d’Éco-Gestion au lycée Marcel Pagnol à Marseille, en BTS. J’ai été longtemps prof de droit civil, commercial et constitutionnel en Terminale, et prof de droit fiscal en BTS Compta. Aujourd’hui, je suis devenu essentiellement professeur d’informatique et je suis aussi administrateur du réseau de 150 PC de mon lycée.
J’invoque mon métier de professeur pour qu’on comprenne mon goût d’expliquer, pas du tout pour me servir d’un argument d’autorité que je ne mérite pas. En effet, je ne suis pas prof de fac, pas prof de droit public, pas spécialisé en droit constitutionnel. Mais ma formation de juriste (maîtrise) m’a donné le goût du droit et je parle ici en simple citoyen, étonné par l’absence de débat constaté au début de l’année 2005. Je commets sans doute des erreurs, mais je les corrige si on me les signale.
Je prétends que les citoyens eux-mêmes, tout ignorants du droit communautaire qu’ils sont, comme moi, devraient être invités à réfléchir à leur Constitution
, et que ce texte devrait être élaboré par des représentants élus pour ça, avec un programme politique adapté à la circonstance. À mon avis, ce débat-là ne doit pas être confisqué par les spécialistes. Il le sera finalement peut-être.
Ce texte « Une mauvaise constitution… » m’échappe aujourd’hui complètement. Tout ce que je peux faire, et c’est l’idée de départ, c’est corriger mes erreurs ou les mauvaises formulations et le compléter parfois, au gré de mes lectures qui se poursuivent et des innombrables conseils de mes lecteurs bienveillants.

[2]   Durée d’application du texte : Art. IV-446 : « Le présent traité est conclu pour une durée illimitée. »

[3]   Liste des domaines où l’Europe est compétente : Article I-13 : « Les domaines de compétence exclusive : §1. L'Union dispose d'une compétence exclusive dans les domaines suivants: a) l'union douanière; b) l'établissement des règles de concurrence nécessaires au fonctionnement du marché intérieur; c) la politique monétaire pour les États membres dont la monnaie est l'euro; d) la conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique commune de la pêche; e) la politique commerciale commune. §2. L'Union dispose également d'une compétence exclusive pour la conclusion d'un accord international lorsque cette conclusion est prévue dans un acte législatif de l'Union, ou est nécessaire pour lui permettre d'exercer sa compétence interne, ou dans la mesure où elle est susceptible d'affecter des règles communes ou d'en altérer la portée. » Article I-14 : « Les domaines de compétence partagée : (…) §2. Les compétences partagées entre l'Union et les États membres s'appliquent aux principaux domaines suivants: a) le marché intérieur; b) la politique sociale, pour les aspects définis dans la partie III; c) la cohésion économique, sociale et territoriale; d) l'agriculture et la pêche, à l'exclusion de la conservation des ressources biologiques de la mer; e) l'environnement; f) la protection des consommateurs; g) les transports; h) les réseaux transeuropéens; i) l'énergie; j) l'espace de liberté, de sécurité et de justice; k) les enjeux communs de sécurité en matière de santé publique, pour les aspects définis dans la partie III. (…)».

Parmi les compétences exclusives, voirl’art.I-13, §1 : « e) la politique commerciale commune. »…
Les parlements nationaux sont ainsi totalement dépouillés, par exemple, de la moindre capacité d’influencer les accords commerciaux internationaux (AGCS, ADPIC et autres avatars de l’OMC), alors que la vie des citoyens est promise à des bouleversements majeurs à l’occa­sion de ces accords qui se préparent dans la plus grande discrétion.

[4]   Force supérieure des normes européennes sur toutes les autres normes, nationales et internationales : Art. I-6 : « La Constitution et le droit adopté par les institutions de l'Union, dans l'exercice des compétences qui sont attribuées à celle-ci, priment le droit des États membres. » 
C’est la première fois qu’un traité européen qui se veut Constitution énonce expressément cette règle et, surtout, rien n’impose à la Cour de Justice Européenne (CJE), seul arbitre au final (sans recours), d’interpréter ce texte de façon restrictive comme l’a fait notre Conseil Constitutionnel (CC, 19 nov. 2004, 505 DC) : il est même hautement probable qu’elle lui donne toute sa portée possible, c’est-à-dire que la moindre norme européenne primera jusqu’à la Constitution des États membres. Voir la passionnante analyse de Frédéric Rouvillois, professeur à l’Université » de Paris V, dans le chapitre 1 « Le double jeu du Conseil constitutionnel » du petit livre "La nouvelle Union européenne. Approches critiques de la Constitution européenne", (éditions XF de Guibert).
Art. I-12 : « §1. Lorsque la Constitution attribue à l'Union une compétence exclusive dans un domaine déterminé, seule l'Union peut légiférer et adopter des actes juridiquement contraignants, les États membres ne pouvant le faire par eux-mêmes que s'ils sont habilités par l'Union, ou pour mettre en oeuvre les actes de l'Union. ».
Voir aussi « La primauté du droit communautaire sur la constitution française : l’abrogation implicite de la Constitution », par Armel Pécheul, professeur à l’Université d’Angers (20 p.), chap. 3 du même livre "La nouvelle UE. Approches critiques …", (XF de Guibert) :
« Dans sa décision n°2004-505 DC du 19 nov. 2004, le Conseil Constitutionnel affirme simplement que la constitutionnalisation du principe de primauté ne va pas au-delà de ce que requiert actuellement la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE).
Mais, précisément, c’est déjà beaucoup. La Cour de Luxembourg a effectivement déjà tout dit sur ce sujet et ce qu’elle a dit est essentiel puisqu’elle impose la primauté du droit communautaire sur les Constitutions nationales ! »
Un peu plus loin, p. 54, Armel Pécheul rappelle l’arrêt Tanja Kreil du 11 janvier 2000 (CJCE, aff. C-285/98, Rec. I, p. 69) où une simple directive du Conseil de 1976 s’est imposée à des dispositions spécifiques et expresses de la Constitution allemande (article 12) et dans un domaine qui n’était pas communautarisé puisqu’il s’agissait du domaine de la défense.
Je cite Armel Pécheul, dans sa conclusion d’un argumentaire rigoureux : « l’essence de la Constitution française, l’ADN, les dispositions spécifiques et expresses, les dispositions inhérentes à sa structure fondamentale ne sont plus protégées par le gardien de la Constitution [le Conseil Constitutionnel]. Celui-ci en a donné les clefs aux juges européens. Elles ne dépendent pas plus du pouvoir constituant puisque le peuple français est appelé à confirmer cet abandon par la ratification du Traité. Alors oui, l’essentiel est bien remis en cause, c’est-à-dire comme le dit le Président Mazeaud l’existence même de la Constitution française. »
Quelles sont les différentes normes prévues par le TCE ?
Art. I-33 : « Les actes juridiques de l'Union : Les institutions, pour exercer les compétences de l'Union, utilisent comme instruments juridiques, conformément à la partie III, la loi européenne, la loi-cadre européenne, le règlement européen, la décision européenne, les recommandations et les avis.
• La loi européenne est un acte législatif de portée générale. Elle est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.
• La loi-cadre européenne est un acte législatif qui lie tout État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances nationales la compétence quant au choix de la forme et des moyens.
• Le règlement européen est un acte non législatif de portée générale pour la mise en oeuvre des actes législatifs et de certaines dispositions de la Constitution. Il peut soit être obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre, soit lier tout État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances nationales la compétence quant au choix de la forme et des moyens.
La décision européenne est un acte non législatif obligatoire dans tous ses éléments. Lorsqu'elle désigne des destinataires, elle n'est obligatoire que pour ceux-ci.
[Voir autre note, un peu plus loin, sur ce point]
• Les recommandations et les avis n'ont pas d'effet contraignant. »

[5]   Voir les arguments d’Olivier Gohin, dans le chapitre 4 du petit livre "La nouvelle Union européenne. Approches critiques de la Constitution européenne", éd. XF de Guibert.

Certains professeurs vont plus loin : « la personnalité juridique de l’Union, instituée par l’art. I-7 », selon François-Guilhem Bertrand, professeur émérite à l’Université de Paris XI, « doit se lire avec l’arrêt du 31 mars 1971 de la Cour de Justice AETR qui décide que la personnalité donnée à l’Europe efface celle des États membres et leur interdit de se manifester lorsque l’Europe s’exprime » (même ouvrage).

C’est peut-être exagéré, C’est peut-être la réalité, c’est peut-être bien ou mal, je n’ai pas de certitude là-dessus, mais on pourrait au moins en débattre, au lieu de faire comme si de rien n’était et de parler du sexe des anges comme cette Charte ou ce droit de pétition qui n’imposent quasiment rien à personne.

[6]   On retrouvera la plupart de ces principes, entre autres, dans le livre de Paul Alliès, professeur de sciences politiques à l’Université de Montpellier I, « Une constitution contre la démocratie ? Portrait d’une Europe dépolitisée ».   Encore un livre absolument passionnant.  Extrait (chaque mot compte) :
« La construction européenne a mis silencieusement en péril la tradition de souveraineté populaire qui justifiait l’exercice du pouvoir par les autorités étatiques, leurs décisions n’étant qu’une émanation du peuple souverain. Elle l’a fait de deux façons : d’un côté, le droit constitutionnel européen ignore le moindre souverain constituant ; si bien que les décisions des autorités sont imputées à une entité, l’Union, qui n’est pas une communauté politique. D’un autre côté, il est de plus en plus difficile d’imputer les normes nationales, déduites des normes européennes, au peuple que les Constitutions de chacun des pays membres proclament souverain.
Nous entrons donc dans un système inédit, celui de l’Union où ni les traités en vigueur ni la Constitution ne mentionne aucun « souverain ». Aucun de ces textes n’a su désigner une source légitime du pouvoir de l’Union pour mieux faire semblant de respecter l’héritage d’une souveraineté populaire nationalement morcelée État par État. Le problème n’est pas là de savoir si sociologiquement, ou culturellement, un peuple européen existe. Il est de trancher la nature politique de l’Union à travers le fondement du pouvoir qu’elle contient. Jusqu’ici, le pouvoir constituant inventait un peuple et le faisait vivre.  Désormais, une Constitution invente une autorité sans sujet ni fin. » (page 57)

[7]   Constitution européenne : Comment se procurer le texte intégral ?
http://www.constitution-europeenne.fr
À lire avant de voter :
a/ Le traité établissant une Constitution pour l’Europe - 349 pages.
b/ Les protocoles et annexes I et II - 382 pages. Document nommé "Addendum 1 au document CIG 87/04 REV 1.
c/ Les déclarations à annexer à l’acte final de la CIG et l’acte final - 121 pages. Doc. Nommé "Addendum 2 au document CIG 87/04 REV 2.         Total : 349 + 382 + 121 = 852 pages dans la version fin 2004.
La version actuellement disponible (mi avril 2005) est désormais plus compacte : un seul fichier pdf : 485 pages.  En écrivant serré, en petite taille, et sur des grandes pages de journal, on peut tout faire tenir en moins de cinquante pages.
À titre de comparaison, les Constitutions françaises et américaines font chacune environ 20 pages.
Autres unités de mesure, moins sujettes à variation typographique, les mots et les caractères : la Constitution européenne contient 70 904 mots, soit 14,7 fois plus que la Constitution française, et 441 895 caractères (contre 46 515).

Argument quantitatif des défenseurs du traité : « Pour réunir 450 millions de personnes, le texte fondateur ne peut pas être court. »La seule raison de cette longueur extravagante (448 articles) est la troisième partie, inutile d’en chercher les raisons ailleurs.  Intéressé par cette approche quantitative, je suis allé chercher la constitution de l’Inde, un milliard d’individus, et j’ai trouvé… 151 articles ;o)   http://www.oefre.unibe.ch/law/icl/in00000_.html.
De son côté, la Constitution des USA, 300 millions de personnes, tient en 7 articles.    

Enfin, un lien intéressant qui permet de comparer de nombreuses constitutions à travers le monde :
http://mjp.univ-perp.fr/constit/constitintro.htm

[8]   Pourtant, malgré sa longueur, tout n’y figure pas : une information aussi essentielle que la définition des SIEG, services d’intérêt économique général, (cités aux art. II-96, III-122, III-166), à ne pas confondre avec les services publics, ne figurent pas dans les 485 pages : il faut, dans cet exemple, consulter le "livre blanc" de la Commission pour apprendre que les SIG et SIEG ne sont pas synonymes de "services publics" :
http://europa.eu.int/comm/secretariat_general/services_ge... , p. 23 : « Il  convient de souligner que les termes "service d'intérêt général" et "service d'intérêt économique général" ne doivent pas être confondus avec l'expression "service public" (…) ».

[9]   Il faut lire toutes les pages jusqu’au bout : l’interprétation de la Charte des droits fondamentaux est décrite en dehors de la Constitution elle-même, dans un texte qui s’appelle Déclaration 12 : le préambule de la Charte prévoit que « Dans ce contexte, la Charte sera interprétée par les juridictions de l'Union et des États membres en prenant dûment en considération les explications établies sous l'autorité du praesidium de la Convention qui a élaboré la Charte. » 
Dans cette déclaration n°12, on trouve parfois le contraire de ce que la Charte affirme haut et fort.
Ainsi, après qu’ait été affirmé le droit à la vie et l’interdiction de la peine de mort dans l’article II-62 de la Charte, l’article 2 de la déclaration n°12, page 435 (qui parle de texte lisible ?) précise : «La mort n'est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d'un recours à la force rendu absolument nécessaire:
a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale;
b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l'évasion d'une personne régulièrement détenue;
c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection
Le même article précise aussi : « «Un État peut prévoir dans sa législation la peine de mort pour des actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre; une telle peine ne sera appliquée que dans les cas prévus par cette législation et conformément à ses dispositions...».  On constate donc que tout n’est pas dit dans la Charte elle-même et qu’il faut bien lire toutes les pages.

[10]Le danger des « actes non législatifs », qui permettent aux organes non parlementaires (non élus) de créer librement des règles contraignantes de portée générale, a été dénoncé par le contre rapport des conventionnels jugeant le TCE non démocratique. Un document intéressant, à lire à :
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=14058
Pour les actes juridiques de l’Union, voir l’art. I-33, note ci-dessus.

[11]Extrait du cours de droit administratif de J. Morand-Deviller (éd. Montchrestien), page 256 : « C'est un problème préoccupant que l'inflation des textes, de plus en plus bavards et confus. Cette inclination, si préjudiciable à la sécurité juridique et contraire à la belle rigueur du droit français, a été dénoncée en des termes énergiques dans le rapport public du Conseil d'État pour 1991 : "surproduction normative… logorrhée législative et réglementaire… Qui dit inflation dit dévalorisation : quand le droit bavarde, le citoyen ne lui prête plus qu'une oreille distraite… Si l'on n'y prend garde, il y aura demain deux catégories de citoyens : ceux qui auront les moyens de s'offrir les services d'un expert pour détourner ces subtilités à leur profit, et les autres, éternels égarés du labyrinthe juridique, laissés-pour-compte de l'État de droit."  Le Conseil Constitutionnel a fait du principe de "l'accessibilité" et de 'l'intelligibilité de la loi" un objectif à valeur constitutionnelle (décision du 16 décembre 1999). »

[12]Des livres entiers ont été écrits pour dénoncer fortement cette institutionnalisation du néolibéralisme
C’est vrai qu’il faut les lire pour comprendre leurs arguments :o)
On peut citer quelques articles qui portent en eux le néolibéralisme (le néolibéralisme pouvant se résumer à la dépossession des États de leur moyens d’intervention économique au profit de la liberté individuelle, qui débouche finalement invariablement sur la loi du plus fort) :

·   Article I-3.2 "L'Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, et un marché intérieur où, la concurrence est libre et non faussée."
Si l’on comprend « non faussée par les grands groupes », on ne peut qu’acquiescer.
Mais si l’on comprend « non faussée par l’État », on voit le néolibéralisme trouver ici des racines institutionnelles.

·   L’indépendance de la BCE, c’est une dérégulation, c’est priver les États du levier monétaire pour gouverner, c’est du libéralisme doctrinaire, à un degré unique au monde. (Article I-30  et III-188).

·   Un budget minuscule (1,27%) et l’impossibilité pour le Parlement d’augmenter ce budget (pas de pouvoir parlementaire sur les recettes), c’est la garantie d’une Europe relativement pauvre donc peu interventionniste, c’est néolibéral.

·   Article III-314 :L’Union contribue (…) à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu'à la réduction des barrières douanières et autres. 
Cet article interdit aux États d’interdire, ce qui s’appelle la dérégulation, c’est de l’ultra libéralisme. L’expression apparemment anodine « et autres » est nouvelle par rapport à Nice et permet toutes les dérives futures : suppression des barrières sociales, environnementales, etc.

·   Article III-148 :Les États membres s'efforcent de procéder à la libéralisation des services au-delà de la mesure qui est obligatoire (…) si leur situation économique générale et la situation du secteur intéressé le leur permettent. 
On demande à chaque État d’être "plus royaliste que le roi", carrément par principe.
Si ce n’est pas de l’ultra libéralisme, ça…
Je rappelle que le contexte mondial est l’OMC et l’AGCS qui dérégulent méthodiquement toute la planète et qui finiront par tuer tous les services publics ainsi que toute forme de résistance des États contre les grandes firmes. Est-il urgent que la Constitution européenne confirme et amplifie cette épouvantable tendance ?

·   Article III-156 : les restrictions tant aux mouvements de capitaux qu'aux paiements entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.
Encore une interdiction d’interdire, encore un levier d’action important dont sont privés les États membres, encore le néolibéralisme… Pour le bien de qui ? Pour le peuple ?
Chacun peut noter
la force impérative (qui ne laisse que peu de place à l’interprétation jurispruden­tielle) qu’il y a dans cette disposition à vocation économique et qui fait bien défaut dans les grands beaux principes des parties I et II.

·   Article III-167.1 :Sauf dérogations prévues par la Constitution, sont incompatibles avec le marché intérieur, dans la mesure où elles affectent les échanges entre États membres, les aides accordées par les États membres ou au moyen de ressources d'État sous quelque forme que ce soit qui faussent ou qui menacent de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions.
L’interdiction d’aider tout acteur, sous quelque forme que ce soit, devient le principe central. C’est encore une marque du néolibéralisme qui vise progressivement l’affaiblissement de l’État providence, même si des exceptions sont encore prévues dans l’alinéa suivant (pour combien de temps ?).

·   Article 178 :Les États membres et l'Union agissent dans le respect du principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources (…)
« C’est une loi fondamentale de la théorie économique néolibérale qui entre dans le traité : l’économie de marché libre assure l’allocation efficace des ressources. C’est aussi faux, insensé et politiquement choquant que d’écrire que la planification centrale de l’économie assure une allocation efficace des ressources. » (Jacques Généreux, prof à Sciences Po, p. 88).

·   Le comble est atteint avec l’article III-131 dont on se demande s’il faut en rire ou en pleurer : en cas de guerre ou de tension internationale grave constituant une menace de guerre… (c’est grave) …les États membres se consultent (jusque là, on est d’accord), en vue de prendre en commun les dispositions nécessaires (ils font bien…) pour éviter que le fonctionnement du marché intérieur ne soit affecté par les mesures qu'un État membre peut être appelé à prendre en cas de troubles intérieurs graves affectant l'ordre public…
Ça ne s’invente pas : même en cas de guerre, il est interdit aux États d’interdire, pour protéger le saint marché, et les autres États s’en portent garants.  Plus dogmatique, comme libéralisme, tu meurs !

     J’arrête les citations d’articles parce que la partie III est simplement truffée de ce libéralisme qui suinte partout et qui ligote les États membres. Chacun peut le constater en lisant le texte.

     Le fait que des ultras extrémistes outre-Manche réclament encore plus et rejettent ce traité parce qu’il n’est pas assez libéral n’est pas la démonstration que le TCE n’est pas une bible libérale. Chacun doit lire le texte et constater le sort qu’on fait aux États et à leur pouvoir d’intervention.

     Comme le démontre bien Jacques Généreux (prof à Sciences Po), « au total, la prétendue Constitution pour l’Europe nous promet une compétition toujours plus dure et une exposition croissante aux méfaits sociaux et écologiques de la guerre économique. »

     Le libéralisme débridé, c’est le dogme de la responsabilité individuelle, c’est "chacun pour soi et contre tous", la négation de la civilisation et de l’humanisme.

     Le néolibéralisme doctrinaire est juste aussi redoutable pour les hommes que le collectivisme aveugle.

     À propos, j’ai trouvé la vraie définition de l’expression (trompeuse) « économie sociale de marché ». Frédéric Lordon rappelle fort opportunément la génèse de ce vocable dans son passionnant document « Le mensonge social de la Constitution », http://www.sociotoile.net/article104.html, p. 8 et suiv. où l’on découvre que cette expression désigne un libéralisme extrême, plus encore que celui d’Hayek lui-même, et où le mot social  n’a rigoureusement rien à voir avec ce que les français y devinent. "Ce social là n’est que l’effet du marché lui-même et pas autre chose, certainement pas une régulation qui lui serait adjointe de l’extérieur." Il faut lire ce texte de Lordon, il est fort, il éclaire bien l’aspect profondément  doctrinaire du TCE (voir ma page ‘Liens et docs’ sur http://etienne.chouard.free.fr/Europe/index.htm).

[13]Indépendance et missions de la banque centrale : art. I-30 : « §1 (…) La Banque centrale européenne et les banques centrales nationales des États membres dont la monnaie est l'euro, qui constituent l'Eurosystème, conduisent la politique monétaire de l'Union. §2. Le Système européen de banques centrales est dirigé par les organes de décision de la Banque centrale européenne. L'objectif principal du Système européen de banques centrales est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de cet objectif, il apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l'Union pour contribuer à la réalisation des objectifs de celle-ci. Il conduit toute autre mission de banque centrale conformément à la partie III et au statut du Système européen de banques centrales et de la Banque centrale européenne. §3. La Banque centrale européenne est une institution. Elle a la personnalité juridique. Elle est seule habilitée à autoriser l'émission de l'euro. Elle est indépendante dans l'exercice de ses pouvoirs et dans la gestion de ses finances. Les institutions, organes et organismes de l'Union ainsi que les gouvernements des États membres respectent cette indépendance. » et art. III-188 : « ni la Banque centrale européenne, ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou organismes de l'Union, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme. »

[14]Voir JP Fitoussi, Professeur des Universités à l'Institut d'Études Politiques de Paris, Président du Conseil Scientifique de l'IEP de Paris, Président de l'OFCE et Secrétaire général de l'Association Internationale des Sciences Économiques, entretiens avec JC Guillebaud, « La politique de l’impuissance », 2005, Arléa :

- JCG : « Vous êtes en train de dire qu’au fond, obsédé par la lutte contre l’inflation, on a littéralement consenti au chômage. »
- JPF : « Pis que ça ! On a dans une première phase instrumentalisé le chômage pour combattre l’inflation. Chaque "banquier central" de la planète sait que, dès qu’il augmente les taux d’intérêts, il met au chômage une partie des catégories les plus vulnérables de la population. Non seulement il le sait, mais c’est précisément pour ça qu’il le fait. Pourquoi augmente-t-on les taux d’intérêts ? Parce qu’on est persuadé que la demande est trop forte et que les entreprises produisant à pleine capacité ne pourraient la satisfaire qu’en augmentant leurs prix. La douche froide des taux d’intérêts réduit ainsi la demande et incite les entreprises à licencier. » (p. 45)   
(…)
- JCG : « Que pensez-vous des deux arguments martelés à cette époque [après 1982] à propos de l’inflation et du respect des grands équilibres ? Premièrement on a dit qu’il était légitime (y compris moralement) de lutter contre l’inflation parce qu’elle pénalisait les plus pauvres ; deuxièmement, qu’il fallait maintenir les grands équilibres par simple respect et générosité pour les générations à venir, afin de ne pas faire peser une charge trop lourde sur la tête de nos enfants. On a habillé, en quelque sorte, cette politique d’un discours de générosité… »
- JPF : « C’était un double mensonge. En augmentant les taux d’intérêts, et surtout en les maintenant à un niveau élevé une fois l’inflation vaincue, on savait qu’on favorisait ceux qui détiennent le capital financier, et que l’on excluait de l’accès aux biens durables (qui exigent un recours à l’emprunt) les catégories les plus vulnérables de la population. (…) Le second mensonge, c’est qu’en augmentant les taux d’intérêt on faisait du service de la dette un des postes les plus importants du budget de l’État. » (P. 46)

- JPF : « Que l’orientation des politiques économiques de l’Union soit, pour l’essentiel, indépendante de tout processus démocratique est à la fois contraire aux traditions politiques des peuples européens, et dangereux pour l’efficacité économique de l’ensemble. » (p. 72)

- JPF : « En forçant le trait, on pourrait affirmer que le « gouvernement économique » de l‘Europe se rapproche à s’y méprendre d’un despote éclairé qui, à l’abri des pressions populaires, chercherait le bien commun au travers de l’application d’une doctrine rigoureuse – le libéralisme -, supposée supérieure à toutes les autres en termes d’efficacité économique. La démocratie ne serait donc pas le système politique le mieux à même d’appréhender l’intérêt général ; elle placerait les gouvernements en position de vulnérabilité devant les pressions des populations en faveur de la redistribution.  Le pouvoir a ainsi changé de mains. Les politiques ont préféré le confier à des agences indépendantes.  (…)

Mais il est vrai aussi que, dès l’origine, la construction européenne fut l’œuvre d’une démocratie des élites, plutôt que de la démocratie tout court. Cependant les élites ont changé (…) aujourd’hui elles ont tendance à assimiler le bien public au marché.»


La suite est édifiante… Un petit livre important, à lire…

[15]Pacte de stabilité : art. III-184 (2 pages) et art. 1 du protocole n°10 sur la procédure concernant les déficits excessifs « Les valeurs de référence visées à l'article III-184, paragraphe 2, de la Constitution sont les suivantes: a) 3 % pour le rapport entre le déficit public prévu ou effectif et le produit intérieur brut aux prix du marché; b) 60 % pour le rapport entre la dette publique et le produit intérieur brut aux prix du marché. »  Voir aussi la note précédente.

[16]Interdiction de fausser la concurrence : cette interdiction est partout dans le texte, elle est formelle et contraignante, y compris pour les entreprises publiques :
Art. III-166 : « §1. Les États membres, en ce qui concerne les entreprises publiques et les entreprises auxquelles ils accordent des droits spéciaux ou exclusifs, n'édictent ni ne maintiennent aucune mesure contraire à la Constitution, notamment à l'article I-4, paragraphe 2 [non discrimination], et aux articles III-161 à III-169 [règles de concurrence].
§2. Les entreprises chargées de la gestion de services d'intérêt économique général ou présentant le caractère d'un monopole fiscal sont soumises aux dispositions de la Constitution, notamment aux règles de concurrence, dans la mesure où l'application de ces dispositions ne fait pas échec à l'accomplissement en droit ou en fait de la mission particulière qui leur a été impartie. Le développement des échanges ne doit pas être affecté dans une mesure contraire à l'intérêt de l'Union. §3. La Commission veille à l'application du présent article et adopte, en tant que de besoin, les règlements ou décisions européens appropriés. »
Article III-167 : « §1. Sauf dérogations prévues par la Constitution, sont incompatibles avec le marché intérieur, dans la mesure où elles affectent les échanges entre États membres, les aides accordées par les États membres ou au moyen de ressources d'État sous quelque forme que ce soit qui faussent ou qui menacent de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions. »

[17]« La politique de l’impuissance » : voir le petit livre lumineux de Jean-Paul Fitoussi (économiste de premier plan) qui démontre cette dépossession progressive des responsables politiques par méfiance de la démocratie. Voir extrait plus haut. 
Voir aussi le livre enthousiasmant de Jacques Généreux, Professeur à Sciences Po, « Manuel critique du parfait européen » qui proteste, lui aussi, contre le sabordage des outils européens d’intervention économique, et contre le dogmatisme aveugle qui soutient cette folie unique au monde. On lit ce livre sans pouvoir s’arrêter…

[18] « Douze économistes contre le projet de constitution européenne », par Gilles Raveaud, docteur en économie et enseignant (Institut d’études européennes, Université Paris VIII, et onze autres : une analyse remarquable, très argumentée, du projet actuel de l’Union, projet plus économique que politique, à lire : http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2231  et  http://econon.free.fr/index.html

[19]Procédure de révision ordinaire : art. IV-443.3 : « Une Conférence des représentants des gouvernements des États membres est convoquée par le président du Conseil en vue d'arrêter d'un commun accord les modifications à apporter au présent traité. Les modifications entrent en vigueur après avoir été ratifiées par tous les États membres conformément à leurs règles constitutionnelles respectives. »

[20]Rappel : l’article  28 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de l’an I de la République française (1793) précisait : « Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut pas assujettir à ses lois les générations futures. »

[21]Procédure de révision simplifiée :
art. IV-444 : « 1. Lorsque la partie III prévoit que le Conseil statue à l'unanimité dans un domaine ou dans un cas déterminé, le Conseil européen peut adopter une décision européenne autorisant le Conseil à statuer à la majorité qualifiée dans ce domaine ou dans ce cas.
Le présent paragraphe ne s'applique pas aux décisions ayant des implications militaires ou dans le domaine de la défense.
2. Lorsque la partie III prévoit que des lois ou lois-cadres européennes sont adoptées par le Conseil conformément à une procédure législative spéciale, le Conseil européen peut adopter une décision européenne autorisant l'adoption desdites lois ou lois-cadres conformément à la procédure législative ordinaire.
3. Toute initiative prise par le Conseil européen sur la base des paragraphes 1 ou 2 est transmise aux parlements nationaux. En cas d'opposition d'un parlement national notifiée dans un délai de six mois après cette transmission, la décision européenne visée aux paragraphes 1 ou 2 n'est pas adoptée. En l'absence d'opposition, le Conseil européen peut adopter ladite décision.
Pour l'adoption des décisions européennes visées aux paragraphes 1 et 2, le Conseil européen statue à l'unanimité, après approbation du Parlement européen, qui se prononce à la majorité des membres qui le composent. »

[22]Voir la passionnante analyse de Laurent Lemasson, diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris, titulaire d’un doctorat en Droit Public et Sciences Politiques et chargé de cours à l’Essec, « Constitution européenne : l’Europe y trouve-t-elle son compte ? », document à lire sur le site de l’institut Thomas More : http://www.institut-thomas-more.org/showNews/24.  Pour le risque d’extension des pouvoirs des institutions de leur propre initiative et sans l’accord direct des peuples, voir page 10.

[23]Procédure de ratification pour l’entrée d’un nouvel État dans l’UE : Article I-58 : « Critères d'éligibilité et procédure d'adhésion à l'Union : (…) §2. Tout État européen qui souhaite devenir membre de l'Union adresse sa demande au Conseil. Le Parlement européen et les parlements nationaux sont informés de cette demande. Le Conseil statue à l'unanimité après avoir consulté la Commission et après approbation du Parlement européen, qui se prononce à la majorité des membres qui le composent. Les conditions et les modalités de l'admission font l'objet d'un accord entre les États membres et l'État candidat. Cet accord est soumis par tous les États contractants à ratification, conformément à leurs règles constitutionnelles respectives. » Ces derniers mots font dépendre du droit national la procédure de ratification de l’entrée d’un nouveau membre.
En février 2005, le Parlement français, réunis en Congrès, a changé la Constitution française pour que cette ratification soit forcément soumise au référendum : article 2 de la loi de révision : « I. – Le titre XV de la Constitution est complété par un article 88-5 ainsi rédigé : "Art. 88-5. – Tout projet de loi autorisant la ratification d’un traité relatif à l’adhésion d’un État à l’Union européenne et aux Communautés européennes est soumis au référendum par le Président de la République." »  Quand le texte précise « est soumis », c’est obligatoire (en droit, l’indicatif vaut impératif).

[24]Je renvoie encore à la lecture de l’excellent article de Laurent Lemasson, page 5 :
http://www.institut-thomas-more.org/showNews/24

[25]Exclusivité de l’initiative des lois pour l’exécutif :
Article I-26 : « (…) §2. Un acte législatif de l'Union ne peut être adopté que sur proposition de la Commission, sauf dans les cas où la Constitution en dispose autrement.
Les autres actes sont adoptés sur proposition de la Commission lorsque la Constitution le prévoit. »
 
Donc, pour les actes non législatifs (voir note suivante), la norme est l’initiative libre : même pas besoin de la Commission si la Constitution ne le prévoit pas expressément.

[26]Domaines exclusifs, où l’exécutif peut légiférer seul :
Le principe de la codécision :
art. I-34, §1 : « Les lois et lois-cadres européennes sont adoptées, sur proposition de la Commission, conjointement par le Parlement européen et le Conseil conformément à la procédure législative ordinaire visée à l'article III-396. Si les deux institutions ne parviennent pas à un accord, l'acte en question n'est pas adopté.
Les exceptions à la codécision (dans les deux sens) :
art. I-34, §2 : Dans les cas spécifiques prévus par la Constitution, les lois et lois-cadres européennes sont adoptées par le Parlement européen avec la participation du Conseil ou par celui-ci avec la participation du Parlement européen, conformément à des procédures législatives spéciales
La « participation » pouvant être la simple consultation (non contraignante), le principe de la possibilité de "lois sans Parlement" semble donc ici acquis (première surprise), mais aucune liste claire (et donc contrôlable) n’est précisée (deuxième surprise).

[27]Un outil politique antidémocratique ? Les décisions européennes :
Article I-33 : Les actes juridiques de l'Union : [rappel]
« (…) Le règlement européen est un acte non législatif de portée générale pour la mise en oeuvre des actes législatifs et de certaines dispositions de la Constitution. Il peut soit être obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre, soit lier tout État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances nationales la compétence quant au choix de la forme et des moyens.
La décision européenne est un acte non législatif obligatoire dans tous ses éléments. Lorsqu'elle désigne des destinataires, elle n'est obligatoire que pour ceux-ci. »
Et quand elle ne désigne pas des destinataires ?... Pourrait-on expliquer aux citoyens quelle est la différence avec une loi, à part la source ? On dirait qu’il n’y en a aucune. Pour l’instant, je dirais que les décisions ressemblent diablement à des « lois sans parlement » (pauvre Montesquieu) :
Article I-35 : Les actes non législatifs :
1. Le Conseil européen adopte des décisions européennes dans les cas prévus par la Constitution.
2. Le Conseil et la Commission, notamment dans les cas prévus aux articles I-36 et I-37, ainsi que la Banque centrale européenne dans les cas spécifiques prévus par la Constitution, adoptent des règlements ou décisions européens.
On note que le Parlement est exclu (par définition ? Alors pourquoi ne pas avoir exclu aussi le Conseil des Ministres qu’on nous présente comme une « chambre haute » composant le pouvoir législatif ?) de ces "actes non législatifs" et alors que les auteurs de ces normes sont rarement élus et souvent hors contrôle.  Les « actes non législatifs » ont été décriés comme antidémocratiques par certains conventionnels auteurs d’un « Contre rapport » qui juge le TCE comme « allant à l’encontre de tous les principes démocratiques ».  Voir l’annexe III, pages 21 à 24 :     
http://europa.eu.int/constitution/futurum/documents/contr...

[28]Qui nomme les commissaires :
l’art. I-19 établit que l’expression "Conseil" sans autre précision désigne le Conseil des ministres : « —le Conseil des ministres (ci-après dénommé «Conseil »), ».
L’art. I-27.2 qui décrit la désignation des commissaires parle de "Conseil" sans autre précision :
« 2.Le Conseil, d'un commun accord avec le président élu, adopte la liste des autres personnalités qu'il propose de nommer membres de la Commission. »   Quel Conseil ?Le paragraphe précédent de l’article 27 fait référence au Conseil Européen (pour nommer le Président de la Commission) : « 1.En tenant compte des élections au Parlement européen, et après avoir procédé aux consultations appropriées, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose au Parlement européen un candidat à la fonction de président de la Commission. Ce candidat est élu par le Parlement européen à la majorité des membres qui le composent. Si ce candidat ne recueille pas la majorité, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose, dans un délai d'un mois, un nouveau candidat,qui est élu par le Parlement européen selon la même procédure. »  On peut se demander quel est le Conseil dont il est question au paragraphe 2 : qui nomme les membres de la Commission ?

[29]Laurent Lemasson, diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris, titulaire d’un doctorat en Droit Public et Sciences Politiques et chargé de cours à l’Essec, « Constitution européenne : l’Europe y trouve-t-elle son compte ? », document à lire sur le site de l’institut Thomas More :
http://www.institut-thomas-more.org/showNews/24.

[30]Censure de la Commission par le Parlement :
Article I-26.8 : 8 : « La Commission, en tant que collège, est responsable devant le Parlement européen. Le Parlement européen peut adopter une motion de censure de la Commission conformément à l'article III-340.Si une telle motion est adoptée, les membres de la Commission doivent démissionner collectivement de leurs fonctions et le ministre des Affaires étrangères de l'Union doit démissionner des fonctions qu'il exerce au sein de la Commission. »
Article III-340 : « Le Parlement européen, saisi d'une motion de censure sur la gestion de la Commission, ne peut se prononcer sur cette motion que trois jours au moins après son dépôt et par un scrutin public. Si la motion de censure est adoptée à la majorité des deux tiers des suffrages exprimés et à la majorité des membres qui composent le Parlement européen, les membres de la Commission doivent démissionner collectivement de leurs fonctions et le ministre des Affaires étrangères de l'Union doit démissionner des fonctions qu'il exerce au sein de la Commission. (…) »

[31]Apparemment, il n’y a pas de liste des domaines réservés à l’exécutif législateur  (Montesquieu fait la toupie dans sa tombe avec des expressions pareilles), c’est-à-dire les domaines réservés d’une part grâce aux exceptions à la codécision (I-34-§2), et d’autre part grâce à l’existence même des décisions européennes (I-33 et I-35) : il faut partir à la pêche dans les 485 pages pour trouver les articles qui prévoient une procédure législative spéciale (sans le Parlement), ou bien le pouvoir de créer du droit par "décision" (sans le Parlement).

Ces domaines étant en quelque sorte une zone franche de contrôle parlementaire, on aimerait pourtant savoir simplement quelles sont les matières concernées.

Ne trouvant pas ce que je cherchais dans mes 485 pages du texte original, j’ai trouvé les explications suivantes sur http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2157 : « Les 21 domaines dont le Parlement est exclu et où le Conseil des ministres décide seul  sont d’une importance décisive : le marché intérieur, l’essentiel de la Politique Agricole Commune, le Tarif Douanier Commun, la Politique Étrangère et de Sécurité Commune, la politique économique, la politique sociale, la fiscalité... ».

Interrogé sur les sources de cette affirmation, l'auteur Jean-Jacques Chavigné m’a rapidement donné les n° d’articles précis en commentant : « il ne sera jamais écrit noir sur blanc que le Parlement est exclu de la décision. Il faudra comprendre qu’il est exclu lorsqu’un article de la Constitution précisera que c’est le Conseil décide et/ou que le Parlement sera simplement consulté. (JJC) »

Opacité incroyable du texte suprême qui devrait pourtant être absolument clair, on comprend bien ici pourquoi.  JJC continue : « Voilà donc les domaines (ou les parties de domaine) les plus importants où le Conseil décide seul et où le Parlement n’est pas co-décideur : (JJC jusqu’à la fin de la note) »

Politique Étrangère et de Sécurité Commune :
Article III-295 : Alinéa 1 :« Le Conseil européen définit les orientations générales de la politique étrangère et de sécurité commune, y compris pour les questions ayant des implications en matière de défense ».
Article III-300, Alinéa 1 :« Les décisions européennes visées au présent chapitre sont adoptées par le Conseil statuant à l’unanimité ».
Alinéa 2 :« Par dérogation au paragraphe 1, le Conseil statue à la majorité qualifiée ».
Le rôle du Parlement est défini à
l’article III-304 : Alinéa 1 :« Le ministre des affaires étrangères de l’Union consulte et informe le Parlement européen… »
Alinéa 2 : « Le Parlement européen peut adresser des questions ou formuler des recommandations… »

Marché intérieur :
Article III-130-3 :
« Le Conseil, sur proposition de la Commission adopte les règlements ou décisions européens… »

Tarif Douanier Commun :
Article III-151-5 :« Le Conseil sur proposition de la Commission adopte les règlements ou décisions européens qui fixent les droits du tarif douanier commun ».

Concurrence :
Article III-163 : « Le Conseil, sur proposition de la Commission, adopte les règlements européens pour l'application des principes fixés aux articles III-161 et III-162 [règles de concurrence]. Il statue après consultation du Parlement européen. »
Le Conseil s’occupe des « règlements », et le Parlement aura les « recommandations ».
Est-ce qu’on s’est préoccupé de la séparation et du contrôle des pouvoirs ?

Politique Agricole Commune :
Article III-231 : Alinéa 2 :« La loi ou loi-cadre européenne établit l’organisation commune des marchés… »
L’expression « Loi-cadre européenne », sans autre précision, signifie que la procédure législative ordinaire, définie à l’article III-396 s’applique. Il s’agit alors d’une co-décision du Conseil et du Parlement européen. Ce qui est un progrès par rapport aux traités précédents.

Mais :
Alinéa 3 :« Le Conseil sur proposition de la Commission adopte les règlements ou décisions européens relatifs à la fixation des prix, des prélèvements, des aides et des limitations quantitatives… ». Le Conseil décide donc seul, sur proposition de la Commission, des prix, des aides, des quotas

Fiscalité :
Article III-171 :« Une loi-cadre européenne du Conseil établit les mesures concernant l’harmonisation des législations relatives aux taxes sur le chiffre d’affaires, aux droits d’accises et autres impôts indirects, pour autant que cette harmonisation soit nécessaire pour assurer l’établissement ou le fonctionnement du marché intérieur et éviter des distorsions de concurrence. Le Conseil statue à l’unanimité, après consultation du Parlement européen et du Comité économique et social ».

Social :
Il faut distinguer trois niveaux :
1er niveau : domaine de co-décision :
Article III-210-1 :
a- L’amélioration du milieu de travail…
b- Les conditions de travail.
e- L’information et la consultation des travailleurs.
h- l’intégration des personnes exclues du marché du travail
i- L’égalité entre hommes et femmes.
j- La lutte contre l’exclusion sociale
k- La modernisation des systèmes de protection sociale, sans préjudice du point c.
2ème niveau : le Conseil décide seul :
Article III-210-3 :« … dans les domaines visés au paragraphe 1, point c, d, f et g, la loi ou loi-cadre européenne est adoptée par le Conseil statuant à l’unanimité, après consultation du Parlement européen… »
c- la sécurité sociale et la protection sociale des travailleurs.
d- La protection des travailleurs en cas de résiliation du contrat de travail.
f- La représentation et la défense collective des intérêts des travailleurs et des employeurs y compris la cogestion, sous réserve du  paragraphe 6.
g- Les conditions d’emploi des ressortissants de pays tiers se trouvant en séjour régulier sur le territoire de l’Union.
3ème niveau : l’Union (que ce soit le Conseil seul ou le Parlement avec le Conseil) n’est pas compétente :
Article III-210-6 :
« Le présent article ne s’applique ni aux rémunérations, ni au droit d’association, ni au droit de grève, ni au lock-out… »
Ce qui rend impossible tout Smic européen.
Ce qui vide de son contenu l’article II-210-3-f.
Ce qui vide de son contenu l’article II-88 : le droit de grève ne pourra être imposé par l’Union à un Etat-membre qui ne le prévoirait pas ou le retirait de sa législation. Ce qui a l’avantage de ne pas, non plus, imposer le « lock out » à une législation nationale qui (telle la législation française) ne le reconnaîtrait pas. (JJC)

[32]La CJE : pierre angulaire du TCE ? La CJE joue à la fois le rôle de Cour de Cassation et de Conseil constitutionnel. En France, le CC est nommé pour partie par le Sénat, l’AN et le Psdt de la République, ce qui permet à chaque pouvoir de se retrouver un peu dans le tribunal suprême. Rien de tel en Europe : le Parlement n’intervient pas dans la nomination des juges qui dépendent directement de l’exécutif.
On lira dans le livre de Paul Alliès, professeur de droit constitutionnel et de sciences politiques à l’Université de Montpellier, « Une constitution contre la démocratie », des explications passionnantes (pages 121 et s.) sur le danger que constitue la Cour de Justice Européenne (CJE), ex CJCE :
« La CJE s’est érigée peu à peu en véritable Cour suprême de l’Union. (…)
La CJE comprend toujours un juge par État membre désigné par eux. (…) Ces juges sont donc nommés dans la plus grande discrétion, à l’opposé de ce qu’on connaît aux États-Unis où la procédure de confirmation par le Sénat donne une publicité maximale à leur sélection. (…) Ils sont privés de garantie d’inamovibilité. Leur mandat est de six ans, ce qui est très bref, d’autant plus qu’ils sont renouvelables. Ce double caractère est traditionnellement considéré comme contraire à l’indépendance des juges qui peuvent ainsi avoir le souci de ne pas déplaire à l’autorité à laquelle ils doivent leur nomination et leur carrière. On comprend aisément que les gouvernements soient attachés à ce dispositif.
Ils ont repoussé, lors de l’adoption du traité de Maastricht, une proposition du Parlement européen qui voulait porter à douze ans la durée du mandat sans réélection possible.
 »  (page 122)  (…)

« C’est par la voie d’autres recours [que le « recours en manquement »] que la cour s’est imposée comme cour constitutionnelle. Par le « recours en annulation », elle est appelée à contrôler la conformité des actes de toutes les institutions européennes, y compris la Banque centrale, à la demande de l’une d’entre elles. Par le « recours en carence », elle peut imposer à une institution l’obligation d’appliquer un acte normatif, à la demande des organes de l’Union, des États membres et des personnes privées. Enfin et surtout, par le « recours préjudiciel » introduit par le traité de Rome, elle accueille les saisines des juridictions nationales confrontées à des contentieux concernant des particuliers et incluant des questions de droit communautaire.
Elle détient donc le monopole de l’interprétation centralisée et unifiée du droit européen en général, ainsi que de celui de son application obligatoire par toutes les composantes de l’Union, des États membres, y compris leurs juridictions nationales. » (page 123)

Paul Alliès prend ensuite l’exemple de la laïcité pour illustrer l’immense danger d’un gouvernement des juges : « L’article II-70 (…) est en contradiction absolue avec le droit français de la laïcité depuis un siècle. (…) Au terme de l’art. II-112, la CJE devra interpréter la Charte au regard des explications (…) du Praesidium de la Convention. (…) Voici donc que le socle de la laïcité dépend de la sagesse de la CJE. (…) Bref, tous les éléments sont réunis pour que (…) la Cour crée un droit spécifique en matière de sécularisation au sein de l’Union. (…) Le secret des délibérations et l’absence de publicité des « opinions dissidentes » n’incitent pas à l’optimisme. » (Page 132)

[33]La Commission peut être censurée par le Parlement, en bloc : voir note 30 ci-dessus.
Un commissaire peut aussi être « démissionné » par le président de la Commission (lui-même entériné par le Parlement) : art. 1-27, dernier § : « Un membre de la Commission présente sa démission si le président le lui demande. ».
Mais ni le Conseil des ministres, ni le Conseil européen, ne sont responsables devant personne.
Le Conseil européen nomme les membres de la Commission (art.1-27 §2), seul le Président de la Commission est "élu" par le Parlement (art. 1-27 §1) sur proposition du Conseil européen. Ce n’est pas le parlement qui choisit le Président. Le parlement n’est pas responsable non plus : personne ne peut le dissoudre.

[34]Yves Salesse, membre du Conseil d’État, « Manifeste pour une autre Europe », pages 36 et s. :

« Le pouvoir de la Commission est surestimé. En droit comme en fait, ce pouvoir est fondamentalement détenu par le Conseil des Ministres. (…) La Commission n’est pas dépourvue de pouvoir, mais elle est subordonnée au premier. Elle est composée de politiques et de fonctionnaires des États qui n’ont pas rompu avec ceux-ci. (…) Ainsi, non seulement le pouvoir de la Commission est subordonné, mais la tendance n’est pas à son renforcement. Elle est au contraire au développement de l’emprise des États.
Lorsqu’ils prétendent avoir été surpris par une décision, ils mentent.

La méconnaissance du pouvoir des États a des conséquences politiques. Elle exonère les gouvernements de leur responsabilité dans les décisions européennes. Ils sont les premiers à propager : « C’est pas nous, c’est Bruxelles
. »

[35]Voir de bonnes explications sur l’AGCS sur le site www.urfig.org (par Raoul Marc Jennar).

[36]Voir le détail de l’humiliation infligée par Pascal Lamy aux parlementaires qui voulaient consulter les documents préparatoires pour l’AGCS dans le livre passionnant de Raoul Marc Jennar, « Europe, la trahison des élites », pages 64 et s., et notamment 70 et 71.
Voir aussi un passionnant article de Jennar intitulé « Combien de temps encore Pascal Lamy ? », à propos des deux accords AGCS et ADPIC : http://politique.eu.org/archives/2004/04/11.html.

[37]Noëlle Lenoir, alors ministre française déléguée aux affaires européennes du gouvernement Raffarin, a déclaré : « il suffira de rassembler un million de signatures en Europe pour obliger la Commission à engager une procédure législative » (Le Monde, 30 octobre 2003).

[38]Droit de pétition : art. I-47, §4 : « Des citoyens de l'Union, au nombre d'un million au moins, ressortissants d'un nombre significatif d'États membres, peuvent prendre l'initiative d'inviter la Commission, dans le cadre de ses attributions, à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu'un acte juridique de l'Union est nécessaire aux fins de l'application de la Constitution. La loi européenne arrête les dispositions relatives aux procédures et conditions requises pour la présentation d'une telle initiative citoyenne, y compris le nombre minimum d'États membres dont les citoyens qui la présentent doivent provenir. »  On est vraiment à mille lieues du référendum d’initiative populaire (suisse, américain ou vénézuélien) qu’on fait miroiter aux électeurs.

[39]Pour le détail des reculs des droits fondamentaux par rapport au droit en vigueur : voir Raoul Marc Jennar, « Europe, la trahison des élites », pages 102 et s.
Voir aussi le point de vue d’Alain Lecourieux, « L’illusion des droits fondamentaux dans la Constitution européenne » : http://www.eleves.ens.fr/attac/Lecourieux-droits-fondam.pdf
Voir aussi la thèse de Anne-Marie Le Pourhiet, professeur à l’Université Rennes I : « Les valeurs et objectifs de l’Union », dans le livre "La nouvelle UE. Approches critiques de la Constitution européenne".
Voir aussi Jacques Généreux, dans son « manuel critique du parfait européen », pages 113 et s. : aucune avancée des droits sociaux.

[40]Article II-111 : « Champ d'application [de la Charte] :
1. Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux États membres uniquement lorsqu'ils mettent en oeuvre le droit de l'Union. En conséquence, ils respectent les droits, observent les principes et en promeuvent l'application, conformément à leurs compétences respectives et dans le respect des limites des compétences de l'Union telles qu'elles lui sont conférées dans les autres parties de la Constitution.
2. La présente Charte n'étend pas le champ d'application du droit de l'Union au-delà des compétences de l'Union, ni ne crée aucune compétence ni aucune tâche nouvelles pour l'Union et ne modifie pas les compétences et tâches définies dans les autres parties de la Constitution.

Article II-112 : Portée et interprétation des droits et des principes [de la Charte] :
1. Toute limitation de l'exercice des droits et libertés reconnus par la présente Charte doit être prévue par la loi et respecter le contenu essentiel desdits droits et libertés. Dans le respect du principe de proportionnalité, des limitations ne peuvent être apportées que si elles sont nécessaires et répondent effectivement à des objectifs d'intérêt général reconnus par l'Union ou au besoin de protection des droits et libertés d'autrui.
2. Les droits reconnus par la présente Charte qui font l'objet de dispositions dans d'autres parties de la Constitution s'exercent dans les conditions et limites y définies. 
[Cet alinéa fait de la Charte une partie inférieure aux autres parties, et pas l’inverse]
3. Dans la mesure où la présente Charte contient des droits correspondant à des droits garantis par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, leur sens et leur portée sont les mêmes que ceux que leur confère ladite convention. Cette disposition ne fait pas obstacle à ce que le droit de l'Union accorde une protection plus étendue.
4. Dans la mesure où la présente Charte reconnaît des droits fondamentaux tels qu'ils résultent des traditions constitutionnelles communes aux États membres, ces droits doivent être interprétés en harmonie avec lesdites traditions.
5. Les dispositions de la présente Charte qui contiennent des principes peuvent être mises en œuvre par des actes législatifs et exécutifs pris par les institutions, organes et organismes de l'Union, et par des actes des États membres lorsqu'ils mettent en oeuvre le droit de l'Union, dans l'exercice de leurs compétences respectives. Leur invocation devant le juge n'est admise que pour l'interprétation et le contrôle de la légalité de tels actes. »


J’ai reçu cet après-midi un mail formidable : un espagnol nommé Rodrigo, avocat à Bruxelles, ancien professeur de droit communautaire et fervent partisan du TCE, il parle un français impeccable. Avec un respect parfait, presque déjà de l’amitié, il me dit qu’il est enthousiaste pour ce que je fais en ce moment même s’il n’est absolument pas d’accord avec moi. Puis il m’explique en long, en large et en travers pourquoi c’est excessif de dire que l’article 111-2 "stérilise" la Charte. Je lis attentivement ses explications, je les recoupe avec ce que dit Paul Alliès (c’est l’interprétation de la CJE qui fera la force ou pas de la Charte, et cette force est potentielle, mais réelle)… OK, je retire de mon texte le paragraphe « 111-2 stérilisant » et je ne garde que le recul sur le fond (plutôt moins de droits que plus) et de simples réserves sur la force de la partie.  Après, on s’est parlé une heure au téléphone. C’est un exemple, très chaleureux, des échanges que suscite ce débat. On n’est pas obligés de s’empailler sur ce sujet, on survivra au oui comme au non, on peut rêver ensemble d’une autre Europe.

[41]Élection d’une Assemblée Constituante pour fonder une démocratie : chaque fois que l’ONU organise la démocratie dans un pays, elle commence toujours par programmer l’élection d’une Assemblée Constituante.
Donc, le modèle fondateur que l’ONU propose à tous les pays du monde est cette procédure-là.
Je suis donc étonné de constater que certains juristes européens acceptent de s’en affranchir.

[42]Sur ce qu’on peut reprocher à la convention « Giscard », lire l’analyse de Robert Joumard, page 13 et s.,  voir aussi celle de Christian Darlot.  Voir aussi Paul Alliès (professeur en sciences Politiques à l’Universi­té Montpellier I), « Une Contitution contre la démocratie ? », p. 38 et s.  Voir aussi le contre rapport des Conventionnels cité plus haut.

[43]Lire à ce propos la position de Pervenche Berès, membre de la convention Giscard, coauteur du texte donc, qui renie pourtant le résultat final tant il a été défiguré par les gouvernements dans l’année qui a suivi, et qui appelle finalement à « Dire "non" pour sauver l'Europe » : http://www.ouisocialiste.net/IMG/pdf/beresMonde290904.pdf.

[44]"Vérole" antidémocratique ? Le Figaro, 11 avril 2005, Alain Minc parle : "Valéry Giscard d'Estaing n'a commis qu'une seule erreur : nommer le texte du traité «Constitution». C'est précisément cette dénomination qui a empêché une ratification par la voie parlementaire. Le référendum est pareil à une «vérole» antidémocratique que la France aurait propagée dans l'ensemble de l'Europe."  
Cette phrase résonne dans ma tête depuis une semaine, elle prend son sens, comme un aveu.
Je ne veux plus que ces gens-là décident de mon sort. Je vais cesser de faire confiance aveuglément et je vais maintenant essayer de m’occuper moi-même de mes affaires.

[45]Planning des ratifications :

Pays qui ne soumettent pas le traité à leur peuple : Lituanie (11 décembre 2004), Hongrie (20 décembre 2004), Italie (25 janvier 2005), Slovénie (1er février 2005), Allemagne (12 mai 2005), Slovaquie (mai 2005), Chypre (mai 2005), Autriche (printemps 2005), Belgique (printemps 2005), Grèce (printemps 2005), Malte (juillet 2005), Suède (décembre 2005 et pourtant 58 % des suédois réclament un référendum), Estonie (2005), Finlande (fin 2005), Lettonie (?).

Pays qui ont opté pour le référendum : Espagne (20 février 2005), Pays-Bas (1er juin 2005), France (29 mai 2005), Luxembourg (10 juillet 2005), Danemark (27 septembre 2005), Portugal (octobre 2005), Pologne (fin 2005), Royaume-Uni (printemps 2006), République tchèque (juin 2006), Irlande (2006).

Trois référendums ne sont que consultatifs (Espagne, Pays-Bas et Luxembourg) et, finalement, seuls six peuples sont véritablement consultés dans ce projet:
le Portugal et l’Irlande (qui vont vraisemblablement voter Oui)
et la République Tchèque, la Pologne, la Grande Bretagne et la France (qui s’apprêtent à voter Non).

Six pays réellement consultés sur vingt-cinq…
Je trouve que ça en dit long sur ce que représente la volonté des peuples pour leurs dirigeants en Europe.

[46]RM Jennar à raison : il faut réaffirmer nos fondamentaux et rappeler ce que proclamait, le 26 juin 1793, l’article 35 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de l’an I : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». (« Europe, la trahison… », p. 218).

[47]Selon la célèbre formule de Lacordaire : " Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit".
Chacun peut prévoir ce qu’il adviendra avec des renards libres dans un poulailler libre.
Les charmes de la liberté débridée sont une fable, une imposture.

[48]Lire les analyses du site Acrimed sur la partialité des médias sur cette affaire :
http://www.acrimed.org/article1950.html.
Lire aussi l’article de Bernard Cassen dans Le Monde diplomatique : « Débat truqué sur le traité constitutionnel » : http://www.monde-diplomatique.fr/2005/02/CASSEN/11908

O  O  O  O  O

Vous pouvez m’écrire à etienne.chouard@free.fr mais je n’ai plus le temps de vous répondre comme il le faudrait, ou seulement de temps en temps. Pardon, vous êtes trop nombreux.

Vous pouvez lire des compléments et télécharger ce document à : http://etienne.chouard.free.fr/Europe
et le diffuser comme bon vous semble, mais envoyez de préférence un lien vers mon site, car un fichier fige mon texte alors que je l’améliore sans cesse grâce à vos vigilantes, bienveillantes et patientes observations.

 

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04 octobre 2011

l’élection des membres de l’Assemblée Nationale constituante le 23/10/2011

RAPPEL UTILE pour mes ami(e) s, celles et ceux qui sont convaincu(e) s à voter pour ma liste dans leurs bureaux de vote respectifs de la circonscription de l’ARIANA:

 

N° de Liste

Nom de la Liste

Tête de Liste

LOGO

 

 

36

 

مستقلون من أجل دستور الثورة

 

 

 

 

Mohamed DAMAK

 

NB : Pour plus de détails sur notre projet de constitution, notre programme Electoral, notre Liste, vous pouvez le télécharger de ma page face book aprèsune recherche à partir de notre page face book : Doustourna Ariana لنكتب دستورنا

Amitiés

Mohamed DAMAK

Mobile : 22.32.85.30


Bonjour,

J’informe tous mes amis que je me présente, pour l’élection des membres de l’Assemblée Nationale constituante le 23/10/2011, en tête de liste indépendante. Je transmets ci-joints un projet du programme électoral et la liste des membres en cours de finalisation. Nos candidatures sont sur la circonscription de l’ARIANA.

Je suis entrain de créer 28 chefs d’équipes dont chacune sera composé de 8 membres. J’aurais donc besoin de vos soutiens comme suit, si bien entendu vous êtes d’accord pour me partager les valeurs résumées dans le projet du programme électoral :

-          un groupe A de votre cercle d’amitiés qui accepterait d’être disponible et engagé de faire partie des équipes de la campagne électorale sur les bureaux de vote l’ARIANA.

-          un groupe B de votre réseau amical et familial des voisins et professionnels  qui accepteraient de voter pour moi sur les bureaux de vote l’ARIANA.

 

Pour mener à bonne fin cette mission, j’aurais besoin de réceptionner en retour par e-mail les coordonnées des intéressés à traiter par eux même sur le tableau suivant :

 

 

Groupe A

 

 

NOM

PRENOM

Tél MOBILE

E-mail

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Groupe B

                                      

 

NOM

PRENOM

Tél MOBILE

E-mail

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NB : Pour plus de détails sur notre projet de constitution, notre programme Electoral, notre Liste, vous pouvez le télécharger de ma page face book aprèsune recherche à partir de notre page face book : Doustourna Ariana لنكتب دستورنا 
 

 

Amitiés

Mohamed DAMAK

Mobile : 22.32.85.30

 

 

 

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27 septembre 2011

Comptes bancaires aux noms des partis politiques et des listes indépendantes candidats aux élections de l'assemblée

images.jpg

 

 

 

 

ind%C3%A9pendants.pdf

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23 septembre 2011

L’enseignement supérieur privé tunisien


L’enseignement supérieur privé
Loi n°2000-73 du 25 juillet 2000, relative à l’enseignement supérieur privé.

partie2.pdf

Bonne_Constitution_Guerison_Democratie.pdf

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22 septembre 2011

Les pièces tunisiennes frappées par la Monnaie de Paris

L'établissement public français de la Monnaie de Paris a décroché un contrat pour frapper les pièces de monnaie de la République de Tunisie, selon le site Challenges.fr.
Le contrat porte sur 142 millions de pièces bicolores en cupro-nickel de 5 valeurs faciales différentes.
La fabrication aura lieu dans l'établissement de Pessac, en Gironde, d'ici juillet 2012.

Selon son rapport d'activité pour 2009, la Monnaie de Paris, réalise 126 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 16 millions d'euros de résultat net. Ses effectifs sont d'environ 500 personnes.

I.N.

10 COMMENTAIRE(S)

carthage new age
colonisation de fait
08-04-2011 11:45
Un pays indépendant frappe lui même sa monnaie, c'est un pouvoir régalien qui n'appartiens qu'à l'Etat, faire frapper sa monnaie est une preuve qu'il n'y a pas et qu'il n'y a jamais eu d'indépendance. Nous ne sommes pas les seuls pays dans ce cas là...dans 5 à 10 ans, le tunisien et la plupart des africains se rendront comte que la décolonisation est une immense mystification qui consiste à faire croire aux indigènes qu'ils sont libres, il y a un bel et bien un CONTRAT entre la France et la classe dirigeante tunisienne qui stipule que les intérêts français sont classés prioritaires sur tout le reste...
 
fehmi
Piece d'or
07-04-2011 23:26
puisque c'est le monaie de paris est ce que je pourrais enfin acheté des piece de dinard en or ou en argent ( la monaie de parais fait dans l'argent) en effet la meilleur epargne pour l'avenir c'est l'or et l'argent mais passé par un joialier escroqueur non merci j'aimerais bien que le gouvernement laisse le choix au citoyen d'acheté des piece d'or certifié et controlé par lui que de devoir acheté des kholkhal soit disant en or
 
Latif Ben Amara
EXTREMEMENT AMUSANT !!!
07-04-2011 23:17
D´un coté,les Francais obtiennent encore un marché de la Tunisie pour frapper nos pièces de monnaies, et d´autre part, la France refuse l´accés aux Tunisiens réfugiés sur le térritoire Francais...!!??
SCANDALEUX !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Le monde est a l´envers !
Latif Ben Amara
 
Amine ATTIA
travail journalistique incomplet
07-04-2011 15:59
C'est la responsabilite de Business News de publier une information complete: Ou cela se faisait avant? Quels sont les institutions qui font un tel service? et quels sont les criteres d'octroi de tels contrats?
 
monk
@soussien et @safsaf
07-04-2011 15:51
qui vous dit que c'est payé par la Tunisie. Généralement la frappe de pièces se fait dans le cadre de don d'aide du Trésor français ou canadien au trésor tunisien. Ce don est comptabilisé dans la balance des paiement et constitue une aide pour l'équilibre du déficit de cette dernière et quel déficit! Il faut s'attendre à un grand trou avec l'Etat délabré de notre économie.
 
Hamdi
Daccord avec Herglien
07-04-2011 13:51
Tout à fait d accord
 
Wild Sidi Bouzid
@herglien
07-04-2011 13:41
Tu m'as fait marrer :)

Information : y a environ 1 dizaine d'années la Tunisie faisait détruire (éliminer) ses vieux billets de banque en Suisse, je ne sais pas si c'est encore le cas. Vous pouvez me croire, j'ai vu ça de mes propres yeux à l'UBS à Genève. Pourquoi, peut-être qu'on imprimait des billets neufs à la place, en fait je n'en sais rien.
 
safsaf
MANNAIE TUNISIENNE
07-04-2011 11:53
d'habitude la banque centrale de tunisie frappe nos pièces de monnaie au canada , c'est moins cher par apport a la monnaie de paris , je vais vérifier aujourd'hui et je vous mets au courant
 
herglien
@soussien
07-04-2011 11:42
Le seul malheur qui frappe notre pays est le nombre hallucinant de gens comme toi qui polluent notre beau pays avec des affirmations et jugements à l'emporte pièce ! Seuls des gens comme toi avec des réactions primaires nous feront aller droit au mur. Pauvre Tunisie/
 
soussien
quel malheur!
07-04-2011 11:33
nous sommes toujours colonisés.. et ceux qui parle d'une révolution vaux mieux qu'ils se taire!! c'est une mascarade le pays dans une situation très critique... bref vous savez tous de quoi je parle... et je me demande sur quelle base notre gouvernement a choisi la monnaie de Paris pour frapper notre monnaie pourtant c considérer comme le plus chère par rapport aux autres institutions européenne..

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Le Franc CFA : Une Monnaie Coloniale qui Retarde L’Afrique (Analyse de Dr Séraphin PRAO YAO)

 

Le débat sur le franc CFA s’enfle, mobilise et inquiète la France. De plus en plus, les africains s’imprègnent des réalités monétaires et s’interrogent sur le bien-fondé du maintien du franc CFA, une monnaie coloniale.

la crise post-électorale en Côte d’Ivoire a réveillé le vieux débat sur le franc CFA.

sept ministres des finances de l’UEMOA, ont demandé le jeudi 23 Décembre 2010 à la BCEAO, d’autoriser uniquement les représentants du Dr Alassane OUATTARA, à gérer les comptes de la Côte d’Ivoire. En plus, le Conseil a décidé "que les représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d’Ivoire sont les seuls habilités à prendre des mesures relatives au fonctionnement de l’UEMOA au nom de ce pays".  Ce même Conseil a renchéri pour décider "d’instruire la BCEAO de permettre aux seuls représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d’Ivoire d’effectuer les mouvements sur les comptes en son nom".

il est inacceptable que cinquante années après les indépendances, les pays africains de la zone franc (PAZF) n’arrivent pas à accéder à la souveraineté monétaire, préalable à la souveraineté tout court.

L’objectif de ce papier est justement de démontrer pourquoi le franc CFA doit disparaitre pour faire place à une monnaie africaine au service du développement. Cela suppose en premier lieu de montrer l’importance de la monnaie : il s’agit de définir correctement la monnaie (I). Faisant suite à cette démarche définitoire de la monnaie, il sera utile en deuxième lieu, de présenter l’historique de la zone franc (II).

Une telle présentation permettra en troisième lieu de dire pourquoi sortir de la zone franc (III).

                              I.      UNE DEMARCHE DEFINITOIRE DE LA MONNAIE

C’est faute d’avoir compris que la monnaie n’est pas banale, que le développement des pays africains de la zone franc (PAZF) se trouve aujourd’hui à la limite du paradoxe. Dans les lignes qui suivent, nous allons donner les fonctions et la nature de la monnaie.

I.1. LES FONCTIONS DE LA MONNAIE

Charles RIST se refusait à définir la monnaie parce qu’elle recouvrait un domaine très vaste. En effet, la monnaie est l’un des concepts les plus difficiles à définir de la théorie économique. La monnaie est de plus en plus présente à tous les niveaux de la vie quotidienne des agents économiques et, parallèlement, ses formes sont de plus en plus complexes et multiples.

Depuis Aristote, la monnaie est définie par les trois fonctions qu’elle est supposée exercer : la monnaie comme intermédiaire des échanges, la monnaie comme réserve de valeurs et, enfin, la monnaie comme unité de compte.

Considérée comme intermédiaire des échanges (unité de paiement), la monnaie est un instrument qui permet d’échanger deux biens, en évitant les contraintes du troc. Il s’agit de surmonter la contrainte de la double coïncidence exacte des besoins du vendeur et de l’acheteur en qualité et en quantité, sur un même lieu, contrainte propre au troc.

En considérant une économie de troc, l'absence de double coïncidence limite les possibilités d'échanges et l'apparition d'un élément tiers, la monnaie, règle cette contrainte, elle "lubrifie" les transactions.

La médiation monétaire serait une condition nécessaire au développement des échanges de biens et de services selon Jevons. Cette fonction suppose que la monnaie a un pouvoir libératoire, c’est-à-dire qu’elle garantie la possibilité d’effectuer des règlements et également d’éteindre des dettes. Or il est possible d’avoir des monnaies en circulation sans pouvoir libératoire. Le paiement renvoie, selon B. COURBIS, E. Froment et J.-M SERVET, à "l’appartenance à une communauté de paiement dans laquelle les moyens de s’acquitter sont établis". Ainsi donc, l’unité de paiement peut différer de celle de compte.

La monnaie exerce également une fonction de réserve de valeur pour deux raisons : la non-synchronisation entre les recettes et les dépenses d’une part et l’incertitude sur les réserves futures d’autre part. Elles constituent deux motifs de "demande de monnaie".

Elle a une fonction de réserve de valeur parce qu’elle est acceptée par tous et surtout parce qu’elle est unité de compte. Cette fonction n’est pas spécifique à la monnaie car les agents économiques disposent d’autres moyens pour conserver de la valeur, c’est-à-dire détenir de la richesse. Cette dernière a d’ailleurs plusieurs composantes :

-        la richesse non financière, qui est constituée des biens matériels (or, maison, bijou, usine…) et immatériels (comme, par exemple, un fonds de commerce, une qualification) ;

-        la richesse financière, qui est constituée des titres qui peuvent s’échanger directement contre des biens matériels ou qui, en général, doivent d’abord se transformer en monnaie pour s’échanger contre des biens matériels (actifs monétaires, actifs financiers).

La monnaie a une troisième fonction : celle d’unité de compte. Sans monnaie, dans une économie marchande, il y a autant de prix que de paires de biens, de types d’échanges entre deux biens. S’il y a biens, il y a n(n-1)/2 prix relatifs.

Pour opérer ses arbitrages dans un système de troc, chaque consommateur doit avoir en tête tous ces prix. Si un de ces biens est utilisé comme étalon des valeurs, alors le système des prix est profondément simplifié. Il suffit alors de connaître les n-1 expressions de la valeur des autres biens dans le bien choisi comme monnaie pour connaître l’ensemble des rapports de valeurs des biens. La monnaie permet donc d'établir une échelle de prix simple et unique, exprimée en unités monétaires. Mais une "vraie" unité de compte ne peut avoir de valeur par elle-même sauf à varier.

Or, c'est bien ce que les hommes ont fait en utilisant, pendant de brèves périodes historiques, comme valeur monétaire, des biens ayant eux-mêmes un certain prix. Toutefois, durant la majeure partie du Moyen-Âge, le Prince demeurait le "maître des mesures" : il imprimait son sceau et fixait les valeurs monétaires qui différaient, la plupart du temps, de celles du métal incorporé.

Finalement, la définition fonctionnelle de la monnaie ne nous aide pas dans la poursuite de notre objectif, celui de justifier la disparition du franc CFA.

On ne peut pas se satisfaire de cette définition.  Il nous faut approfondir la question monétaire en disant ce qu’elle est et non ce qu’elle fait.

I.2. LA QUESTION DE LA NATURE DE LA MONNAIE

Qu’est-ce que la monnaie ? Cette question par laquelle il fallait bien commencer, n’admet pas de réponse simple, acceptée par l’ensemble des économistes, ni sous l’angle empirique, ni sous l’angle théorique. Notre préoccupation à ce stade de notre réflexion, est de dissiper le "nuage épais" qui enveloppe les contributions sur la nature de la monnaie.

La monnaie, rassurons-nous n’est pas un bien industriel comme le pain. Elle n’est pas une marchandise. La monnaie a plusieurs dimensions.

La monnaie est une créance à vue des agents économiques sur le système bancaire et une dette de celui-ci. De ce point de vue, il est impossible de dissocier la monnaie du système monétaire d’où d’ailleurs l’importance des banques dans une économie monétaire de production.

Cette définition est complétée par l’approche institutionnelle de la monnaie : la monnaie est certes une technique mais c’est aussi un phénomène social qui met en jeu des relations humaines et pas simplement une technique.

L’enjeu principal de la monnaie est toujours l’appartenance à une communauté de valeurs. Or, cette appartenance s’inscrit dans des formes relativement différentes selon les époques et les sociétés.

La monnaie est une institution qui exprime et conforte les valeurs globales de la société où elle existe.

La monnaie a également une dimension conventionnaliste.

Elle est générée par une convention marchande : j’accepte la monnaie car autrui l’accepte. La qualité d'une monnaie se mesurera, dès lors, à l'aune de son aptitude à conserver sa valeur d'une période à l'autre et de sa capacité à inspirer confiance  à ses utilisateurs.

Ce minimum de cohésion sociale et de confiance, qui est au fondement même de toute monnaie, émane soit d'un acte de foi (acceptation générale du numéraire par la communauté), soit d'un édit des autorités qui l'établit comme cours légal dans un territoire donné.

Dans le premier cas, la monnaie peut provenir soit d'une coutume immémoriale, soit d'une convention émergeante ou librement négociée, ou encore être le résultat d'une concurrence entre monnaies privées où une a fini par s’imposer dans un vaste réseau d’échange.

Dans le second cas, la monnaie est la production d'un monopole d'État qui impose le médium d'échange et tente de le contrôler. La puissance publique tire profit de cette situation à divers échelons : la monnaie sert, à la fois, de source d'unité symbolique du pays, de source de revenu pour l'État et de moyen d'indépendance politique, le pays ayant sa propre devise.

Georges SIMMEL met pour sa part en avant que si la monnaie ne doit rien dans sa genèse, à l’Etat, un fonctionnement viable ne peut cependant être garanti par celui-ci. C’est dans cette filiation que se situe l’approche étatique de KNAPP (1973) à laquelle fait référence J.M. KEYNES dans le "treatise on money".

Cette approche peut être résumée ainsi : "la monnaie est une créature de la loi", c’est-à-dire du droitEn fait, selon KNAPP, l’État sélectionne et impose une forme-monnaie en choisissant une certaine unité et en lui donnant une validité sur un territoire qui correspond à son espace national. Ainsi, l’acceptation inconditionnelle de la monnaie par les individus est garantie par l’État.

Il s’agit de dire que c'est l'autorité politique représentative qui, dans un espace national donné, fait battre monnaie et lui donne cours légal, un principe repris, après bien des vicissitudes, du droit romain.

Bien qu’elle soit un enjeu entre les classes sociales et un instrument de domination des uns sur les autres, la monnaie est aussi un bien public. Elle ne peut exister que par la légitimation politique qui lui donne la capacité d’être un pouvoir d’achat immédiat ou futur, garantissant son rôle de réserve à travers le temps.

La monnaie a également une dimension politique : les nations se sont construites autour de la monnaie et autour d’un roi qui avait le pouvoir de battre monnaie.

Au 19ème siècle, l’unification progressive de l’Allemagne s’est faite à partir du Zollverein, mais aussi par une monnaie commune : le Thaler (1857). A l’heure actuelle, le pouvoir monétaire est perçu comme un élément de la souveraineté nationale : ses capacités régulatrices lui viennent de son aptitude à représenter les valeurs qui sont au fondement de la communauté d’échanges.  

Pour Charles LOYSEAU dans son "Traité des seigneuries" (1669) : " …la souveraineté est du tout inséparable de l’Etat, auquel, si elle était ôtée ne serait plus un Etat. Car, enfin, la souveraineté est la forme qui donne l’être à l’Etat, voire même l’Etat et la souveraineté prise in concreto sont synonymes et l’Etat est ainsi appelé, pour ce que la souveraineté est le comble et période de puissance où il faut que l’Etat s’arrête et s’établisse". La souveraineté s’affirme ad externa.

Concrètement, elle s’exerce sur un territoire délimité – la première fonction du roi étant de tracer la ligne qui situe le domaine de la couronne dans l’espace, et qui marque sa libre existence face à toute autre puissance extérieure contre quoi le moyen militaire peut être requis.

                                           II.      L’HISTORIQUE DE LA ZONE FRANC

Il n’est pas possible d’asservir des hommes sans logiquement les inférioriser de part en part. La zone franc  demeure un maillon de l’impérialisme français.

 II.1. EVOLUTION HISTORIQUE DE LA ZONE FRANC ET SES PRINCIPES

II.1.1. EVOLUTION HISTORIQUE DE LA ZONE FRANC

Philippe HUGON (1999) dans son livre intitulé "La zone franc à l’heure de l’euro", s’interroge sur le statut de la zone franc : est-elle une zone monétaire ou une survivance néocoloniale ?

Dans tous les cas, la zone franc lato sensu, regroupe 26 entités territoriales ; elle comprend, outre 15 pays africains, la France, les DOM-TOM, la principauté de Monaco et Mayotte ; elle est depuis le 1er janvier 1999 liée à l’Union monétaire européenne puisque les francs de la zone sont arrimés à l’euro.

Historiquement, même s’il est difficile de donner une datation exacte de la zone franc avant son officialisation, il est possible de lui trouver un ancrage.

La dislocation progressive de l'espace monétaire et commercial international dans les années trente, la montée en puissance généralisée du protectionnisme et l'enchainement des dévaluations compétitives provoquèrent de la part des puissances coloniales une réaction de repli sur leurs empires.

Après l'échec de la conférence de Londres en 1933, les zones monétaires firent leur apparition. C'est ainsi que prit naissance la "zone sterling".

Un grand nombre de pays d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud vont rattacher leur monnaie au dollar pour former la "zone dollar".

La formation d'une zone économique impériale, protégée de la concurrence extérieure et fondée sur la complémentarité des productions coloniales et métropolitaines, passait par la création d'un espace monétaire commun. Avec le déclenchement de la seconde guerre mondiale, naissait l'instauration d'une réglementation des changes, valable pour l'ensemble des résidents de l'empire et la centralisation des réserves en devises au profit de la métropole.

La zone franc est donc née de la volonté initiale d’isoler l’empire colonial du marché international et de créer un espace préférentiel après la crise de 1929. Elle a été institutionnalisée le 9 septembre 1939, lorsque dans le cadre de mesures liées à la déclaration de guerre, un décret instaura une législation commune des changes pour l'ensemble des territoires appartenant à l'empire colonial français.

En fait le début de la seconde guerre mondiale va s'accompagner d'un dirigisme monétaire avec la mise en place du contrôle des changes à cette date. La zone Franc, en tant que zone monétaire caractérisée par une liberté des changes, est formellement créée.

Officiellement, le franc CFA est né le 26 décembre 1945, jour où la France ratifie les accords de Bretton Woods et procède à sa première déclaration de parité au Fonds monétaire international (FMI). Il signifie alors "franc des colonies françaises d'Afrique".

Mais cette définition de la parité du Franc se fait avec une différenciation selon les secteurs géographiques. Nous avons alors trois unités distinctes avec le Franc des Colonies Françaises du Pacifique (FCFP), un Franc des Colonies Françaises d'Afrique (FCFA) et un Franc de la métropole valable également pour l'Afrique du Nord et les Antilles (FF).

Le FCFP valait 2,40 FF et le FCFA 1,70 FF. C'est aussi l'occasion d'affirmer l'unité car le communiqué du ministre des Finances parle de "Constitution de la zone franc" et ce sera la première fois que le terme est utilisé officiellement.

Certains pays ont choisi, lors de l'indépendance ou après, de quitter la zone franc coloniale : Algérie (1963), Maroc (1959), Tunisie (1958), Mauritanie(1973), Madagascar(1973), Guinée (1958), l'ex- Indochine (Cambodge, Laos, Viêtnam) en 1954. Le Mali l'a quittée en 1962 pour la réintégrer en 1984.

II.1.2. LES PRINCIPES DE LA ZONE FRANC

Les principes de la coopération monétaire ont été rappelés dans la convention de coopération entre les pays membres de l'Union monétaire ouest-africaine et la République française du 4 décembre 1973. Les principes fondamentaux sont au nombre de quatre :

1)   La fixité des parités avec la monnaie ancre : la parité des monnaies de la Zone avec l’euro est fixe et définie pour chaque sous-zone. Les monnaies de la Zone sont convertibles entre elles, à des parités fixes, sans limitation de montants.

2)   La garantie de convertibilité illimitée du Trésor français : la convertibilité des monnaies émises par les différents instituts d'émission de la Zone franc est garantie sans limite par le Trésor français.

3)   La libre transférabilité : les transferts sont, en principe, libres à l’intérieur de la Zone. À l'intérieur de chaque sous-zone, et entre chaque sous-zone et la France, les transferts de capitaux sont en principe libres.

4)   La centralisation des réserves de change : elle apparaît à deux niveaux puisque les États centralisent leurs réserves de change dans chacune des deux Banques centrales tandis qu’en contrepartie de la convertibilité illimitée garantie par la France, les banques centrales africaines sont tenues de déposer, auprès du Trésor français sur le compte d'opérations ouvert au nom de chacune d'elles, une fraction de leurs réserves de change (50 % pour les avoirs extérieurs nets de la BCEAO et 60% jusqu’au 30 juin 2008, 55 % jusqu’au 30 juin 2009 et ensuite 50% pour la BEAC). Depuis 1975, ces avoirs bénéficient d'une garantie de change vis-à-vis du DTS.

II.2.  BREVE HISTOIRE DE LA BCEAO

L’exploitation des colonies s’accéléra au tournant du XXe siècle, les cultures destinées à l’exportation firent leur apparition, et les grandes firmes commerciales, la CFAO, la SCOA, s’en assurèrent le monopole côté français, comme du côté anglais, la firme anglo-hollandaise Unilever. Et la gestion monétaire des colonies était assurée par des banques privées bénéficiant dans leurs zones respectives de privilèges d'émission. Tout commence le 27 avril 1848, date de l’abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.

De nombreux propriétaires d'esclaves sont ruinés, tant dans les Caraïbes que dans les possessions françaises d'Afrique. Le 30 avril 1849, une loi portant indemnisation des colons par suite de l’abolition de l'esclavage est votée.

Le 21 décembre 1853, le décret portant création de la Banque du Sénégal est signé par Louis Napoléon BONAPARTE. Son capital, fixé à 230.000F est formé du prélèvement du 8ème des indemnités accordées aux colons, par suite de l'abolition de l'esclavage, et des arrérages échus de l'inscription de rente représentative de ce prélèvement. Cette Banque du Sénégal, fondée en 1853, avait ses locaux à Saint-Louis. Elle était spécialisée dans le crédit à court terme. Cependant, elle n'a jamais pu servir à une réelle politique de mise en valeur de la colonie.

Le 29 juin 1899, un décret est pris portant création de la Banque de l’Afrique Occidentale (BAO). Le siège de la BAO est fixé à Paris (78, rue de Provence) et Henri NOUVION fut nommé premier Directeur du nouvel établissement. La même année, débutèrent les activités de la BAO à Dakar, tandis qu'une agence était créée à Conakry.

A l’origine, le rôle de la "Banque du Sénégal" qui deviendra l'Institut d'Émission de l'Afrique Occidentale Française et du Togo (de 1955 à 1959) et, enfin, la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (à partir de 1959), est d’organiser la paupérisation du corps social africain, pour empêcher l’érection d’une bourgeoisie nationale du commerce, en refusant le crédit aux populations locales en Afrique noire. Et cette politique criminelle continue encore, contre le développement de l’Afrique.

En effet, jusqu’aujourd’hui, les banques françaises en Afrique, n’accordent aucun crédit de développement aux particuliers. Elles n’accordent aucune ligne de crédit à la consommation aux ménages les plus démunis. Son rôle colonial, c’est d’encaisser le maximum d’argent liquide pour la métropole sans investir localement, ni dans les entreprises africaines ni dans le développement.

Depuis cette date, la BCEAO a toujours été dirigée par un directeur général français. Le dernier français en est Robert JULIENNE qui occupa le poste de gouverneur depuis le 28 septembre 1962 jusqu’en 1973. Le siège de la banque était à Paris.

Avant de passer le flambeau aux africains pour la direction et le siège de la banque, la France exigea la signature le 4 Décembre 1973, d’un nouvel Accord de Coopération et de la nouvelle Convention de Compte d'opérations entre la République Française et l'UMOA. C’est finalement le 15 décembre 1974 que M. Abdoulaye FADIGA sera nommé aux fonctions de Gouverneur de la BCEAO. Ce dernier va œuvrer pour le transfert du siège de la BCEAO de Paris à Dakar en Juin 1978 et l’inaugurer le 26 mai 1979.

Avant de clore ce chapitre sur la BCEAO, disons un mot sur la fonction d’une banque centrale. La BCEAO, rebaptisée par nous, sous le nom de "Banque Centrale Européenne en Afrique de l’Ouest", ne fait qu’appliquer les directives de la BCE (Banque Centrale Européenne).

A l’occasion de l’entrée en vigueur de la reforme institutionnelle de l’UMOA et de la BCEAO (1er Avril 2010), M. Philippe-Henri DACOURY TABLEY, gouverneur de la BCEAO donnait dans une interview, l’objectif de cette reforme en ces termes : "la mise en œuvre de la réforme devrait, en assignant à la BCEAO un objectif prioritaire de stabilité des prix, permettre, de garantir le pouvoir d’achat de notre monnaie et apporter une réponse adéquate au défi du financement des économies". Le constat est frappant, sans aucun doute humiliant.

Pour revenir à notre sujet, la BCEAO poursuit prioritairement un objectif de stabilité des prix au sein de l'Union Monétaire Ouest Africaine au détriment de notre développement économique. Cette banque est contre les africains. La lutte contre l’inflation ne doit pas être l’objectif principal de la BCEAO, ni avoir une cible d’inflation de 2% comme la BCE car les populations ouest-africaines ne vivent pas les mêmes conditions économiques que les européens.

L’acceptation d’une souveraineté nominale et le refus absolu d’une indépendance réelle, telle est la réaction type des nations colonialistes à l’égard de leurs anciennes colonies.  Le franc CFA est une monnaie coloniale qu’il faut faire disparaître. 

IV. POURQUOI SORTIR DE LA ZONE FRANC

La question à laquelle nous répondons ici est celle de savoir pourquoi les pays africains de la zone franc doivent-ils sortir de cette zone ou du moins décoloniser le franc CFA sinon la remplacer par une monnaie purement africaine. Notre thèse se justifie pour au moins trois raisons.

-        Premièrement, le franc CFA et ses mécanismes sont des leviers du pillage des économies africaines.

-        Deuxièmement, le franc CFA est un instrument de domination de la France en Afrique.

-        Troisièmement, le franc CFA entame la souveraineté des pays membres.

 IV.1. Le franc CFA et ses mécanismes sont des leviers du pillage des économies africaines

  • Les principes de la zone franc posent problème. Précisons ici rapidement ce point.

Au niveau de la parité fixe, selon les enseignements de la théorie standard, elle se justifie d’autant plus que l’économie est petite, peu ouverte, faiblement diversifiée, polarisée sur le pays de monnaie d’ancrage, qu’il y a à l’intérieur des zones une mobilité forte du travail et faible mobilité du capital.

La fixité du change peut également se justifier pour des motifs d’ordre microéconomiques (réduction des incertitudes sur des taux de change réels) et macroéconomiques (stabilité des prix, gestion saine des finances publiques). Et ceci d’autant plus que les petites économies africaines sont fortement ouvertes et qu’elles sont fortement intégrées au niveau des importations et des capitaux à l’Europe. 

Cependant, ces arguments favorables à la fixité du change sont contrecarrés par l’existence de chocs réels et nominaux, intérieurs et extérieurs. Des économies fortement exposées à des chocs comme les pays de la zone franc, ont intérêt à stabiliser l’économie par la flexibilité de change. 

Dans le cas de chocs externes, le taux de change flexible neutralise les effets des chocs. Dans le cas de chocs interne réels (comme la sécheresse), il permet de stabiliser le produit national réel. Le taux de change flottant permet théoriquement une autonomie de la politique monétaire et joue un rôle de stabilisation automatique. Le régime de change fixe a pour conséquence de ne pas s’adapter aux réalités économiques.

-  Au sujet de la libre transférabilité, cette disposition favorise la fuite des capitaux. Selon la CNUCED, la fuite des capitaux en 30 ans des pays africains depuis les indépendances dépasse 400 milliards de dollars américains.

Selon HUGON (1999, p.99), on estime l’hémorragie des capitaux hors UEMOA à 3 milliards de francs en 1991, à 4,6 milliards en 1992 et à 5 milliards de francs durant les 6 premiers mois de l’année 1993.

Les placements spéculatifs effectués en francs Cfa en France entre janvier 1990 et juin 1993 s'étaient élevés à 928,75 milliards de francs Cfa, soit environ 1,416 milliards d’euros.

Le montant des transferts sans contrepartie des ménages non africains sortis des PAZF en direction de la France et le RDM est passé de 89 millions de dollars (en 1970) à 434 millions de dollars (en 1993). Le montant cumulé de ces transferts est estimé à 3783,6 millions de dollars (soit 2200 milliards de franc CFA).

En 2004, l’Afrique noire (sans l’Afrique du Sud) a reçu 0,4% des IDE dont la moitié a été au bénéfice de l’Angola et du Nigeria.

-  Quant à la  convertibilité illimitée, elle est virtuelle. La convertibilité revient à dire simplement que tout étranger détenteur de cette monnaie doit avoir la possibilité, à tout instant, de l’échanger librement contre d’autres monnaies ou contre de l’or.

La convertibilité revêt plusieurs formes et on en distingue le plus souvent les degrés de convertibilité par rapport aux opérations, aux pays, et aux agents. Pour les petites économies que sont les pays africains de la zone franc, il n’est pas bon d’avoir des monnaies convertibles.

Dans la remuante histoire du franc français, l’échange de francs contre des devises n’était pas libre, mais réglementé. Cette convertibilité externe du franc, rétablie en 1958 pour les non-résidents, n’était pas totale pour les résidents.

Par exemple, ceux-ci ne pouvaient pas sortir des capitaux hors des frontières sans autorisation administrative. La Tunisie par exemple a une  politique qui s’appuie sur le maintien de contrôles des capitaux, c’est-à-dire sur une "convertibilité" partielle de la monnaie, certaines opérations sur les mouvements des capitaux avec l’extérieur restant soumises à restrictions.

Cela permet à la Banque centrale de conserver une certaine marge de manœuvre sur sa politique intérieure. Quant au géant chinois, la grande fragilité de son système bancaire étatique (créances douteuses) ne l’autorise pas aujourd’hui à libéraliser son marché des changes et à rendre sa monnaie librement convertible sous peine de faire peser des risques importants sur la croissance économique chinoise.

Le Naira n’est pas une monnaie convertible pourtant le Nigeria est un géant économique ; la Roupie également n’est pas convertible pourtant l’Inde est une puissance économique.

La convertibilité du franc CFA est d’autant plus virtuelle que les francs CFA de la BCEAO et ceux de la BEAC ne sont pas convertibles entre eux, ce qui n’encourage pas le développement des échanges entre les deux zones.

Au contraire, les mécanismes de la zone franc facilitent les relations financières et commerciales entre la métropole et les territoires, tout en supprimant le risque de change entre les deux monnaies (Euro et franc CFA).

·                     Le franc CFA n’a pas apporté le développement mais la pauvreté

Déjà, parmi les 49 pays moins avancés (PMA), 35 sont en Afrique subsaharienne (ASS). La zone franc, elle, représente 12% de la population africaine, 12% du PIB et 1,5% des exportations.

Avec une population de 25% supérieure à celle de la France, les PAZF représentent 4,5% du PIB français ou 1,5% de masse monétaire.

La zone franc n’a pas apporté le développement aux pays membres mais le développement du sous-développement.

Pour atténuer cette pauvreté, l’aide française est venue comme une bouée de sauvetage. En effet, les pays de la zone Franc sont des principaux bénéficiaires de l'aide publique au développement française.

En 1997, ils ont reçu environ la moitié de l'APD bilatérale française aux pays d'Afrique sub-saharienne, ce qui représente 23 % des apports bilatéraux de la France aux pays en développement (6,5 MdF sur 27,8 MdF d'aide bilatérale en 1997).

Dans le cadre du traitement de dette au sein du Club de Paris, 10 pays de la Zone franc ont bénéficié d'annulations pour un montant total rééchelonné de 23 MdF. La France a apporté près de 50 % de l'effort ainsi consenti par les créanciers.

En plus des accords conclus dans le cadre du Club de Paris, la France a pris des mesures bilatérales exceptionnelles de réduction de dettes, en annulant en 1989, les crédits d'aide publique au développement (Dakar I), puis en procédant à une nouvelle annulation en 1994 (Dakar II), soit une annulation de dette de 55 MdF au profit des pays de la zone Franc. Entre 1993 et 1996, l'effort de réduction de dettes a représenté en moyenne une contribution annuelle de la France de 3,2 MdF, soit plus du tiers de l'aide bilatérale française à la zone Franc.

En tout état de cause, les pays de la zone franc ne sont pas mieux lotis en termes de performances macroéconomiques à comparer aux pays africains hors zone franc. Une synthèse de nombreux travaux comparant les performances est présentée chez Hadjimichael et al. (1995).

Lorsqu’on compare les taux de croissance du PIB des pays africains de la zone franc et des pays hors zone, il apparait que les années 60 et 70 sont marquées par des résultats supérieurs pour les pays de la zone franc (5% contre 4,4%) alors qu’il y a inversion au cours de la décennie 80, plus précisément entre 1985 et 1991(1% contre 3,7%), sur l’ensemble des trois décennies, les résultats sont, en revanche, comparables. 

On note également une plus grande instabilité des taux de croissance au sein de la zone. L’écart-type du taux de croissance a été entre 1971 et 1987 de 7% contre 4,5% pour les pays voisins. De 1980 à 1994, les écarts du PIB réel par rapport à sa tendance à long terme ont été supérieurs. En 2010, la situation n’est guère reluisante pour les pays de la zone franc. 

La Côte d’Ivoire demeure en dépit de la crise militaro-politique qu’elle traverse depuis 2002, le premier pays africains de la zone franc en termes de PIB réel. Pourtant, le franc CFA n’a pas permis à ce pays de faire mieux que les pays hors zone franc (Tableau 1).

Les pays comme l’Algérie, l’Angola, l’Ethiopie, le Kenya, le Maroc, le Nigeria, le Soudan, la Tanzanie, la Tunisie, pour ne citer que ces pays, ont chacun un PIB réel supérieur à celui de la Côte d’Ivoire (le premier en termes de PIB réel en 2010 de la zone franc), comme l’indique le tableau 3 ci-dessous. Certains de ces pays font mieux en matière d’espérance de vie.

Au sein des PAZF, le Togo (63), le Benin (62) et le Gabon (61) occupent le peloton de tête en termes d’espérance de vie. Les pays qui ont accédé très tôt à leur souveraineté monétaire ont des espérances de vie plus élevées que les trois pays cités ci-dessus. Il s’agit par exemple de la Tunisie (74), de l’Algérie (73), du Maroc (72), de Maurice (72) et du Cap-Vert (72).

 Tableau 1 : Le classement des pays africains de la zone franc en termes de PIB réel en 2010.

Rang

Pays

PIB réel (en milliards de dollars)

1er

Côte d'ivoire

22,4

2e

Cameroun

21,9

3e

Guinée-Equatoriale

14,5

4e

Sénégal

12,7

5e

Gabon

12,6

6e

Congo

11,9

7e

Mali

9,1

8e

Burkina-Faso

8,7

9e

Tchad

7,6

10e

Benin

6,5

11e

Niger

5,6

12e

Togo

3,1

13e

Centrafrique

2,1

14e

Guinée-Bissau

0,8

Source : Le Monde : bilan du monde, la situation économique internationale, 2011, p. 91.

Tableau 2 : Le classement des pays africains de la zone franc en termes de PIB réel/ habitants en 2010.

Rang

Pays

PIB réel/habitants (dollars)

 1er

Guinée-Equatoriale

11081

 2e

Gabon

8395

 3e

Congo

3075

 4e

Cameroun

1071

 5e

Côte d’Ivoire

1016

 6e

Sénégal

964

 7e

Tchad

743

 8e

Bénin

673

 9e

Mali

649

10e

Burkina-Faso

590

11e

Guinée-Bissau

498

12e

Centrafrique

469

13e

Togo

441

14e

Niger

383

Source : Le Monde : bilan du monde, la situation économique internationale, 2011, p. 91.

Tableau 3 : Le PIB réel et le PIB réel/habitants de quelques pays hors zone franc.

Pays

PIB réel (milliards de dollars)

PIB réel/Habitants (dollars)

Algérie

159

 4478

Angola

85,8

 4812

Botswana

12,5

 6796

Ethiopie

30,9

 365

Ghana

15,3

 646

Kenya

32,4

 888

Maroc

91,7

 2868

Maurice

9,4

 7303

Mozambique

10,2

 473

Namibie

11,5

 5454

Nigeria

206,7

 1324

Ouganda

17,1

 504

Soudan

65,9

 1643

Tanzanie

22,4

 543

Tunisie

43,9

 4160

Zambie

15,7

 1286

Source : Le Monde : bilan du monde, la situation économique internationale, 2011, p. 91.

IV.2. Le franc CFA est un instrument de domination de la France en Afrique

Sur ce point, commençons d’abord par dire que les pièces de monnaie et les billets de banque sont fabriqués en France ; les premières dans l'usine de Pessac en Gironde et les deuxièmes dans le Puy de Dôme, (papeterie de Vic-le-Comte, imprimerie et centre de recherche à Chamalières).

Pour ceux qui pensent que l’intérêt économique pour la France est peu significatif, ils ne doivent cependant pas perdre de vue qu’en réalité, l’enjeu principal de la zone franc pour la France n’est pas seulement de nature matérielle, économique ou comptable, mais réside également dans la reproduction continue d’un ensemble de relations qui, en effaçant la "perte" survenue en 1960, préserve son statut de puissance internationale. Le dispositif de la zone franc, conservateur dans son essence, entretient en Afrique l’ossature des Etats et leur survie dans un système économique et social figé.

Ensuite la zone franc développe l’extraversion de nos économies. Avec le franc CFA, les PAZF sont des réservoirs de Matières premières et des déversoirs de produits manufacturés.

L’empire colonial français, qui absorbait 10% des exportations françaises à la fin du 19e siècle et 17% à la veille de la crise de 1929, devint dans les années trente, et jusqu’à la constitution de la communauté économique européenne, un débouché majeur pour les entreprises métropolitaines. Elles y écoulaient 42% de leurs exportations en 1952.

Selon la commission européenne (2002), en 1999, 40% des exportations de l’espace UEMOA étaient destinées à l’Europe. Les importations en provenance de l’UE et en direction de l’UEMOA la même année se situent à 43%.

Les exportations de la zone UEMOA en direction de cette zone représentent 12% et 10% pour les importations. Les avantages présentés aux Africains sont quant à eux des plus artificiels : outre l'attrait des investissements directs à l'étranger (IDE), le franc CFA est censé épargner les risques de change avec la zone euro et donc faciliter l'accès au marché unique européen. Les monnaies coloniales encourageaient l’intégration économique avec la puissance de tutelle, et, dans une moindre mesure, avec le reste du monde.

La domination française est également visible avec la présence des français dans le Conseil d’administration de la BCEAO : 16 dont 2 français. Dans le cadre des directives données par le Conseil des Ministres, le Conseil d'Administration :

-        précise les opérations de la Banque Centrale et fixe leurs taux et conditions d'exécution

-        arrête les règles qui s'imposent aux Comités Nationaux du Crédit, dans l'exercice de leur compétence

-        détermine le montant global des concours que la Banque Centrale peut accorder au financement de l'activité économique dans chacun des Etats

-        autorise les opérations affectant le patrimoine de la Banque Centrale et arrête les comptes de cette dernière détermine les modifications aux Statuts de la Banque devant être soumises à ratification par le Conseil des Ministres de l'Union.

Selon l’Article 52, du statut de la BCEAO, la politique monétaire est confiée au Conseil d’administration. La présence des français peut empêcher l’adoption de politique favorisant notre développement. Avec la présence des français dans ce conseil, il apparait que la France décide en dernier ressort qui entre et sort de la zone franc.

Enfin la zone franc et ses mécanismes engendrent un système bancaire oligopolistique dominé par les banques françaises. Les banques sont des maillons importants du système financier. Elles remplissent un double rôle.

D’une part, elles sont des entités privées qui recherchent le profit ; d’autre part, elles constituent des réseaux qui fournissent à l’économie globale un bien collectif : les systèmes de paiement et de règlement. Or les systèmes financiers africains en général et ceux de l’UEMOA en particulier, sont peu profonds, étroits, peu diversifiés et n’assument pas leur rôle dans le financement du développement (Popiel ,1995). La création d’un embryon de système financier au sein des pays de la zone franc pendant la période coloniale avait pour seul dessein de répondre aux besoins de financement des sociétés d’import-export et d’exploitation des produits primaires agricoles (Benin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali), miniers (Niger, République centrafricaine, Sénégal, Togo) et pétroliers (les pays de la CEMAC aujourd’hui).

Les banques ne trouvaient pour ainsi dire aucun intérêt à développer un réseau d’agences à l’intérieur de ces pays ou à établir des contacts avec les populations locales. Le taux de bancarisation dans l’UEMOA est très faible (moyenne de 4%). Ce taux était en 2001 de 99% en France.

Les banques commerciales proposaient surtout des crédits à court terme permettant de s’adapter au caractère cyclique de la production et de la commercialisation des produits tropicaux et aux délais d’acheminement des produits manufacturés entre la métropole et l’Afrique.

Le crédit bancaire ne facilite pas la formation du capital car il finance plutôt les affaires commerciales et d’import-export. Le financement bancaire en Côte d’Ivoire est de l’ordre de 16% contre environ 70% en Tunisie.

Il est d’ailleurs lié au système commercial mis en place par l’économie de traite et non au système de production. La stratégie bancaire postindépendance est restée identique à celle de la période coloniale.

Le maintien, après les indépendances, des schémas d’organisation spatiale et sectorielle de l’activité économique (spécialisation sur le commerce et l’exportation de matières premières brutes) cumulé à l’échec des politiques de diversification industrielle expliquent aujourd’hui encore la perpétuation des structures économiques héritées de la période coloniale et les caractéristiques financières qui en découlent.

Par ailleurs, les centres de décision de ces grandes firmes bancaires sont situés à l’étranger. Autant de facteurs qui réduisent leur impact sur les pays où elles sont installées : elles paient des impôts, sans pour autant s’embrayer sur l’économie nationale.

Au total, sur le plan bancaire, le système bancaire postcolonial ne tranche guère avec la logique coloniale, celle qui consistait à financer l’échange et la production de matières premières exportées.

Finalement, avec le franc CFA, la France nous domine économiquement, commercialement et politiquement.

IV.3. Le franc CFA entame notre souveraineté

Nous avons dit que la monnaie était un pouvoir, et partant un attribut de la souveraineté d’un pays. Avant de dire quelques mots sur ce point, revenons sur cette monnaie rhizome qui prétend normer une société à laquelle elle est étrangère.

L’organisation monétaire hiérarchique  de la zone franc était le reflet d’un système politique de domination coloniale s’opposant aux structures anciennes. Une des principales caractéristiques du colonialisme fut de remplacer les monnaies primitives par les monnaies européennes en les imposant pour le paiement des impôts. Or ces liens sociopolitiques ont eu historiquement tendance à se distendre alors que la superstructure monétaire demeurait.

La monnaie "franc CFA" s’est imposée historiquement par la violence. Elle s’est étendue au sein de la société notamment par la traite négrière, par le commerce import-export et par l’impôt (Assidon, 1989).

La monnaie, signe CFA, issue de cette histoire, apparaît souvent comme extérieure à la société qu’elle veut normer. Si la valeur d’une monnaie est liée aux fondamentaux de cette économie alors elle doit avoir un lien sociologique avec le pays. Ce qui n’est pas le cas des pays de la zone franc.

D’ailleurs la zone franc a deux dimensions. Une dimension verticale du fait des liens monétaires et sociopolitiques entre la France et les pays africains, et une dimension horizontale compte tenu des relations d’intégration que nouent les pays africains de la zone entre eux. Cette orthogonalité de la zone l’éloigne d’une zone monétaire optimale. A partir de là, la monnaie franc CFA devient une monnaie rhizome.

Résumons les caractères principaux d’un rhizome : à la différence des arbres ou de leurs racines, le rhizome connecte un point quelconque avec un autre point quelconque, et chacun de ses traits ne renvoie pas nécessairement à des traits de même nature, il met en jeu des régimes de signes très différents et même des états de non-signes. Le rhizome est une antigénéalogie.

Cette monnaie rhizome qu’est le franc CFA a des racines en occident et en Afrique : c’est une monnaie qui dépayse les africains.

Un autre argument peut-être développé : le franc est historiquement étranger aux africains.

La naissance du "franc" français remonte au 5 décembre 1360, à Compiègne. Le roi Jean II LE BON (c’est-à-dire le brave) est fait prisonnier à la bataille de Poitiers. Il subi une très longue captivité en Angleterre et son geôlier, le roi anglais Edouard III lui a réclamé une rançon d’environ trois millions de livres tournois (12,5 tonnes d’or).

Jean II LE BON est obligé de "vendre" sa fille à un riche duc de Milan, Galéas VISCONTI, contre 600 000 livres. Avec cette somme, il est libéré avec 400 000 livres et s’engage à payer le reste. Et c’est sur le chemin de retour à Compiègne qu’il prend des ordonnances dont celle de la création du "franc"pour commémorer sa libération car dans le vieux français, être franc de quelque chose, ça veut dire être libérer de quelque chose.

Le dernier point à élucider est celui du lien entre la monnaie et la souveraineté.

La souveraineté est le droit exclusif d’exercer l’autorité politique sur une zone géographique ou un groupe de peuples. 

La souveraineté est la qualité de l’Etat de n’être obligé ou déterminé que par sa propre volonté dans les limites du principe supérieur du droit et conformément au but collectif qu’il est appelé à réaliser.

 

La monnaie est envisagée comme un attribut de la puissance publique et un instrument de propagande au service de cette dernière. Le principe de la souveraineté mis en lumière par Jean BODIN a permis de dégager une souveraineté de l’Etat dont la souveraineté monétaire semblait être partie intégrante.

L’époque romaine montre bien que la monnaie faisait partie des symboles qui exprimaient la personnalité, la puissance et permettait de situer le romain et tout ce qui n’était pas romain. En 70, après la destruction du temple, la Judée était devenue une colonie romaine et sa monnaie fut intégrée dans le système provincial de l’empire. En clair, les monnaies frappées en Israël représentaient les symboles romains.

A l’origine le "souverain" est une monnaie anglaise (pas un roi). Le "souverain" est une monnaie d'or anglaise qui a été frappée pour la première fois en 1489 par Henry VII d'Angleterre. Bien que la pièce ait une valeur nominale d'une livre sterling ou 20 shillings, le souverain était à l'origine une monnaie sur laquelle ne figurait aucune marque de valeur. La souveraineté est le pouvoir de battre (frapper) "le souverain" (monnaie de l’époque). Or seul le roi avait ce pouvoir de battre monnaie, d’où le parallélisme entre souverain et roi.

On sait par ailleurs que dans un régime démocratique, le pouvoir de battre monnaie devrait être confié à des élus du peuple. Car le pouvoir de battre monnaie signifie la possibilité de définir une "politique monétaire", qui elle-même va financer la politique économique. A contrario on ne peut financer une politique économique (par exemple le plein emploi), si on ne maîtrise pas la monnaie.

Le pouvoir de battre monnaie a toujours été reconnu comme attribut de la souveraineté nationale. Et les banques en tant qu’intermédiaires financiers ont toujours eu pour vocation le financement de l’essor économique des Nations.

C’est la raison pour laquelle, l’exercice du pouvoir monétaire, c’est à dire l’orientation de la politique monétaire est une préoccupation constante des gouvernements.

Selon Blanc JERÔME (2005), on doit d’abord comprendre que la monnaie en elle-même n’est pas une marque de la souveraineté : le propre de la souveraineté est le pouvoir de modifier le cours légal et le contenu métallique des pièces. Mais si cette manipulation relève de la puissance de la loi, qui est celle du souverain, seul le droit de battre monnaie est de la même nature que la loi.

 

"La monnaie renvoie au prince et plus généralement à une organisation politique de la société [...] La monnaie est inséparable d'un ordre ou d'un pouvoir. A tout système monétaire est assignée une limite, qui est celle de l'acceptation des moyens de paiement. L'aire d'extension du système de paiement se confond avec celle de la souveraineté de l'institution qui émet la monnaie légale. Monnaie et souveraineté sont donc étroitement liées".

En définitive, la monnaie fait partie de l’identité d’un pays, le franc CFA, lui est une monnaie étrange imposée de l’étranger, elle n’est donc pas notre monnaie.

CONCLUSION

Ce n’est pas sans hésitation que les gouvernants des pays africains de la zone franc traitent le sujet du franc CFA. En dépit de la lassitude, qui, épisodiquement, gagne ces sphères politiques, il faut une plus grande volonté politique pour "décoloniser" le franc CFA et la zone franc. Toutes ces structures abêtissantes et infantilisantes de la zone franc qui infestent le développement des pays membres devraient pourtant être abandonnées.

Le paradoxe est que sur le continent, le vent de la renaissance africaine souffle et ce, avec une vitesse qui terrasse même les plus sceptiques. Si les pays veulent vraiment une libération totale, il faudra considérer l’avertissement que nous donne Frantz FANON (2006) en ces termes : "il n’est possible de prendre ses distances à l’égard du colonialisme sans en même temps les prendre à l’égard de l’idée que le colonisé se fait de lui-même à travers le filtre de la culture colonialiste".

Ce sont les peuples coloniaux qui doivent se libérer de la domination colonialiste. La véritable libération n’est pas une pseudo-indépendance où les présidents à responsabilité limitée voisinent avec une économie dominée par le pacte colonial dont le franc CFA est le pilier central. 

Au cours de ces pages, nous avons voulu être méthodique afin de faire comprendre notre argumentation. Le thème dominant de notre argumentation est net : le franc CFA agit comme un virus qui détruit la structure économique des pays africains de la zone franc.

En conséquence, si ces pays veulent amorcer un véritable développement autocentré, alors il leur faut sans tarder œuvrer à la disparition du franc CFA qui retarde leur développement.



http://mampouya.over-blog.com/

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19 septembre 2011

Les huit familles derrière le cartel banquier privé international

 

 

17:13 Publié dans Reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook |  Imprimer

14 septembre 2011

"Donnez moi le contrôle sur la monnaie d'une nation, et je n'aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois." Mayer Amshel Rothschild (1743-1812)

HENRY FORD: "Si les gens de cette nation comprenaient notre système bancaire et monétaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin". 

" Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés qu’une armée debout. Celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation" . Thomas Jefferson, troisième président des Etats-Unis qui s'opposa à la création d'une banque centrale aux USA tout comme Benjamin Franklin. Georges Washington accepta cependant que l'esclavage soit admis par la constitution américaine et après le décès de Franklin, les banquiers anglais et européens réussirent à imposer une banque centrale aux USA dont ils prirent aussitôt le contrôle. Les présidents des USA par la suite durent l'accepter et accepter leur perte de pouvoir par rapport aux financiers.

16:35 Publié dans Reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook |  Imprimer

07 septembre 2011

7 des 10 plus grandes banques islamiques sont iraniennes

L’enjeu est énorme et est mondial. La finance islamique est la seule finance capable actuellement de venir concurrencer le marché des banques occidentales contrôlées par Rothschild, d’où la réaction radicale de renverser ces régimes pour les remplacer par des dirigeants tout à fait disposés à continuer d’utiliser le même système financier qu’en occident. El Baradei en Egypte est l’homme de Rothschild et il assurera que le pays conserve sa banque centrale et donc le pouvoir occidental consolidé, et donc Rothschild rassuré.

La finance islamique souffre d’une faiblesse comme elle ne crée pas de l’argent à partir de rien (les intérêts) comme en occident, elle doit avoir des réserves correspondant réellement à l’argent qu’elle a prêtée. Son développement s’il est vertueux puisque que garanti par l’investissement réellement productif pour la société (exit la spéculation)

http://montreux.bleublog.lematin.ch/tag/bourse


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انتخابات التأسيسي: النهضة تلقي بثقلها وتفصح عن قوائمها


 

 

تونس - الحوار نت - حسمت حركة النهضة أمرها وتمكنت بعد مشاورات طويلة ودقيقة من تقديم قوائمها التي ستخوض غمار التأسيسي، الحركة التي تزخر بالعديد من الوجوه المتميزة في مجالي النضال ضدّ الطاغية المخلوع وفي مجال التحصيل العلمي اختارت بصعوبة رؤساء القائمات نظرا لتقارب القدرات والتاريخ النضالي المشرّف لكل من رشح لهذه المهمة، اللافت أنّ  النهضة اختارت أن تلقي بثقلها في هذا الاستحقاق وقدمت قيادات تاريخية مثل اللوز والجبالي والهاروني وعتيق وبن سالم.. في الداخل، كما اعتمدت في الخارج على شخصيات كريزمية من أمثال محرزية لعبيدي وعامر العريض من فرنسا والأستاذ فتحي العيادي من ألمانيا وغيرهم من الكوادر والأطر، وهذه قوائم حركة النهضة المترشحة لانتخابات التأسيسي من داخل تونس: 

 

 تونس 1

1) أبو يعرب المرزوقي 

2) يمينة الزغلامي 

3) عبد الكريم الهاروني 

4) هاجر عزيّز 

5) الحبيب بريبش 

6) وردة التركي 

7) محمد سامي الطريقي 

8) خديجة اليحياوي 

9) المبـروك الأخضر

 

تونس 2  : سعاد عبد الرحيم

 

سوسة

1) حمادي الجبالي - مهندس و الأمين العام للحركة - سوسة  

2) منية إبراهيم -  المسؤولة عن مكتب المرأة و الأسرة بحركة النهضة - الرياض سوسة 

3) زياد العذاري - محامي و أستاذ جامعي - مساكن 

4) فطومة عطية - محامية و إمرأة أعمال - النفيظة 

5) كمال بن رمضان - مهندس فلاحي - القلعة الكبرى 

6) نعيمة رقاز  بنور - عدل إشهاد - أكودة 

7) محمد الدواس - رجل أعمال و وكيل شركة - حمام سوسة  

8) ألفة قوته زين العابدين - محامية - سوسة جوهرة 

9) منير الصّغيّر - مهندس - سيدي بو علي 

10) سارة صالح نوير  - مهندسة - 25 سنة - سوسة الرياض

 

صفاقس 1

1) المنصف بن سالم - دكتور دولة 

2) فطوم لسود - محامية  

3) كمال عمار - أستاذ 

4) سلاف القسنطيني - أستاذة 

5) مبروك بن عمار - أستاذ جامعي 

6) سمية الشواشي - مهندسة 

7) حبيب إدريس - رجل أعمال

 

صفاقس 2

1) الحبيب اللوز - مستوى جامعي  ,متفرغ 

2) كلثوم بدر الدين - محامية 

3) بدر الدين عبد الكافي - أستاذ 

4) الحبيبة التريكي - مديرة روضة أطفال 

5) منير المعزون - طبيب 

6) سلوى الأسود - أستاذة جامعية 

7) مبروك القسنطيني - محامي 

8) لبنى معلى - محامية 

9) مفيد الكراي - خبير عالمي في تطوير المؤسسات

 

أريانة

1) الصحبي عتيق - عضو المكتب التنفيذي و مدير جريدة الفجر - أستاذ و باحث في العلوم الإسلامية 

2) آمال غويل - أستاذة جامعية في القانون الخاص 

3) فرجاني دغمان - مدير في المالية 

4) مريم الحكيمي - اختصاص اقتصاد و الألمانية 

5) قيس حرمل - اجازة في القانون العام 

6) أسماء حسن - مهندسة معمارية 

7) زهير قيزاني - معلم تطبيق 

8) زهراء بالعربي - معلمة تطبيق

 

جندوبة

1) أحمد المشرقي - أستاذ جامعي في الفلسفة , ماجستير في الشريعة , ليسانس في العلوم السياسية - جندوبة 

2) سناء مرسني - محامية متربصة , تعد لدكتوراه في القانون - جندوبة 

3) كمال الهوايدة - أستاذ تربية مدنية - طبرقة 

4) سعيدة عيادي - ماجستير حقوق , إختصاص مواريث - جندوبة 

5) محمد صالح هميسي - معلم - بوسالم 

6) نرجس علوي - أستاذة عربية - بوسالم 

7) حمزة جامعي - أستاذ تربية إسلامية - غار الدماء 

8) رباب سومري - أستاذة علوم طبيعية - عين دراهم

 

سيدي بوزيد

1-محمد الطاهر تليلي:أستاذ جامعي 

2-بية الجوادي : أستاذة 

3-فوزي عبدولي:مبنج 

4-بسمة المناصري:محامية 

5-أحمد الجلالي:معلم 

6- زينب القنيشي:أستاذة معطلة عن العمل 

7-عبد المجيد خليفي:أستاذ 

8-زهرة محمدي :معلمة

 

منوبة

1) عبد الباسط بن شيخ - مدير مدرسة متقاعد 

2) لطيفة الحباشي - محامية 

3) محسن الكعبي - ممثل تجاري 

4) ريم لعبيدي - استاذة جامعية 

5) الناصر اللطيف - معلم 

6) سعاد الحداد - استاذة 

7) عمر لقرايدي - معلم  

 

زغوان

1/ محمد بن سالم : مهندس أوّل - رئيس القائمة و عضو المكتب التنفيذي لحزب حركة النهضة  

2/ نبيهة الترجماني : موظفة في وزارة المالية  

3/ خليد بالحاج : أستاذ فلسفة  

4/ لبنى بن مستورة : أستاذة تفكير إسلامي  

5/ نبيل بالحاج ابراهيم : أستاذ الرياضيات

 

باجة

محمد السعيدي 

2) نبيلة العسكري 

3) محمد المومني 

4) هدى منصوري 

5) سفيان ميلاد 

6) سمية الحمدي

 

 بنزرت

1) سمير ديلو على رأس القائمة 

2) الأخت عائشة الذوادي 

3) الدكتور بشير اللزام 

4) الاخت اسيا النفاتي 

5) الاخ جمال بو عجاجة 

6) الاخت دليلة بو منيجل 

7) الاخ محسن السحباني 

8) الأخت ناجية بالشيخ 

9) الأخ محمد الحبيب السعيداني

 

بن عروس

1 نور الدين البحيري 

2 هالة الحامي 

3 الصادق شورو 

4 سلمى صرصوط 

5 فرج عمر 

6 رجاء الكوكي 

7 يونس الجويني 

8 لمياء المزوغي 

9 أحمد العويني 

10 سمية العرنوني

 

نابل1

رئيس قائمة : معز بن الحاج رحومة وكيل شركات 

سناء بنت محمد الحداد حرم خميس الشلي محامية 

الحبيب ستهم أستاذ اعلامية  

نجلاء بنت محمد الصالح حرم منذر الخنيسي محامية  

عبد المجيد بن علية بن صالح مراقب للمصالح المالية 

أميرة الحمامي متخرجة  

محمد بن علي بن محمد لاغة طبيب مختص

 

نابل 2

عماد الحمامي ..مهندس 

صالحة بن عائشة ..محامية 

أحمد قعلول..دكتور في الفلسفة والفكر الاسلامي 

هاجر المجدوب..طبيبة 

أسامة بوثلجة..محام 

سندس الجمالي..طالبة بالمعهد الأعلى للمحاماة

 

سليانة

1) عادل بن عطية .. استاذية في الحقوق  

2) سامية الفرشيشي.. استاذة تربية اسلامية و تعد ماجستير في الشريعة 

3) سامي العطوي.. استاذ 

4)نائلة النموشي.. استاذة فيزياء و تعد ماجستير 

5) فوزي العياري.. استاذ  

6) سلوي الحسيني.. مهندسة و معطلة عن العمل

 

المنستير  

1/ نجيب مراد : المنستير (أستاذ )

2/ سنية بن تيشة : جمال (أستاذة جامعية )

3/ منير بن هنية :المكنين (مدير شركة )

4/ سنية تومية : بنبلة (صحافية )

5/ محمدالمكسي : قصر هلال (مديرة شركة )

6/ أسماء الصباغ : الوردانين (أستاذة في الحقوق )

7/ الحبيب عزاز : طبلبة (طبيب أسنان )

8/ خميسة عمامو : الساحلين (طبيبة )

9/ طارق صميدة : طبلبة (مدير شركة )

 

المهدية

1- رئيس القائمة . الأخ الهادي ابراهم: مستشار اقتصادي مناضل في حركة النهضة منذ التاسيس ومن بين الاخوة الذين سهروا على اعداد البرنامج الانتخابي للحركة :المهدية  

2- الأخت نجيبة بريول متحصلة على الاستاذية في الشريعة ومعلمة : الشابة 

3- الأخ عبد العزيز شعبان : محامي:السواسي 

4- الاخت رباب بن سلامة : ماجستير : قصور الساف  

5- الأخ عبد المجيد خالد : أستاذ اول في الفيزياء : الجم  

6- الأخت سالمة عتيق : متصرفة إدارة : بومرداس 

7- الاخ حبيب العايب : رجل أعمال متحصل على الاستاذية في التصرف : سيدي علوان  

8- الأخت إيمان الخذيري : الأستاذية في المالية : شربان

 

القيروان  

محمود قويعة :أستاذ :رئيس القائمة والكاتب العام الجهوي 

فريدة العبيدي :محامية :عضو المكتب التنفيذي 

احمد السميعي : أستاذ ومناضل في حقوق الانسان 

منية العزعوزي :معلمة 

عادل فاضل :متفقد رياضيات 

سلوى مالك :معلمة 

كمال العبداوي :معلم 

زينب المهدواني :ماجستار 

علي المطيري :طبيب

 

القصرين

1 - وليـــد البناني : محام و أحد مؤسسي الحركة والعضو بمكتبها التنفيذي الوطني 

2 - خيرة الصغيّري : مساعدة بيداغوجية بتالة 

3 - الدكتور فرح نصيبي : طبيب بسبيطلة 

4 - مفيدة العوني الخلفي : أستاذة تربية إسلامية بسبيبة 

5 – الاستاذ محمد الحبيب اللطيفي : محام شاب وسجين سياسي في عهد بن علي 

6 - فاطمة نصري : شابة تحمل الإجازة في المحاسبة 

7 - الاستاذ علي الغرسلي : محام و مناضل و حقوقي وسجين سياسي في عهد بن علي 8 - الفائزة خميري : عن معتمدية فوسانة

 

قابس

1) الحبيب خضر - محامي 

2) أمال عزوز - أستاذة جامعية 

3) عبد القادر القادري - أستاذ شريعة 

4) دليلة بوعين - معلمة 

5) المبروك مفاتحية - أستاذ 

6) نادية عمر الجمل - طبيبة متخصصة 

7) عبد الرزاق نصر الله - نقاب و أستاذ متقاعد

 

قفصة

محمد سليمان هلال : أستاذ تعليم ثانوي 

زهرة الطيب سميدة : معلمة تطبيق 

عبد الحليم الزواري : طبيب 

وفاء سوســـــــي : أستاذة تعليم ثانوي 

رشيد مسعاوي : مهندس 

سعيدة بن حمد : مهندسة  

بشير بو شقرة : معلم

 

مدنين

1- الدكتور عبد المجيد النجّار : أستاذ جامعي : بني خداش 

2- بسمة بن عايد :محاسبة : حومة السوق 

3- صلاح الدين بلهيبة : معلّم : جرجيس 

4- هاجر المنيفي :دكتوراه قانون خاص : مدنين الشمالية 

5- نفطي المحضي: ماجستير جيولوجيا :بنقردان 

6- شروق التليلي : تربية الطفولة : ميدون 

7- عبد المجيد لغوان : مهندس فلاحي :آجيم - جربة 

8- سهام بن حميدة : موظفة : مدنين الجنوبية 

9- مبروك السّعود : متفقد تعليم : سيدي مخلوف

 

تطاوين

محمد صالح الصغير: أستاذ تعليم ثانوي متقاعد نقابي و الكاتب العام الجهوي و عضو الهيئة التأسيسية للحركة 

2- جوهرة التيس: أستاذة جامعية و عضو بالمكتب المركزي للشباب للحركة 

3- علي فارس: محامي و عضو المكتب الجهوي للحركة بتطاوين و رئيس رابطة حماية الثورة بالصمار 

4- جميلة الجويني: أستاذة فلسفة و عضو مكتب المرأة و الأسرة للحركة بتطاوين و عضو جمعية حرية و إنصاف

 

 

فرنسا 1

1) عامر لعريض : باحث في العلوم السياسية

2) محرزية لعبيدي : كاتبة واستاذة جامعية

3) حسين الجزيري : مدير مؤسسة تربوية بباريس 

4) كريمة التقاز : طالبة

5) عبد الرؤوف الماجري : فني سامي - نقابي

 

فرنسا 2

 

1- Neji JMAL (Lyon - Département 69, le Rhône), Tête de liste

Né à Kroussia (Sousse)

Docteur en Histoire

Directeur Adjoint Lycée Al-Kindi (Lyon)

2- Dalila BABBA (Grenoble - Département 38, l'Isère)

Née à Moknine (Monastir)

Niveau Licence en Droit privé & Maîtrise en Théologie Musulmane

Enseignante Langue Arabe

3- Sadok HADDAD (Marseille - Département 13, Bouches du Rhones)

Né à Tataouine (Tataouine)

D.E.A sciences de l'éducation option langues vivantes

Enseignant

4- Moufida HAMDI (Toulouse - Département 31, la Haute Garonne)

Née à Sidi Khelif (Sidi Bouzide)

MAITRISE en Sciences sociales,

Enseignante Français & Sociologie

5- Badreddine GUEZGUEZ (Nice - Département 06, Alpes-Maritimes)

Né à M'saken (Sousse)

Technicien Supérieur

Ingénieur Assistant

 

ألمانيا

1الأستاذ فتحي العيادي

 

تونس1  : 8مقاعد

 

تونس2 :8 مقاعد

 

أريانة :8مقاعد

 

منوبة :7 مقاعد

 

بن عروس :10مقاعد

 

بنزرت :9مقاعد

 

نابل 1 :7مقاعد

 

نابل 2 :6مقاعد

 

زغوان :5مقاعد

 

باجة :6 مقاعد

 

الكاف :6 مقاعد

 

سليانة :6مقاعد

 

جندوبة :8 مقاعد

 

القيروان :9 مقاعد

 

سوسة :10 مقاعد

 

المنستير :9 مقاعد

 

المهدية :8 مقاعد

 

القصرين :8 مقاعد

 

سيدي بوزيد :8 مقاعد

 

قفصة :7مقاعد

 

توزر :4مقاعد

 

صفاقس1 :7مقا

عد

صفاقس 2 :9 مقاعد

 

قابس :7 مقاعد

 

مدنين :9 مقاعد

 

تطاوين : 4مقاعد

 

قبلي :5مقاعد

 

فرنسا 1 : 5 مقاعد

 

فرنسا 2 : 5 مقاعد

 

إيطاليا : 3 مقاعد

 

ألمانيا : 2 مقاعد

 

دول القارة الأمريكية و باقي الدول الأوروبية : مقعد واحد

 

دول العالم العربي و بقية دول العالم : مقعد واحد

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06 septembre 2011

Accès du public à l'information sur la politique monétaire tunisienne

Actuellement, aucun calendrier fixe de publication et de diffusion de données de la banque centrale n'est annoncé à l'avance. La situation décadaire de la banque centrale, réserves de change comprises, est publiée dans le Journal officiel et affichée sur le site Internet de la BCT, avec 3 à 4 mois de délai. Les bilans mensuels de la banque centrale et du système bancaire global sont publiés dans Statistiques financières, le bulletin trimestriel de statistiques financières de la BCT, ainsi que des données sur la dette extérieure publique et privée. Les données mensuelles sur la masse monétaire, le crédit total à l'économie et les réserves de change nettes sont publiées mensuellement avec un décalage moyen de six semaines dans le Périodique de conjoncture. L'évolution des divers taux d'intérêt, des politiques monétaire et prudentielle et de la législation bancaire peut être consultée sur le site Internet de la BCT, ainsi que quelques circulaires de la banque centrale.

41.  Les conditions relatives aux concours de la BCT au Trésor sont mises à la disposition du public. En revanche, il n'est pas prévu que la banque centrale publie des informations sur ces aides financières d'urgence accordées dans le cadre de son rôle de prêteur en dernier ressort.

42.  Obligation de rendre compte et garanties d'intégrité par la banque centrale : le Gouverneur de la BCT rend compte annuellement au Président de la République en lui présentant son rapport annuel approuvé par le Conseil d'administration, tel que cela est prévu dans la loi de septembre 1958. Ce rapport est ensuite publié et affiché sur le site Internet de la BCT. La loi 67-50 relative au Conseil National de Crédit prévoit que la banque centrale lui rende compte de ses activités annuellement, mais cette disposition n'est plus appliquée. Par ailleurs, la revue de la politique monétaire fait partie des débats qui se déroulent à l'Assemblée nationale sur le rapport annuel du budget économique.

43.  Un censeur nommé par décret du Président de la République est chargé d'exercer une surveillance générale sur les opérations et les comptes de la banque centrale, en réalisant des contrôles ponctuels et a posteriori sur les caisses, les registres et les portefeuilles de cette dernière. Il approuve aussi les états financiers annuels de la banque centrale publiés dans le Journal Officiel et rend compte au Ministre des Finances de l'accomplissement de sa mission par un rapport dont copie est communiquée au Gouverneur et qui est inclus dans le rapport annuel publié par la banque centrale. Le bilan et le compte d'exploitation annuels de la BCT sont publiés au Journal Officiel, un mois au plus tard après leur transmission au Président de la République. En revanche, les politiques comptables et les procédures de gestion interne de la banque centrale ne sont pas rendues publiques, et il n'y a pas d'obligation légale pour la BCT de préparer les comptes conformément à des normes comptables documentées publiquement. Le personnel de la BCT est soumis à des règles de déontologie professionnelle précisées dans le Statut du personnel de la BCT, reprenant les règles prévues au statut général de la fonction publique, publié au Journal Officiel.

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Qui sont les (nombreux) partis politiques tunisiens ?

Les logos de partis politiques tunisiens (Thierry Brésillon).

Depuis le 1er septembre, les candidats à l'élection de l'Assemblée constituante prévue le 23 octobre peuvent déposer leurs listes. L'occasion de présenter les grandes lignes d'un paysage politique profondément renouvelé depuis la fin du pouvoir du RCD, le parti-Etat dissout le 9 mars.

Au monopole, succède une offre politique abondante. Du moins en quantité puisque à ce jour pas moins de 102 partis ont été autorisés. Une douzaine néanmoins constituent l'essentiel du tableau.

Parti démocrate progressiste (PDP)

Le logo du PDP.

Président : Ahmed Nejib Chebbi

Il a été fondé en 1983 et légalisé en 1988, sous le nom de Rassemblement socialiste progressiste. Il a été rebaptisé lors d'un profond réajustement idéologique en 2001.

Son orientation déclarée est sociale-démocrate, mais ses propositions visent essentiellement à améliorer l'efficacité du système économique, sans changement d'orientation majeure.

► Le site officiel du PDP

Ettakatol, Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL)

Le logo d'Ettakatol.Secrétaire général : Mustapha Ben Jaafar

Connu en Tunisie sous le terme Ettakatol, il a été créé en 1994, suite au départ de Mustapha Ben Jaafar du MDS. Il a été légalisé en 2002. Son orientation est sociale-démocrate.

Durant les dernières années du régime Ben Ali, il faisait parti d'une coalition d'opposition (le collectif du 18 octobre pour les droits et les libertés) avec le PDP, le Pcot et En'Nahdha.

► Le site officiel d'Ettakatol

Ettajdid

Le logo d'Ettajdid.Premier secrétaire : Ahmed Brahim

Ancien Parti communiste tunisien, il a renoncé au communisme en 1993, opté pour une orientation sociale-démocrate, et pris l'appellation Ettajdid (le renouveau).

A la différence d'Ettakatol, il ne faisait pas partie du collectif du 18 octobre. Il anime aujourd'hui un Pôle démocrate moderniste (PDM) visant explicitement à contrer le projet islamiste.

► Le site officiel d'Ettajdid

Pôle démocrate moderniste (PDM)

Le logo du PDM.Le PDM, lancé en mai, est une coalition de cinq partis :

  • Ettajdid,
  • Parti socialiste de gauche,
  • Al Wifak Al Joumhouri,
  • La Voix du centre,
  • Mouvement de la citoyenneté et de la justice.

Et d'organisations de la société civile :

  • Appel pour un pôle démocratique culturel,
  • Assez de divisions, Allons de l'avant,
  • L'Initiative citoyenne,
  • Collectif national des indépendants.

La ligne fédératrice du PDM est de faire barrage au projet islamiste. Il présente des listes de candidats.

► La page Facebook du PDM

Congrès pour la République (CPR)

Le logo du CPR.Président : Moncef Marzouki

Le CPR a été créé en 2001, mais rapidement interdit, ses dirigeants ont vécu en exil en France jusqu'en 2011 (il a été légalisé le 8 mars).

Sa ligne politique contient des orientations économiques et sociales assez marquées à gauche (contrôle du crédit bancaire, redistribution sociale, coopératives agricoles… ). La réaffirmation de l'identité arabo-islamique de la Tunisie, dans une perspective nationaliste arabe, est l'une de ses priorités.

Le CPR a envisagé dans l'été une coalition avec En'Nahdha (et trois autres petits partis), avant de dénoncer violemment au mois d'août ses méthodes de financement (et celles d'Ettakatol et du PDP).

► Le site officiel du CPR (en arabe)

En'Nahdha

Le logo d'Ennahdha.Président : Rached Ghannouchi

En'Nahdha (la renaissance) est le principal parti islamiste.

Il a été créé en 1981 sous l'appellation Mouvement de la tendance islamique, mais il n'a pas été reconnu et a même fait l'objet d'une répression sévère durant les années de la présidence d'Habib Bourguiba.

Il opte en 1989 pour l'appellation En'Nahdha pour ne plus faire référence à la religion, à partir du début des années 90, il fait l'objet à nouveau d'une répression implacable, il retourne à la clandestinité et son leader s'exile à Londres.

Il a été légalisé le 1er mars 2011. Il bénéficie de la meilleure notoriété et devrait réaliser un bon score lors des prochaines élections.

Il déclare aujourd'hui se positionner sur une ligne proche de celle de l'AKP turc. Mais il reste sur des positions très conservatrices et le contexte de rupture post-dictature et d'absence d'institutions fortes est très différent de celui de la Turquie.

► Le site officiel d'En'Nahdha (en arabe)

Mouvement des démocrates socialistes (MDS)

Le logo du MDS. Président : Mohamed Ali Khalfallah

Créé en 1978, par des membres du Parti socialiste destourien (le parti d'Habib Bourguiba) et par Ahmed Mestiri, il a été autorisé avec l'instauration du multipartisme en 1983.

Son orientation est plutôt social-démocrate. Il avait appelé en 1999 à soutenir la réélection de Ben Ali et disposait d'élus à la Chambre des députés. Malgré son ancienneté, il ne bénéficie que d'une faible notoriété.

Parti communiste des ouvriers de Tunisie (Pcot)

Le logo du Pcot.Secrétaire général : Hamma Hamami

Fondé en 1986, il est issu d'une des tendances radicales du mouvement d'extrême gauche Perpectives tunisiennes. Il a été légalisé le 18 mars.

Interdit pendant les années Ben Ali, il agit dans la clandestinité et ses militants ont subi la répression et les condamnations. Membre du collectif du 18 octobre avec En'Nahdha, il est partisan de l'intégration du parti islamiste dans le système politique.

Aujourd'hui très actif dans les manifestations et dans la société civile, son potentiel électoral est toutefois très modeste.

► Le site officiel de son journal, Al Badil (en arabe)

Parti socialiste de gauche (PSG)

Le logo du PSG.Secrétaire général : Mohamed Kilani

Issu d'une scission avec le Pcot en 2006, sa ligne politique s'en distingue par le refus de toute alliance avec les islamistes. Il a été légalisé le 17 janvier.

Il fait aujourd'hui partie du Pôle démocrate moderniste.

► Le site officiel du PSG

Afek Tounes, Horizon tunisien

Le logo d'Afek Tounes.Président : Mohamed Louzir
Porte-parole : Emna Mnif

Créé par de jeunes cadres supérieurs des milieux de l'entreprise, sa ligne politique est plutôt libérale (Etat régulateur et compétitivité économique) et sociale.

Sa position est en faveur d'une rupture avec l'ancien système (lutte contre la corruption, indépendance de la Justice…).

► Le site officiel d'Afek Tounes

Parti du travail tunisien (PTT)

Le logo du PTT. Porte-parole : Abdeljalil Bedoui

Le Parti du travail a été fondé le 28 avril 2011 notamment par Abdeljelil Bedoui, économiste, membre de l'UGTT.

Parti travailliste, sa vision économique et sociale est issu du syndical. Il propose de remettre en question l'orientation néo-libérale de l'économie tunisienne en mettant au dumping social et en remettant en rééquilibrant les relations avec l'Union européenne.

Sans être lié à l'UGTT, il espère rallier la base syndicale.

► Le site officiel du Parti du travail (en arabe)

El Watan

Le logo de El Watan.Secrétaire général : Mohamed Jegham

El Watan (la nation) a été fondé par d'anciens cadres du RCD : Mohamed Jegham – notamment ministre de l'Intérieur (1995-97), ministre de la Défense (1999-2000) et membre du Comité central puis du bureau politique du RCD – et Ahmed Friaa – ministre à plusieurs reprises, et dernier ministre de l'Intérieur de Ben Ali, du 12 au 14 janvier. Ce dernier a quitté le parti le 21 juin.

El Watan cite parmi ses valeurs la vocation arabo-musulmane de la Tunisie, la justice sociale et l'approfondissement de la démocratie.

► Le site officiel d'El Watan

L'Initiative

Le logo de L'Initiative.Secrétaire général : Kamel Morjane

L'Initiative a été fondé le 1er avril 2011 par Kamel Morjane (ancien ministre de la Défense de 2005 à 2010, et ministre des Affaires étrangères, de 2010 à 2011).

Comment classer les partis tunisiens ?

Il n'est pas forcément pertinent de classer les partis selon un axe gauche-droite. Le nationalisme peut être une valeur ambivalente. Une orientation économique de gauche peut être associée à une vision identitaire conservatrice, des partis auto-proclamés centristes sont des avatars de l'ancien régime. Un programme économique libéral peut aller de pair avec une volonté de rupture marquée avec l'ancien régime. La référence à l'islam peut, a priori, se combiner avec toute sorte d'orientation économique…

Cartographie des partis tunisiens (Fhimt.com).Un chercheur a tenté une cartographie de la centaine de partis existants selon différents axes (nationalistes, libéraux, socialiste…) Œuvre utile et effort louable, mais qui construit image statique du paysage partisan. Il laisse de côté deux aspects : d'une part le caractère multidimensionnel de chacun des partis, et d'autre part la dynamique de la vie politique. (Voir la capture, cliquer pour agrandir)

Des rapprochement inattendus peuvent se nouer, non seulement en raison de considérations tactiques, mais surtout en fonction des clivages qui structureront la vie politique tunisienne :

  • la rupture avec l'ancien régime et la protection de la Révolution,
  • l'inclusion ou l'exclusion de l'islamisme dans le socle des valeurs fondamentales,
  • les orientations économiques,
  • les options constitutionnelles, etc.

Les Tunisiens vont devoir devenir des experts en manœuvres partisanes pour décrypter leur vie politique.

Illustrations : les logos des partis tunisiens ; cartographie des partis tunisiens (Fhimt.com).

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02 septembre 2011

pour une loi donnant aux Etats le contrôle d'une monnaie publique sans intérêts

«Si les gens de cette nation comprenaient notre système bancaire et monétaire, je crois qu'il y aurait une révolution avant demain matin» Henry Ford
    «Par essence, la création monétaire ex nihilo [à partir de rien] que pratiquent les banques est semblable (je n'hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici) à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents» Maurice Allais. Prix Nobel d'économie

Parce qu'un autre monde est impossible avec la monnaie à intérêts...
Appel aux candidats à la présidentielle
pour une loi donnant aux Etats le contrôle d'une monnaie publique sans intérêts

    Privilèges hérités de l'Ancien Régime, les intérêts sur la monnaie privée perçus par les banques doivent être abolis. Relevant d'un abus de pouvoir inadmissible, les intérêts sont semblables aux taxes que les seigneurs féodaux prélevaient sur la circulation des marchandises. Les droits féodaux ont été abolis, mais pas les intérêts bancaires. Les rois ont laissé faire les banquiers, la République aussi.
    Chaque jour, à cause des intérêts qui réduisent le pouvoir d'achat, des commerçants déposent leur bilan, des paysans vendent leur ferme, des gens se retrouvent au chômage, des hôpitaux, des écoles, ne sont pas construits, des étudiants arrêtent leurs études, des familles ne partent plus en vacances, des gens se retrouvent à la rue...
    Les intérêts sont sans aucune commune mesure avec la réalité du travail effectué par les salariés du secteur bancaire.
    Dans l'économie qui est celle d'aujourd'hui, un fois les capitaux empruntés et remboursés, une fois le personnel du secteur bancaire rémunéré, les intérêts n'ont aucune sorte de justification, sinon d'enrichir frauduleusement un infime minorité, les actionnaires principaux des entreprises bancaires...
    Une idée reçue à combattre, seuls ceux qui empruntent paieraient des intérêts, et bien non ! Car les intérêts pèsent de tout leur poids sur notre vie au quotidien. Quand nous achetons un bien ou un service, nous payons toujours une part d'intérêts .intégrés au prix.
   En effet, les intérêts liés aux prêts pour investissements sont répercutés dans tous les prix, jusqu'aux consommateurs. Tous, nous payons des intérêts, directement ou indirectement...Même un SDF qui achète du pain. Résultat, des gens s'appauvrissent, tout en travaillant.
    Pesant sur les consommateurs, sur l'Etat comme sur les entreprises, au total, c'est plus de 200 milliards d'euros, ou 3000 euros par français et par an. Les banques réduisent ainsi de 33% le pouvoir d'achat des consommateurs.
    200 milliards €, pour de simples lignes d'écriture sur ordinateur, c'est l'équivalent de 75% du budget de la France !
    Les intérêts sur la monnaie sont la première cause d'exclusion et de misère dans le monde. En France, par exemple, du jour au lendemain, sans les intérêts, le pouvoir d'achat augmenterait de plus de 30%. Rien que pour les services publics, on imagine ce que cela représenterait en terme de constructions d'hôpitaux, d'écoles, de postes de médecins, d'infirmières, d'enseignants etc...
                                                                                                « Libérer la Monnaie » Collectif de Nantes
(27/01/07)

 

PÉTITION

Je soussigné(e), demande le vote d'une loi donnant aux Etats le contrôle d'une monnaie publique sans intérêts                                                              

nom
prénom ville activité email/tel

       

       

       

       

       

       

       

       

       

Contact et envoi des signatures de soutien à la proposition de loi:   Alain Vidal, 5 avenue Louis Vasseur 44000 Nantes     vidal.mothes@wanadoo.fr

12:10 Publié dans Conscience | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook |  Imprimer

Pour avoir osé remettre en question la création monétaire privée, trois présidents des Etats-Unis sont morts.

James Madison, Abraham Lincoln et John Kennedy furent assassinés quant à Roosevelt, il échappa de peu à un attentat.
En pleine guerre de sécession, les nordistes faillirent être vaincus car leur armée était mal approvisionnée, l’économie du Nord étant au plus bas. Les paysans et les industriels endettés éprouvaient de grandes difficultés à produire. Le poids des intérêts était tel que les patrons mettaient au chômage tout ou partie de leurs salariés par pénurie de monnaie. Entre embaucher des chômeurs ou payer les intérêts aux banquiers, il n’y avait pas le choix. Les intérêts que les banquiers exigeaient pour un prêt réduisaient d’autant plus les investissements et notamment la masse salariale.
Comme les Nordistes n’avaient pas les moyens d’emprunter à 30% à la Banque d’Angleterre, Lincoln recourut alors à 1'article I de la Constitution pour émettre une monnaie sans intérêt. Grâce à cette monnaie service, grâce à une monnaie qui n’est plus une marchandise, les industriels et les fermiers purent embaucher, il y eut suffisamment de monnaie pour payer les salaires et pour acheter de nouvelles machines. La production augmenta et les biens circulèrent en nombre. En quelques mois les états du Nord redevinrent prospères. Les soldats mieux nourris et mieux équipés gagnèrent la guerre contre les Sudistes. La paix revenue, Lincoln annonce son intention de continuer à émettre la monnaie US, au lieu d'acheter une monnaie privée à Londres comme cela était l’usage. Fou furieux, le porte-parole des banquiers de la City de Londres, Sir Goschen déclare en 1865 :
"Si cette malveillante politique financière - de Lincoln - devait perdurer pour de bon, alors ce gouvernement fournira sa propre monnaie sans frais. Il sera sans aucune dette. Il aura tout l'argent nécessaire pour mener son commerce. Il deviendra prospère à un niveau sans précédent dans toute l'histoire de la civilisation. Ce gouvernement doit être détruit ou il détruira toute monarchie sur ce globe." Le 14 avril, Lincoln était assassiné et effectivement le gouvernement fut détruit.
Déjà en 1750, Benjamin Franklin se vantait devant des membres du gouvernement anglais de la situation économique de la "Nouvelle Angleterre", colonie anglaise: « Contrairement à votre situation britannique, il n'y a pas en Nouvelle Angleterre un seul chômeur, mendiant ou vagabond. Cela grâce a l'émission sans intérêt dans nos 13 colonies "de monnaie de papier; ce qui permet de contrôler le pouvoir d'achat (en circulation) et n'engendre pas de dette publique. »
Les banquiers anglais paniqués firent voter une loi par le Parlement britannique interdisant aux colonies l’usage de cette monnaie non payante. Une année après la promulgation de cette loi, les rues des villes des colonies étaient envahies de chômeurs et de mendiants.
DANS PLUSIEURS VILLES …
LE CHOMAGE DISPARAIT
AVEC LA MONNAIE SANS INTERETS
Plus près de nous, en Autriche, en 1932-33, à Wôrgl, dans une ville de 4 300 habitants où les impôts ne rentraient plus et où les chômeurs constituaient 60% de la population active, la municipalité éradiqua le chômage en 11 mois par l’émission d’une monnaie franche. Une monnaie sans intérêt. Comme du temps de Lincoln, grâce aux économies réalisées par le non paiement d’intérêts, les employeurs embauchèrent à tour de bras, le niveau de vie de chacun s’améliora, et les finances publiques se redressèrent.
En un mot, il n’y avait plus pénurie de monnaie, un organisme central veillait à émettre de la monnaie en fonction des richesses produites. La monnaie était mise en circulation en fonction du travail que chacun pouvait accomplir, et donc en fonction des biens et des services produits. Personne parmi les gens désireux de travailler ne se retrouva au chômage au prétexte qu’il n’y avait pas d’argent pour payer les salaires. La monnaie redevenait ce qu’elle aurait toujours dû être, une servante au service de la circulation des richesses Un service municipal faisait office de banque.
La monnaie ayant cessé d’être une marchandise, il n’y avait plus de marchand d’argent, plus de sélection, plus de banquier privé n’accordant des prêts qu’en fonction du profit maximum qu’il espérait en tirer. C’est ainsi que la ville réussit à solder tous ses arriérés, sept routes neuves, douze nouvelles routes furent projetées, on étendit le système de canalisation, on planta des arbres, on reboisa la forêt…et il y eut du travail pour tous !
En 1933, Wôrgl avait une nouvelle piste de ski et une piscine. Un nouveau pont en ciment armé portait l’inscription : « Construit avec de l’argent libre ».
Mais la Banque d’Autriche porta plainte pour atteinte à son privilège de battre la monnaie et la municipalité fut dans l’obligation d’arrêter. Les monnaies secondaires disparurent et la banque centrale d'Autriche poussa un profond soupir de soulagement. Le chômage qui avait disparu, reprit avec son cortège de misère et de détresse et quelques années plus tard c'était l'Anschluss...En 1956, à Lignières-en-Berri (France), cette même monnaie franche redressa en un an une ville ruinée par l’exode rural.
Mais sur plainte de la Banque de France, et pour les mêmes raisons qu’en Autriche, l’expérience fut interdite.
[Lire, à ce sujet, le reportage de Claude Bourdet dans l'Illustration du 09/09/1933 et dans le numéro 488 de Sciences et Vie de mai 1958]
A ce propos, on peut s'interroger, sur le silence assourdissant des ouvrages d'économie, des syndicats et des partis progressistes.
CREER N’EST PAS PRETER…
QUAND UN BANQUIER VOUS ACCORDE UN PRET,
IL NE VOUS PRETE RIEN…
IL CREE DES LIGNES D’ECRITURE
Depuis des siècles les banquiers entretiennent la confusion entre prêter et créer.

http://liberonslamonnaie.blogspot.com/2007/11/confrence-dalain-vidal-la-facult.html

12:05 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook |  Imprimer

26 août 2011

Pourquoi le peuple libyen soutient tant Kadhafi et pourquoi après 6 mois de bombardement de l’OTAN, il n’est pas tombé

Pourquoi le nombre de libyens en France ou d’autres pays d’Europe ne se compare pas avec celui des pays du Maghreb comme les algérien(ne)s, les marocain(ne)s ou encore les tunisien(ne)s ? 




1) L’électricité à usage domestique est gratuite.


2) L’eau à usage domestique est gratuite.


3) Le prix d’un litre d’essence est de 0,08 EUROS.


4) Le niveau de vie en Libye est 100 fois moins élevé que la France. (exemple : le prix de 40 baguettes (demi baguettes à la française) ne coûte que 0,11 EUROS. Sachant que le prix d’une demi baguette en France est de 0,40 EUROS, le prix de 40 demi baguettes en France est de 145 EUROS).


5) Des prêts des banques sans intérêt.


6) Pas d’impôt à payer et la TVA n’existe pas.


7) L’Etat a investi beaucoup d’argent pour la création de diverses emplois. 


8) La LIBYE ne doit de l’argent à personne et ne doit aucun cent à personne. La France a 233 milliards de dettes en janvier 2011 soit 67% du PIB 


9) Le prix pour l’achat d’une voitures (Chevrolet, Toyota, Nissan, Mitsubishi, Peugeot, Renault…) est au prix d’usine (voitures exporter du japon, Corée du sud, Chine, Etats-Unis…).


10) Pour chaque étudiant voulant faire ses études à l’étranger, le gouvernement attribue une bourse de 1 627,11 EUROS par mois et l’enseignement supérieur est gratuit à l’étranger.


11) Tout étudiant diplômé reçoit le salaire moyen de la profession du cursus choisie s’il ne trouve pas d’emploi.


12) Lorsqu’un couple se marie, l’Etat paie le premier appartement ou maison (150 mètres carrés).


13) Pour chaque famille libyenne sur présentation du livret de famille, celle-ci recevra une aide de 300 EUROS par mois.


14) Il existe des endroits appelant « Jamaiya » où on vend à moitié prix les produits d’alimentation, pour toute grande famille sur présentation du livret de famille.


15) Pour tout retraité, celui-ci reçoit une aide de 200 EUROS par mois.


16) Pour tout employé dans la fonction publique et lors d’une mobilité nationale à travers la Libye, L’Etat fournit une voiture et une maison et sans rien à payer. Et quelques temps après, ces biens sont à lui.


17) Dans le service public, même si la personne s’absente un ou deux jours, pas de déduction de ces jours sur son salaire et pas de justificatif de maladie.


18) Pour toute personne libyenne, n’ayant pas de logement, il s’inscrit auprès d’un organisme de l’Etat, et il lui sera attribue un sans qu’il n’avance aucun et sans crédit.


19) Pour toute personne libyenne, souhaitant faire des travaux dans sa maison, il s’inscrit auprès d’un organisme de l’Etat et il lui sera fait gratuitement par des entreprises de travaux publics choisie par l’Etat.

 

SOURCE :
 
Publié par Julius FOX
 
.
Bientôt, tous ces avantages seront finis  ! L'Occident va "moderniser" le pays : Austérité pour tous, et dettes puisque les banques seront privatisées et le pétrole  offert aux multinationales étrangères ! eva

11:49 Publié dans Reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook |  Imprimer

25 août 2011

Bataille de Siffin

Ce fut le dernier combat entre Mu`awîya et `Alî.

L'armée de Mu`awîya venant de Damas comptait 80 000 hommes, celle d'`Alî 50 000 hommes.

`Alî envoya des émissaires demandant de le reconnaître comme seul souverain légitime mais Mu`awîya refusa prétextant qu'il était là pour venger `Othman.

`Amr ben al-`As, le général de Mu`âwîya utilisa alors une ruse : il fit mettre au bout des lances de ses soldats une page du Coran. Les soldats de l'armée d'`Ali arrêtèrent le combat ne voulant pas combattre contre le livre saint.

`Alî signa, plutôt contraint, un traité qui devait durer huit mois, laissant à `Amr et à Abû Musa al-Ach`arî le soin de trancher le conflit. Un certain nombre de partisans d'`Alî refusèrent cette solution, arguant qu'`Alî avait été désigné par Allah comme calife et qu'il n'a donc pas le droit de revenir sur cette décision divine. Ces réfractaires formèrent ensuite le courant kharidjite.

Abû Musa dit que le futur calife ne pouvait être ni Mu`âwîya ni `Alî, `Amr lui répondit qu'il ne voyait pas pourquoi exclure Mu`âwîya, alors qu'`Alî, au contraire devait être exclu comme responsable de la mort de `Uthman. Finalement ils semblèrent tomber d'accord de soumettre le califat à l'élection et d'en exclure Mu`âwîya et `Alî. Tout le monde se sépara et les Syriens nommèrent Mu`âwîya prince des croyants.

Trois ans plus tard des kharijites organisèrent le triple meurtre des protagonistes de cet arbitrage. Mu`âwîya à Damas, `Alî à Koufa et l'arbitre du conflit `Amr en Égypte devaient être assassinés le même jour. `Alî est mort de ses blessures, Mu`âwîya fut blessé et survécut et `Amr échappa complètement à l'attentat (661).

http://notkillme7wahabismsalafism7notkillyou.blogspot.com/2010/05/larbre-wahhabite-les-racines-le.html

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